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Le nouveau parti de « gauche » allemand : tueur de l’AfD ou culte de la personnalité ?

Dans les années 1990, Sahra Wagenknecht était membre du Parti du socialisme démocratique (PDS), successeur du parti gouvernemental en Allemagne de l’Est. Le PDS a ensuite fusionné avec l’Alternative sociale et travailliste ouest-allemande (WASG), en réponse aux réformes néolibérales de la coalition SPD-Verts dirigée par Gerhard Schröder, formant aujourd’hui Die Linke (La Gauche).

Wagenknecht s’est rapidement hissé au sommet. Elle a été élue avec Die Linke aux parlements européen et allemand, où elle a été présidente du groupe parlementaire de 2015 à 2019.

  • Une affiche de campagne de l’AfD appelant à « Plus d’éducation, moins d’idéologie » (Photo : Matthew Tempest)

Son mélange personnel de positions conservatrices, libérales et de gauche a conduit à une série de conflits internes au sein du parti, et notamment avec sa direction.

La presse conservatrice allemande a utilisé sa présence dans les talk-shows pour alimenter ces combats, conduisant à des cycles interminables d’interviews, où Wagenknecht s’écartait largement de la ligne du parti, ce qui lui valait à son tour la colère de ses camarades de Die Linke. C’était une situation gagnant-gagnant à la fois pour Wagenknecht et pour la presse conservatrice : elle a renforcé sa notoriété publique et ils ont continué les combats pour diviser Die Linke et le rendre ridicule.

Aujourd’hui, comme certains le prédisent depuis des années, elle a officiellement quitté Die Linke avec neuf autres parlementaires.

La scission s’est accompagnée de l’annonce d’un nouveau parti avec son nom dans le titre : BSW – Alliance Sahra Wagenknecht – pour la Raison et la Justice. Il est clair qu’il s’agit moins d’un parti que d’un culte de la personnalité. Et si vous regardez ce qu’elle a publié jusqu’à présent sur leur programme, cela ne va pas mieux.

Socialement conservateur sur les migrants et le climat

Wagenknecht s’est toujours volontiers joint au chœur des médias et des partis qui prétendent que la misère en Allemagne est la faute des « nouveaux venus » et non de ceux qui sont au pouvoir depuis des décennies. Il en va de même contre ce qu’elle appelle les « minorités calomnieuses », des groupes minoritaires qui osent revendiquer pour eux-mêmes les mêmes libertés et droits dont jouissent tous les citoyens.

Elle soutient également la politique actuelle du gouvernement allemand, qui promeut les procédures d’asile aux frontières de l’UE et le modèle danois de saisie. Libérée de son ancien parti, cette rhétorique xénophobe ne fera que s’accentuer, dans un stratagème cynique visant à recueillir des voix en attisant les incendies sociaux.

Face à l’effondrement climatique, Wagenknecht ne fait qu’une fausse allusion aux « nouvelles technologies innovantes ». Bref : elle n’a aucun projet.

Et puis il y a sa position en matière de politique étrangère, qui lui a également valu des critiques en tant qu’apologiste de Poutine dans le passé.

Lors de sa conférence de presse, elle a clairement déclaré qu’elle considérait la vie des Ukrainiens et des Palestiniens comme une question à décider en fonction des intérêts de l’industrie allemande. Sa conception de la « raison », qu’elle brandit fièrement au nom de son parti, relève de la misanthropie.

Sa politique est celle du cynisme – la politique qui a conduit l’Allemagne et l’Europe dans le triste état dans lequel nous nous trouvons. C’est la dernière chose dont nous avons besoin.

Mais le reste de Die Linke va avoir du mal à se remettre de ses récentes défaites électorales. Outre les parlementaires partis avec Wagenknecht, 100 collaborateurs supplémentaires seront perdus.

Le reste de Die Linke est également loin d’être cohérent, divisé entre des réformateurs cherchant à former des gouvernements de coalition avec les Verts et le SPD, et des factions plus radicales souhaitant d’abord rassembler plus de voix dans l’opposition avant de participer au gouvernement. Il semble peu probable que cette scission stoppe leur trajectoire descendante.

Ceux qui veulent résoudre les problèmes des gens doivent également inclure les nouveaux arrivants. Ils doivent rouvrir la question de la propriété, notamment dans les domaines de l’énergie et du logement.

L’économie chancelante de l’Allemagne doit également être reconsidérée, sinon l’inflation en constante augmentation ne sera pas maîtrisée et le citoyen moyen continuera à payer pour les profits des oligarques. La socialisation est la solution, mais Wagenknecht comme Die Linke semblent manquer du courage politique nécessaire pour défendre ces positions de bon sens.

Les peuples d’Allemagne et d’Europe ont besoin d’un parti de l’avenir : engagé en faveur de la paix aux côtés des faibles. Solidarité au lieu de rejoindre les campagnes alarmistes de la droite. Un New Deal vert au lieu de phrases vides de sens contre le changement climatique. Une sécurité sociale durable grâce à la socialisation des secteurs clés de notre économie.

Les élections européennes de 2024 en seront le premier test.


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