Skip to content
L’amendement « Château de Versailles » rejeté par le Sénat

Sollicité pour autoriser la prolongation du mandat de Catherine Pégard, 68 ans, à la tête de l’établissement public de Versailles, le Sénat s’est retourné. Le sénateur François Patriat, après un débat houleux, a préféré retirer l’amendement qu’il défendait avec le soutien de la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. L’épreuve démocratique est cruelle pour Emmanuel Macron et son gouvernement, qui avaient concocté cette parade législative pour garder l’ex-journaliste du Point dans le poste qu’elle occupe depuis 2011.

L’amendement en question devait trouver sa place en complément de l’article 15 du projet de loi sur les Jeux Olympiques. Il prévoyait que les personnes exerçant les fonctions de président ou de directeur d’un établissement public à la date de l’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques pouvaient rester en fonction jusqu’au 31 décembre 2024. Dès que le site du domaine de Versailles devra accueillir l’activité équestre événements, Catherine Pgard a été sauvée.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés JO 2024 : la portée du projet de loi olympique va bien au-delà des seuls Jeux

« Cavalier Législatif »

C’était sans compter l’indocilité de la cinquantaine de sénateurs présents, mal à l’aise face à ce qu’il est convenu de nommer un  » cavalier législatif »à savoir un amendement sans lien direct avec le texte de loi auquel il se greffe. « Ce n’est plus une facture, c’est une compétition équestre », ironise le communiste Pierre Ouzoulias. Dénoncer la « fait du prince »la socialiste Sylvie Robert a rappelé que « Retourner une responsabilité du gouvernement au Parlement n’est pas correct ». Souriant, l’écologiste Daniel Breuiller a rappelé à l’Etat sa promesse d’une « république exemplaire ».

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Au château de Versailles, la guerre du trône

Philippe Folliot, du groupe Union centriste, s’est retrouvé bien isolé pour défendre l’amendement guidé par Matignon, au nom du » efficacité « . Un autre centriste, Laurent Lafon, a porté le coup de grâce, avec son autorité de président de la commission de la culture, conseillant de retirer le texte. François Patriat s’y est résolu, non sans rappeler que « Versailles est un objet extraordinaire qui ne change pas du jour au lendemain ».

Pourquoi Catherine Pgard, dont la longévité à la tête de Versailles est peu commune, bénéficierait-elle d’une prolongation, alors que sa prédécesseure n’avait bénéficié d’aucune dérogation ?

Cette épreuve parlementaire marque, sur le même sujet, le deuxième revers de M. Macron, qui, plus que ses prédécesseurs, a fait de Versailes l’écrin de son pouvoir et sa résidence de week-end, derrière les murs bien protégés du pavillon. de la Lanterne. Déjà en décembre 2022, un projet de décret avait été déposé en Conseil d’Etat. En réponse, la section de l’administration a informé le gouvernement d’un risque d’annulation pour  » abus de pouvoir « . La publicité donnée à cet avis théoriquement confidentiel souleva la polémique. Pourquoi Catherine Pgard, dont la longévité à la tête de Versailles est peu commune, bénéficierait-elle d’une prolongation, alors que son prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, n’avait bénéficié d’aucune dérogation ? Si certains saluent son bilan, notamment en matière de levée de parrainage, tandis que d’autres le relativisent, personne n’a publiquement défendu la tentation de détourner la loi sans justifier de circonstances exceptionnelles ou de vertus incomparables.

Il vous reste 9,48% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.


Lemonde Arts

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.