la participation atteint 59,39% à 17h, en forte hausse par rapport à 2022

Vote d’adhésion ou refoulement : à Marseille, le bulletin du RN pousse les électeurs aux urnes

En fin de matinée, il faut attendre vingt minutes entre l’isoloir et l’urne, dans le bureau 1261 installé au gymnase de la Bombardière, dans les quartiers est de Marseille. La participation est déjà forte et atteint 26,53% des 1.383 inscrits à 12 heures. Vingt minutes, c’est le temps consacré peu après midi par la secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté et de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, élue de justesse face au RN lors de cette 1D circonscription des Bouches-du-Rhône en 2022, pour voter avant de prendre quelques selfies avec les électeurs.

Moussa Ghezal vote RN, école primaire de la Bombardière, 1ère circonscription, Marseille, 30 juin 2024

A la sortie du bureau, beaucoup refusent de commenter leur vote. Moussa Ghezal, 47 ans, est venu avec Inaya, sa fille de 6 ans n’est pas venue. « Je n’ai pas peur de dire » qu’il vote RN. Cheveux peroxydés, t-shirt et salopette impeccables, ce chef francilien vit à Marseille depuis cinq ans. « C’est la première fois que je viens voter.il assure. Ce qui m’a motivé, c’est que je veux mettre fin à toute cette insécurité. Ce pays a perdu beaucoup de valeurs, a été laxiste avec l’immigration et il faut remettre les choses en ordre. « Et pour une personne comme moi, finir par choisir l’extrême droite, le problème est réel », il souligne.

France et Jacques Culot, école primaire Bombardière, 1er arrondissement, Marseille le 30 juin 2024

« La sécurité des Français est un programme que tout le monde souhaite… Mais on peut imaginer que le RN ira beaucoup plus loin s’il arrive au pouvoir », de leur côté, la France et Jacques Culot, 58 ans et 62 ans, se sont rapprochés, comme à chaque élection. « Je suis terrifiée par la montée du RN. Pour mes trois enfants et mes petits-enfants », assure le second, d’origine malgache et bénévole au Celtic de Beaumont, le célèbre club de football local. « Ce qui me motive, c’est d’agir comme une barrière pour le RN », abonde sa femme.

Ludovic Boccaccio, 23 ans, étudiant

Même motivation pour Ludovic Boccaccio, 23 ans, étudiant, qui souhaite, par son vote, « lutte contre le racisme et la haine ». « Ce qui me dérange, c’est de voir qu’il y a très peu de jeunes qui votent. Et que les personnes âgées décideront de notre avenir. »

Jean-Paul Sinanian, 64 ans

Le médecin généraliste Jean-Paul Sinanian, 64 ans, craint l’issue de ces élections législatives « un pays ingouvernable ». « Dans une semaine, on pourrait se réveiller avec un énorme mal de tête. Que ce soit à cause de l’extrême droite, de l’extrême gauche ou de la majorité présidentielle qui n’écoute pas le peuple avec un Macron coupé de la réalité », souffle ce Marseillais qui rêve d’un « coalition centriste et pacifique » pour diriger le pays.

Gilles Rof (Marseille, correspondant)