La réforme de l’assurance chômage suspendue après l’échec de Macron

Paris, France, 30 juin 2024 - Le Premier ministre Gabriel Attal s'exprime dans la cour de l'Hôtel de Matignon après l'annonce des résultats du premier tour des élections législatives.

Quelques heures seulement après le résultat du premier tour des élections législatives, le Premier ministre Gabriel Attal a décidé « suspendre la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage »a déclaré son entourage à l’AFP dimanche 30 juin au soir. Un renoncement qui marque l’échec du gouvernement alors que la coalition présidentielle Ensemble est arrivée troisième du scrutin, loin derrière le Rassemblement national (RN) et le Nouveau Front populaire. « Première victoire pour les électeurs du RN ! Quand le peuple vote, le peuple gagne ! »Marine Le Pen a immédiatement réagi dimanche soir.

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La réforme de l’assurance chômage, critiquée par les syndicats et de nombreuses forces politiques – de la gauche au RN en passant par le centre droit – devait dans un premier temps faire l’objet d’un décret publié dans Journal officiel avant le dimanche 30 juin, date à laquelle expirent les règles actuelles d’indemnisation. Vendredi 28 juin, le ministère du Travail a annoncé que ce ne serait finalement pas le cas avant le 1er juineuh Juillet.

Pour éviter un vide juridique, puisque les dispositions actuelles de l’assurance chômage ne sont en vigueur que jusqu’à ce dimanche, une « décret d’adhésion »étendant ces règles, sera publié lundi 1euh juillet à Journal officielprécisent Matignon et le ministère du Travail.

Machine arrière

Cette décision met fin à un mois d’atermoiements de la part de l’exécutif. Pressé de retirer sa réforme depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, le gouvernement avait refusé de faire marche arrière. Le 13 juin, le locataire de Matignon avait ainsi affirmé que« un décret sera(il) pris par 1euh Juillet  » pour mettre en œuvre ce projet. La veille, Emmanuel Macron s’était montré plus flou, lors d’une conférence de presse, suggérant une réflexion sur le sujet, pour prendre en compte la « le temps des élections » : « Il faudra que ça recommence plus tard. Est-ce que ça doit passer par l’Assemblée ? Est-ce que ça doit passer par un décret ? On le verra le lendemain. (du scrutin). »

La réforme en question devait durcir considérablement, de 1euh En décembre, les conditions dans lesquelles les demandeurs d’emploi peuvent bénéficier de l’assurance chômage ont été revues à la baisse. Le texte a porté la durée de travail requise pour percevoir une allocation à huit mois sur les vingt derniers mois (contre six sur vingt-quatre, aujourd’hui, pour ceux qui ne sont pas considérés comme des seniors). La durée d’indemnisation a été raccourcie de dix-huit mois à quinze mois (les personnes âgées d’au moins 57 ans étant soumises à un régime plus favorable). La mesure devait permettre au gouvernement de réaliser 3,6 milliards d’euros d’économies par an.