L’enquête visant Bernard Laporte pour soupçons de blanchiment de fraude fiscale classée sans suite

Bernard Laporte au stade Mayol de Toulon, le 23 mars 2024.

L’enquête visant l’ancien patron du rugby français Bernard Laporte pour blanchiment de fraude fiscale aggravée a été classée sans suite le 21 mars pour défaut d’infraction, a déclaré mercredi 24 avril le Parquet national financier (PNF), confirmant une information du Franceinfo.

L’ancien président de la Fédération française de rugby (FFR) ainsi que les anciens rugbymen Jean-Pierre Rives et Denis Charvet ont été placés en garde à vue en janvier 2023 dans le cadre de cette affaire. L’enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée a débuté le 21 septembre 2020 à la suite d’un signalement de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l’Économie, a rappelé le PNF.

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Les investigations, confiées au service d’enquêtes judiciaires financières, ont porté sur les conditions dans lesquelles Jean-Pierre Rives, par ailleurs capitaine du XV de France, « est entré, par l’intermédiaire d’une société intermédiaire, dans le capital de la société exploitant le casino de Saint-Julien-en-Genevois »en Haute-Savoie, a détaillé le revêtement de sol.

Les soupçons portaient sur un don de 3 millions d’euros qui lui avait permis d’entrer au capital de cette société, aux côtés de Bernard Laporte et Denis Charvet. On soupçonnait que cette somme n’avait pas été correctement déclarée au fisc.

Une déclaration de don faite

Mais, « 6 mars 2023 »moins de deux mois après sa garde à vue, « Jean-Pierre Rives a fait une déclaration de donation pour son propre compte de 3 millions d’euros à l’administration fiscale puis s’est acquitté des droits correspondants de 1,8 million d’euros »» a rapporté le PNF. « En matière de dons, la taxe n’est due qu’au moment de sa déclaration à l’administration fiscale, sans limite de temps, afin qu’aucune infraction ne puisse être qualifiée »a noté le PNF.

Fanny Colin, avocate de Bernard Laporte, en a pris note « avec satisfaction » du classement de l’enquête et rappelé « l’importance du respect du secret de l’enquête, dont la violation dans cette affaire a conduit à la médiatisation de la garde à vue de M. Laporte, dont elle s’est désormais avérée injustifiée, interférant ainsi avec le vote alors en cours relatif à la gouvernance de la FFR ». Les trois gardes à vue ont eu lieu lors d’un référendum de la FFR sur la désignation de Patrick Buisson, soutenu par Bernard Laporte, comme président délégué de la Fédération. Le non avait gagné.

Dans une autre affaire, Bernard Laporte et l’homme d’affaires Mohed Altrad, président du club de Montpellier, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis à Paris fin 2022 pour un pacte de corruption lié notamment au sponsoring du maillot du XV de France. Les deux hommes ont fait appel.

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Le Monde avec l’AFP

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