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La grippe aviaire et l’inflation mettent les tables de fête des deux côtés de l’Atlantique au régime


L’inflation galopante et la grippe aviaire ont fait flamber les prix du foie gras et de la dinde, obligeant industriels et consommateurs à s’adapter des deux côtés de l’Atlantique pour les traditionnelles dates de Thanksgiving et de Noël.

Depuis le début du dernier épisode de grippe aviaire, plus de 20 millions d’oiseaux ont été abattus en France, dont près de quatre millions de canards destinés à la production de foie gras.

Six millions de canards supplémentaires n’ont pas été mis en production parce que les bâtiments d’élevage ont dû être vidés pendant longtemps, ou par manque de canetons – les canards d’élevage ayant également été décimés.

Aux États-Unis, environ 50 millions de volailles ont dû être abattues, dont plus de 8 millions de dindes, selon un calcul effectué sur la base des données du Département de l’agriculture des États-Unis (USDA).

En France, « il va falloir partager » les quantités de foie gras disponibles, prévient l’association française regroupant les éleveurs et transformateurs de foie gras (Cifog), qui conseille de procéder au plus tôt aux achats.

La contraction de l’offre fait grimper les prix, déjà élevés en raison de la hausse des coûts de production, des céréales pour l’alimentation des animaux aux emballages, transports et factures énergétiques.

Le foie gras vendu en grande surface a bondi de 17% par rapport à la même période l’an dernier, selon l’IRI, tandis que la dinde coûte 21% de plus en moyenne aux Etats-Unis, selon l’American Farm Bureau Federation, organisation professionnelle américaine.

Pour ne pas trop effrayer le consommateur, les fabricants français proposent du foie gras en petits formats, des « bouchées » à base du produit roi des fêtes de fin d’année.

« Le foie gras sera plus un apéritif qu’un plat », résume le président du Cifog, Eric Dumas, lui-même éleveur dans le sud-ouest de la France, principal berceau du foie gras.

La chaîne de surgelés Picard a renoncé à la farce au foie gras dans certains de ses produits festifs pour la remplacer par une farce aux champignons.

– Poulet frit au lieu de dinde –

A New York, Sandra White s’est rabattue sur le poulet frit pour Thanksgiving, célébré jeudi, abandonnant la sacro-sainte dinde, « trop ​​chère » selon elle.

Elle chargea les membres de sa famille, invités pour l’occasion, d’apporter le reste. « Les prix sont vraiment atroces », insiste cet habitant d’East Harlem.

Desserts en vente dans un magasin Walmart à Rosemead, Californie, le 22 novembre 2022 (AFP – Frederic J. BROWN)

Yeisha Swan, une mère croisée à l’extérieur d’un supermarché de la 110e rue, a pu compter sur un restaurant pour acheter la dinde et elle a économisé sur les côtés, souvent considérés comme presque aussi importants que la volaille elle-même.

« Je n’ai pas pu acheter mon jambon » cuit, l’un des aliments de base de Thanksgiving, raconte-t-elle, et la quadragénaire a dû se contenter de chou vert (chou vert, autre aliment traditionnel) en conserve plutôt que frais, toujours à limiter. la facture finale.

Dans l’assortiment classique de Thanksgiving, tous les ingrédients sont en hausse, parfois même plus que le mélange à farce façon dinde (+69%), seules les emblématiques canneberges voient leur prix baisser.

« J’ai vraiment dû réduire les coûts et je ne fais pas la fête cette année », confie José Rodriguez, un chef qui avait habituellement table ouverte ce jour-là et se contentera, cette fois, de nourrir sa femme et ses deux chiens.

Pourtant, malgré leur prix, les dindes trouvent preneurs et la ferme Wendel, près de Buffalo (nord-ouest de l’État de New York), qui n’était pas touchée par la grippe aviaire, avait vendu ses 1 100 volailles plusieurs jours avant la date prévue.

Pour faire face à l’accélération du prix des matières premières, Wendel’s avait pourtant augmenté ses prix d’environ 22%, explique Cami Wendel, gérante du magasin.

Le géant américain de la distribution Walmart a décidé d’aller à contre-courant de cette tendance et propose un panier de produits, dont une dinde, au même prix que l’an dernier. Sa politique de prix bas lui a déjà permis de gagner des parts de marché dans l’alimentaire depuis la flambée de l’inflation.


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