Le réalisateur Mohammad Rasoulof appelle au soutien du cinéma mondial après avoir fui l’Iran

Le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, le 19 mai 2017 lors de la 70e édition du Festival de Cannes.

Le cinéaste Mohammad Rasoulof, qui a fui clandestinement l’Iran pour un lieu tenu secret en Europe, a imploré le cinéma mondial, mardi 14 mai, de fournir « un appui solide » aux réalisateurs menacés, dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP).

Le réalisateur, condamné à huit ans de prison, dont cinq applicables dans son pays selon son avocat, affirme « peur pour la sécurité et le bien-être » équipes restées en Iran de son dernier film, Graines de figuier sauvage.

Son film est en lice pour la Palme d’Or, mais il ne sait pas encore s’il pourra lui-même se rendre au Festival de Cannes. « Je suis arrivé en Europe il y a quelques jours après un voyage long et compliqué »témoigne dans le communiqué cette grande voix du cinéma iranien, lauréat d’un Ours d’Or à Berlin en 2020 pour Le diable n’existe pas.

Le cinéaste de 51 ans, qui veut représenter un Iran « loin du récit dominé par la censure (Et) plus proche de la réalité »explique qu’il a décidé de partir lorsqu’il a appris que sa peine « injuste » de prison, confirmée en appel, serait exécutée  » dès que possible « .

Il craignait une nouvelle condamnation après la présentation de son prochain film. « J’ai dû choisir entre la prison et quitter l’Iran. Le cœur lourd, j’ai choisi l’exil”, raconte-t-il. Son passeport ayant été confisqué depuis 2017, il a dû « quitter l’Iran en secret ».

« Violation des droits de l’homme »

Le réalisateur s’alarme de la situation de ses équipes restées en Iran, dans un pays où « L’ampleur et l’intensité de la répression ont atteint un tel niveau de brutalité que les gens s’attendent à apprendre chaque jour un nouveau crime odieux commis par le gouvernement ». « La machine criminelle de la République islamique viole continuellement et systématiquement les droits de l’homme »il dénonce.

Pour se protéger et protéger ses proches des représailles du régime, le réalisateur a gardé le secret « l’identité des acteurs et de l’équipe, ainsi que les détails de l’intrigue et du scénario ». Acteurs « réussi à quitter l’Iran » avec le temps, se réjouit Mohammad Rasoulof, mais de nombreux autres membres de l’équipe sont toujours là « et les services de renseignement font pression sur eux »notamment par « de longs interrogatoires ».

« La communauté cinématographique mondiale doit apporter un soutien solide aux cinéastesil implore. La liberté d’expression doit être défendue haut et fort (…). Comme je le sais par expérience personnelle, ce soutien peut leur être d’une valeur inestimable dans la poursuite de leur travail vital. »

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Le Monde avec l’AFP

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