Les judokas russes décident de boycotter les JO

Le mot « boycott » n’est pas évoqué, mais il s’agit bien de cela : la Fédération russe de judo (RJF) a annoncé, vendredi 28 juin au soir, qu’elle n’enverrait aucun de ses athlètes aux Jeux olympiques de Paris 2024. Des jeux qui débutent le 26 juillet, dans 27 jours.

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La décision de la FRJ est une conséquence du choix, rendu public vendredi par le Comité international olympique, de n’inviter que quatre judokas russes au tournoi olympique, qui se tiendra du 27 juillet au 3 août à l’Arena Champs-de-Mars. . , à Paris. Selon la FRJ, dix-sept de ses athlètes étaient éligibles pour participer aux JO de Paris.

« Nous avons compté jusqu’au bout sur le fait que le bon sens et le désir d’organiser des Jeux olympiques complets, avec la participation des meilleurs athlètes, y compris ceux de Russie et de Biélorussie, prévaudraient sur les intrigues politiques », écrit le FRJ dans un communiqué. (…) Malheureusement, nos espoirs ne se sont pas réalisés. Dans ces circonstances, l’équipe nationale russe de judo ne participera pas aux Jeux de Paris. »

Des conditions « humiliantes »

Depuis la mi-juin, le CIO annonce, petit à petit, les noms des athlètes russes et biélorusses autorisés à participer aux Jeux olympiques de Paris 2024. Pour être invités, ceux-ci – qui concourront non pas sous leurs couleurs nationales mais avec le statut d’« athlètes individuels neutres » – doivent se qualifier sur le terrain, ne pas avoir soutenu activement la guerre en Ukraine et n’avoir aucun lien avec l’armée ou les services de sécurité de leur pays. Des conditions de sélection que la Fédération russe de judo juge « humiliant »Le CIO a mis en place une commission ad hoc pour étudier les carrières et les positions publiques des athlètes des deux pays alliés dans la tentative d’invasion de leur voisin ukrainien.

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« Dès le début, nous avons déclaré que nous ne ferions aucun compromis avec notre conscience et que nous ne signerions aucune déclaration dénigrant la politique de notre pays », écrit la FRJ. (…) De telles décisions du CIO portent atteinte à la crédibilité du mouvement olympique et détruisent le statut des Jeux en tant qu’événement sportif le plus important au monde.

A ce jour, et après la publication vendredi d’une troisième liste élargie au judo et au canoë, 47 athlètes (28 Russes et 19 Biélorusses) ont été autorisés à participer aux prochains JO. Mais seulement 20 d’entre eux ont confirmé leur présence.

La France a le pouvoir de délivrer ou non des visas

Le CIO doit encore mettre à jour sa sélection, au fur et à mesure que les résultats définitifs des qualifications seront disponibles. Une certitude : en athlétisme, aucun Russe ni Biélorusse ne foulera la piste du Stade de Frace, la fédération internationale (World Athletics) ayant opté pour une exclusion totale des athlètes des deux pays. Dans d’autres disciplines, ils ont été réintégrés très tardivement, de sorte que leur présence aux JO est soit incertaine (natation), soit impossible (escrime, gymnastique).

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En mars, le CIO comptait sur 36 Russes et 22 Biélorusses aux Jeux de Paris « selon le scénario le plus probable ». Aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021, avant le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, la délégation russe comprenait 330 athlètes, et celle de Biélorussie 104.

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Ces derniers jours, selon les informations de MondeLes supporters ukrainiens qui scrutent le processus de sélection des athlètes russes et biélorusses ont dit s’attendre à un boycott plus général des JO de Paris par la Russie. Très virulentes envers le CIO, souvent menaçantes, les autorités russes n’ont cependant fait aucune annonce de cet ordre.

Dans le feuilleton – qui dure depuis des mois – de la présence de Russes et de Biélorusses à Paris cet été, un dernier acteur est susceptible de changer la donne : les autorités françaises, qui ont le pouvoir de délivrer, ou non, des visas aux sportifs qualifiés. Jusqu’à présent, la France est toujours restée sur la même ligne que le CIO, favorable à un retour sous contrôle strict de ces athlètes dans le sport mondial. C’est notamment la position d’Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, dont l’avenir à ce poste dépend des résultats des élections législatives des 30 juin et 7 juillet.

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