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« L’image savamment construite de Giorgia Meloni sert à rendre ses idées radicales plus digestes »


La propagande figurative de Giorgia Meloni, leader des Fratelli d’Italia, le parti héritier du néofascisme qui semble destiné à triompher aux élections du 25 septembre, mérite d’être décryptée, tant ses images sont complexes et fallacieuses. Comme l’a rappelé Laurence Bertrand Dorléac, présidente de la Fondation nationale des sciences politiques dans une interview à Mondele 10 mai 2021, les images sont « un raccourci, un concentré, un précipité du monde (…) ; ils ne sont pas le réel, ils travaillent avec le réel, mais avec beaucoup d’autres pouvoirs aussi ».

Les images diffusées sont dominées par la figure de Mmoi Meloni, dont la présence même à la tête du parti peut surprendre, car dans l’extrême droite italienne, les femmes ont joué un rôle très marginal dans le passé. Le tournant se produit en 1992, quand Alessandra Mussolini, petite-fille du Duce et cover girl qui avait posé pour Playboy, a été élue triomphalement au Parlement sur les listes du parti néofasciste Movimento sociale italiano (MSI), prouvant ainsi que, pourvu qu’elles soient jeunes et jolies, les femmes politiques étaient appréciées de l’électorat de droite. Cela a ouvert la voie à d’autres candidats. En 2011, Ignazio La Russa, ministre « post-fasciste » du gouvernement Berlusconi, pouvait affirmer que « les élues chez nous ne sont jamais aussi moches que celles de gauche ».

Cette importance accordée à la beauté explique la métamorphose de Mmoi Meloni. Notons déjà que, naturellement brunes, ses cheveux ont été teints en blond, comme celui de Marine Le Pen : perçue comme un signe de pureté angélique, la blondeur fait partie de la typologie de la beauté idéale. Des affiches et des sites Web reproduisent des images retouchées de Mmoi Meloni aux postures et expressions de star : tête romantiquement appuyée sur ses mains, sourire de temps en temps léger, rayonnant, espiègle… Les remaniements sont ridiculisés sur les réseaux sociaux, car tellement radicaux que le chef est parfois méconnaissable. Cette image savamment construite sert à rendre plus digestes ses idées radicales et ses déclarations insolentes, comme « Je prends toujours les conseils de tout le monde, mais ma particularité c’est qu’au final, je fais mon truc ».

Iconographie du régime de Mussolini

La dirigeante sait aussi se présenter de manière « institutionnelle ». La photo qui accompagnait l’entretien téléphonique que M.moi Meloni a donné à Fox News en août en est un bon exemple. Elle semble s’être inspirée de l’affiche du second tour de l’élection présidentielle de 2017 de Marine Le Pen, qui la montrait dans son bureau, comme pour indiquer qu’elle s’apprêtait à occuper la plus haute fonction de l’Etat. Maismoi Meloni est allée plus loin : elle était représentée de face avec une fenêtre donnant sur un jardin en arrière-plan, imitant ainsi les portraits officiels de Barack Obama dans son bureau ovale et d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

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