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le salon 1-54 met à l’honneur la peinture africaine à Paris

Habituellement, aucune tendance artistique ne se dégage d’une foire d’art, où les œuvres les plus disparates se juxtaposent. La deuxième édition parisienne du 1-54 fait donc exception. 1-54 est, depuis 2013, l’une des deux foires spécialisées dans l’art contemporain africain, l’autre étant AKAA. Il aurait dû se tenir à Marrakech, mais, en raison de la pandémie, comme en 2021, il se tient chez Christie’s à Paris, où sont réunies 23 galeries un peu à l’étroit, certaines basées sur le continent africain, du Maroc à l’Afrique du Sud. , les autres Européens.

Une première évidence apparaît rapidement lors de la visite : la préférence donnée à la peinture. Romuald Hazoumé, chez André Magnin, est quasiment le seul à montrer de la sculpture – ses fameux masques en boîtes de conserve découpées. La photographie n’a plus guère de grands représentants : quelques portraits de Seydou Keïta chez Nathalie Obadia et les images énigmatiques d’Hicham Benohoud chez Katharina Maria Raab. A l’inverse, l’huile, l’acrylique et la gouache sur toile, bois ou papier sont partout.

Portraits et effacement

Une deuxième évidence s’ensuit : ces techniques sont principalement utilisées pour la représentation de la figure humaine : soit des portraits, soit des formes plus critiques. Portraits : chez African Arty, ceux de la jeune nigériane Chiderah Bosah, née en 2000, qui, pour beaucoup d’entre eux, ressemblent à des allégories de la mélancolie ou du doute ; sur le stand de la galerie athénienne The Breeder ceux des Nigérians, eux aussi jeunes, Adegboyega Adesina, Johnson Ocheja et Victor Kenechukwu qui imposent par le gros plan et la couleur les visages de leurs contemporains ; ou encore, à la Loft Art Gallery, Amina Rezki, dont les toiles seraient de paisibles portraits de famille sans les accessoires symboliques – globe terrestre, maquettes d’avion – qu’elle y introduit.

D’autres s’emparent du genre pour le perturber de l’intérieur. Ainsi, chez Carole Kvasnevski, les œuvres du Camerounais Justin Ebanda. Sur des fonds qui empruntent leurs motifs géométriques très colorés aux tissus wax, il place un ou deux personnages, dans des poses qu’il emprunte à la photographie coloniale. Femmes et hommes sont habillés comme ils le sont aujourd’hui, mais leurs visages sont uniformément noirs, inexpressifs, comme au temps où les « indigènes » – vocabulaire de l’époque – étaient moins des individus que des instruments. Cet effacement n’est pas sans rappeler le procédé du Franco-Béninois Roméo Mivekannin qui substitue son visage à ceux des figures des chefs-d’œuvre qu’il s’approprie : cette fois, chez Cécile Fakhoury, La leçon de danse par Degas. Cette réflexion plastique sur l’effacement, dans la même galerie, Dalila Dalléas Bouzar la porte à son paroxysme : une femme debout drapée d’or, mais de dos, et un homme de face, mais réduit à une fine ligne noire.

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Lemonde Arts

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