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Le « renforcement », credo de la sécurité des musées parisiens face aux actions militantes contre les peintures

Vendredi 18 novembre, une oeuvre de Charles Ray est éclaboussée de peinture orange par des militants du collectif Dernière Rénovation, devant la Bourse de Paris. Un mois plus tôt, des militants de Letzte Generation et Just Stop Oil ont pulvérisé MeulesClaude Monet, purée de pommes de terre et Les tournesols, de Vincent Van Gogh, de soupe à la tomate. Les peintures, protégées par du verre, n’ont pas été endommagées. Mais ces actions remettent en cause la perméabilité des systèmes de sécurité mis en place par les musées.

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Depuis 2014, au Louvre, les œuvres de Léonard de Vinci sont étroitement gardées, tant en personnel qu’en matériel. La Mona Lisa est ainsi mis sous cloche : un imposant double vitrage l’enrobe. Pour observer le tableau de face, les visiteurs font la queue puis tendent le cordon pour prendre une photo. Quatre agents se tiennent là, de part et d’autre, pour veiller au maintien de l’espace de sécurité qui les sépare du chef-d’œuvre.

Le vitrage des peintures dans le musée dépend de leur popularité. Contrairement à Mona Lisala vitre qui enveloppe la toile de La Vierge aux Rocherspar Léonard de Vinci, ne couvre pas son cadre. « La protection des œuvres coûte de l’argent aux musées. Un tableau célèbre sera forcément plus protégé que les autres.note Sandrine (qui n’a pas souhaité donner son nom), guide touristique indépendante.

« Ouvre tes yeux »

Mais les musées ont-ils renforcé la sécurité de leurs œuvres face à la multiplication des actions militantes dont ils sont devenus la cible ? La position du Louvre-Lens le suggère : « Face aux récents actes de vandalisme dont ont été victimes plusieurs musées européens, le Louvre-Lens a demandé à ses équipes de sécurité de mettre en place une vigilance accrue dans les espaces d’exposition et aux grilles d’entrée. » La direction du musée du Louvre, qui n’a pas souhaité s’exprimer, semble partager la vigilance du Louvre-Lens. Interrogés sur place, les agents de sécurité répètent le mot d’ordre. « Nous surveillons surtout les visiteurs qui s’approchent trop des tableaux »nous en glisse une.

Selon deux agents de sécurité du musée Carnavalet, le manque de personnel nuit à la qualité de la surveillance

Paris Musées, qui regroupe les quatorze musées de la Ville de Paris, a mis en place une procédure spécifique de « réagir en cas de détection ou de commission d’une action militante ». Adressée à son personnel de sécurité sous la forme d’un « fiche réflexe d’action militante » confidentiel, il repose sur une stratégie en trois temps : « Dissuader lors des contrôles Vigipirate ; détecter la préparation d’une opération ; traiter une opération en cours ou terminée. » Un agent de sécurité du musée Cognacq-Jay confirme la réalité de la directive : « On nous a demandé de garder les yeux ouverts. Nous sommes plus vigilants « .

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Lemonde Arts

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