La RDC face au défi de son approvisionnement électrique

La RDC détient à elle seule 8 % du potentiel hydroélectrique mondial mais son taux d’électrification est le plus bas du continent, moins de 15 % selon la Banque mondiale. Comment réduire l’écart entre la croissance démographique et la capacité de production d’électricité en RDC ? Quelles solutions pour les particuliers et les entreprises ?

De notre correspondant à Lubumbashi,

La Société Nationale d’Électricité (SNEL) de la RDC en est consciente ; sa production ne couvre pas les besoins de la population, encore moins ceux de l’industrie.  » La SNEL dispose d’une capacité installée de 2 500 mégawatts et nous ne produisons aujourd’hui qu’environ 1 900 mégawatts. Ce n’est pas suffisant car la demande tourne déjà autour de 4 000 mégawatts» reconnaît l’ingénieur Henry Makap Amteb, chef du département production à la SNEL. Nous devons donc nous rassembler pour voir comment nous pouvons répondre à cette attente. »

Manque de fonds

Ce déficit de production d’électricité Cela s’explique par le manque d’investissements, estime Vika Di Panzu, présidente du comité technique de gestion de la société Trade Power RDC, qui importe et revend de l’électricité dans l’ouest de la RDC.  » Si vous souhaitez avoir une offre pouvant répondre aux besoins de la population, compte tenu de la croissance démographique, il faut développer des centrales électriques de 400 mégawatts tous les cinq ans. Pourtant, depuis 1986, rien n’a été développé. »

Cependant, depuis la libéralisation du secteur électrique il y a plus de dix ans, les initiatives privées pour construire des mini-centrales hydroélectriques se sont multipliées. Mais la plupart sont encore en phase d’étude. Et le système financier en RDC ne facilite pas leur réalisation.  » Quand on va dans les banques, les taux d’intérêt sont explosifs dans notre pays », déplore l’ingénieur et entrepreneur congolais Jean-Marie Katond, qui a initié deux projets dans la région du Katanga.  » Le projet que nous avons dans le Haut Lomami, 94 mégawatts, vaut plus de 400 millions de dollars. Aucune banque dans notre pays ne peut le financer. Il faut donc se tourner vers des financiers extérieurs. »

Compteurs intelligents

En attendant la réalisation de différents projets du secteur privé, la SNEL entend rationaliser la consommation de l’électricité actuellement produite en vue d’une meilleure répartition entre les entreprises et les particuliers.  » Nous devons tout faire pour réhabiliter les infrastructures existantes, explique Donatien Ngendu, conseiller technique à la SNEL. Nous pouvons récupérer 500 mégawatts et les distribuer à tous les clients miniers. Et nous prévoyons également d’installer des compteurs intelligents chez tous les clients. Grâce au compteur à prépaiement, le client pourra gérer sa charge et sera incité à ne plus gaspiller comme c’est le cas actuellement. »

La SNEL compte également créer des lignes d’interconnexion régionales pour importer de l’électricité des pays voisins comme l’Angola et le Mozambique, qui disposent d’un excédent de près de 3 000 mégawatts.