« La Russie a oublié de s’occuper de ses véritables ennemis »

CONTRE’C’est la deuxième attaque à frapper la Russie en trois mois. Après l’attaque d’un concert à l’hôtel de ville de Crocus, dans la banlieue de Moscou, en mars, au cours de laquelle 150 personnes sont mortes, des hommes armés ont mené une attaque dimanche 23 juin dans la république caucasienne du Daghestan, voisine de la Tchétchénie. Vêtus de noir et équipés de fusils automatiques, les assaillants ont visé un commissariat de police, deux églises orthodoxes et deux synagogues, tant à Makhachkala, la capitale, qu’à Derbent, une ville côtière. Le bilan s’élève à vingt morts, dont quinze policiers et un prêtre.

Contrairement à l’attentat de Moscou revendiqué par l’État islamique, celui-ci n’a pas été signé et semble avoir des racines locales. Deux fils d’un chef de district de la république figurent parmi les auteurs de l’attaque. Jean Radvanyi, géographe et spécialiste du Caucase, détaille les raisons pour lesquelles le Daghestan est visé.

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Jean Radvanyi : Il existe au Daghestan des noyaux actifs de salafistes ou de wahhabites, comme disent les Russes. Cependant, la Russie est ouverte et ces gens voyagent évidemment. En l’occurrence, les fils de ce chef de district se sont rendus à Istanbul et sont devenus des islamistes radicaux. C’est un phénomène assez courant au Daghestan. Il faut savoir que dans le Caucase, le Daghestan est le pays le plus (…) Lire la suite