Les constructeurs automobiles asiatiques s’invitent dans les entreprises

Des voitures électriques du fabricant chinois BYD destinées à l'exportation attendent d'être chargées sur un cargo dans un port de Yantai, dans la province du Shandong (est de la Chine), le 18 avril 2024.

En 2023, les constructeurs automobiles chinois représentaient 25 % des ventes de véhicules électriques en Europe. Une proportion que l’on retrouve en France et qui devrait augmenter du fait d’un élargissement de l’offre de ces constructeurs ainsi que de l’augmentation de leurs exportations grâce à la mise en service, en 2024, de plusieurs cargos commandés spécifiquement pour transporter 5 000 à 7 000 véhicules, comme spécifié par le BYD chinois. Raisons pour lesquelles la Commission européenne a délégué, pour le premier atterrissage à Bremerhaven, en Allemagne, en février, ses agents pour compter les véhicules.

Car l’Union européenne (UE) veut augmenter la taxe sur les importations de ces dernières, actuellement de 10 % et qui pourrait monter à 20 % à partir de 2024, voire plus, déclarait en 2023 le Français Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. Un niveau qui ne sera pas encore suffisant pour faire monter suffisamment le prix des voitures électriques chinoises par rapport au prix de celles fabriquées en Europe, selon une étude publiée le 27 mars par l’organisation non gouvernementale européenne Transport & Environnement, basant même le calcul sur sur des droits de douane de 25%.

Et en France, malgré la suppression, en 2024, pour les personnes morales, du bonus écologique de 3 000 euros à l’achat d’une voiture électrique, les modèles chinois restent compétitifs. Un gestionnaire de flotte avisé ne regardera que son calculateur pour choisir le plus rentable de ses véhicules électriques, chinois de préférence, avec un prix d’achat ou des mensualités imbattables, seule la « fibre européenne » pouvant le faire changer d’avis.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les flottes d’entreprises ont encore du mal à se convertir à l’électrique

Toutefois, les cartes pourraient être rebattues avec l’arrivée de la Citroën C3 électrique (ë-C3), fabriquée à Trnava en Slovaquie, ou avec celle des Renault 4 et 5 électriques, sorties du nouveau complexe industriel ElectriCity implanté à Douai, Maubeuge. (Nord) et Ruitz (Pas-de-Calais). En pratiquant des prix serrés. Ce n’est pas gagné, car le coût des batteries reste 20 % inférieur pour les modèles chinois. Quant aux constructeurs coréens, les accords douaniers leur sont également favorables, étant soumis à une taxe européenne à l’importation de 10 %, qu’il n’est pas question de réévaluer pour l’instant. Hyundai et Kia en profitent, avec des coûts de production inférieurs, pour entrer sur le marché européen avec leur gamme électrique.

Usines en Europe

Pour gagner des parts de marché, les constructeurs chinois comme MG et BYD, numéro un mondial des véhicules électriques, misent également sur la commercialisation en Europe de leurs modèles hybrides et hybrides rechargeables à des prix inférieurs à ceux des constructeurs européens. La dernière en date, la MG3 Hybrid+, directement concurrente de la Renault Clio E-Tech full hybrid HEV ou de la Toyota Yaris HEV, toutes deux vendues 20 % plus cher. Mais la taxation à l’entrée dans l’Union européenne des véhicules en provenance d’Asie ne concerne pas uniquement les véhicules électriques. C’est pour contourner cela que BYD a lancé la construction d’une usine automobile en Hongrie. Hyundai et Kia fabriquent déjà certains des modèles les plus populaires d’Europe en République tchèque et en Slovaquie.

Il vous reste 30,81% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.