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Le peintre Fabrice Hyber a étudié à la Fondation Cartier à Paris

C’est une cour qui accueille les visiteurs devant l’entrée de la Fondation Cartier à Paris. A l’intérieur, les deux grands espaces vitrés comme le sous-sol ont été transformés en dix-huit salles de classe, avec des tables, des chaises et même des porte-manteaux le long des couloirs. Dans chaque salle, pas de tableau noir mais des œuvres de Fabrice Hyber, qui adoptent souvent le même format panoramique.

« Tout est possible avec la peinture, et surtout avec la sienne. Il est temps de mieux faire connaître son ampleur et sa virtuosité. » souligne Hervé Chandès, le directeur général artistique du lieu. « J’expose beaucoup d’installations, il y a souvent une peinture dans mes expositions, mais je n’ai pas eu d’exposition de peinture depuis 1995 au Musée de Saint-Etienne »précise l’artiste, dont le nom, qui a perdu son « t » final, se prête à tous les superlatifs.

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Pour cet hyper-productif et hyper-créatif, la peinture occupe une place centrale. « J’ai toujours peint beaucoup de tableaux. C’est là que je développe mes préoccupations et mes intuitions. J’y avance, j’y extrapole, je spécule sur le vivant et l’avenir, tels sont les fils de ma pensée, un laboratoire sous forme de storyboards complexes. » Des dessins, mais aussi des mots. Ces annotations sur les planches, ça lui vient de l’école, justement, et de ses études de maths : « Je me mets une petite note quand je bute sur un problème, je passe à autre chose, puis je reviens. En attendant, je vais chercher des expertises, je vais voir dans différents domaines, biologie, chorégraphie, astronomie ou poésie, pour trouver la solution formelle. »

Dessiner à l’échelle du corps

Le format des « salles de classe », variable, permet de regrouper les soixante tables par thème. Ce que beaucoup dessineraient sur un carnet de croquis, il préfère l’expérimenter directement à grande échelle, sur la toile, à l’échelle du corps. En général, il commence au fusain, puis peint avec de la peinture à l’huile très diluée, voire à l’huile brute, ou ajoute des collages. « J’ai demandé à un chimiste de travailler sur une résine qui pourrait rendre mes papiers transparents, pour que je puisse les superposer »détaille l’artiste.

Au fil des salles, on découvre de grandes fresques historiques, des « tableaux homéopathiques », qui permettent à l’artiste de faire régulièrement le point sur le cheminement de ses intuitions et de ses actes, ou encore des « paysages biographiques ». , comme celle de l’écrivain et critique d’art Pierre Giquel, représentée sous la forme d’un torrent, réalisée en 2017, un an avant sa mort. D’analogies en spéculations, de greffes en hybridations, de nombreuses toiles semblent visionnaires : les plus anciennes soutiennent que la pluie tombe en spirale, que le cerveau est relié à l’estomac, montrent des baisers d’arbres, des routes frontalières ou des migrants ballottés par les mers.

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