Le Mobilier national a confié à Marjane Satrapi la conception de la tapisserie des JO de Paris

« Je suis enfin considéré comme français ! », s’enthousiasme la dessinatrice et réalisatrice de bande dessinée Marjane Satrapi, à qui le prestigieux Mobilier national a confié la conception de la tapisserie des Jeux Olympiques (JO) de Paris 2024. Cinq cents jours avant l’événement sportif, le premier volet de ce triptyque vient d’être dévoilé à la Manufacture de Beauvais – l’un des ateliers de l’établissement public -, où il avait été tissé pendant deux ans d’après l’œuvre originale créée par le artiste en 2021.

Huit tissages des usines nationales des Gobelins et de Beauvais ont été mobilisés pour créer cette tapisserie de 9 mètres de haut et de 3,3 mètres de large, qui sera achevée peu avant les Jeux et qui constitue le premier projet porté par l’Olympiade culturelle de Paris. 2024. Le Mobilier national, créé sous Henri IV et spécialisé dans l’ameublement des bâtiments officiels de la République française, avait choisi l’auteur franco-iranien de Persépolis, (2000-2003), des bandes dessinées vendues à quatre millions d’exemplaires dans le monde, pour « sa reconnaissance internationale et ses valeurs d’universalisme ».

« Je me sens un peu comme Marjane la Bourbonne », s’amuse la Parisienne de 53 ans, qui a passé l’essentiel de sa vie en France, au point d’avoir » toujours « Escargots de Bourgogne au congélateur. « J’étais très excité par cette commande, mais aussi super anxieux, elle se confie. Nous devions faire quelque chose digne du défi. »

Javelot, breakdance, skateboard

Elle l’a appliqué « très sérieusement », adaptant son style, vif, franc, raffiné, aux exigences de lisibilité. D’où la référence visuelle à la Tour Eiffel, symbole de Paris par excellence, et l’idée d’un triptyque, comme une fresque à travers l’histoire des Jeux Olympiques, du lancer du javelot, incarné par une femme, au breakdance et au skate, en passant par le centre, où deux athlètes représentent la parité inédite de ces Jeux – pour la première fois, autant d’hommes que de femmes y prendront part.

« Le sport est le seul lieu qui justifie de distinguer les hommes des femmes, en raison de conditions physiques différentes »souligne Marjane Satrapi, qui déteste les assignations de genre, notamment au cinéma ou en littérature : « Je ne fais pas mes films avec mes seins ! »

Autre contrainte : le temps. Trop de détails et de couleurs risquaient d’allonger le travail des artisanes. « Une tapisserie peut prendre neuf ans », se souvient l’artiste. Elle s’est concentrée sur dix-neuf teintes parmi les 16 000 disponibles, avec une prédominance de bleus aux doux noms de horizon clair », « nuage sombre » Ou « bleu terre », comme l’indique le nuancier des licières de la Manufacture des Gobelins, rue Berbier-du-Mets, dans le 13e arrondissement de Paris, sous lequel coule encore la Bièvre.

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