Skip to content
L’ONU déclare « l’état d’urgence océanique » au sommet de Lisbonne

Le monde doit s’unir pour préserver la santé menacée des océans et éviter ses conséquences catastrophiques pour l’environnement et l’humanité, a déclaré lundi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Des milliers de responsables politiques, d’experts et de défenseurs de l’environnement se sont réunis depuis lundi 27 juin à Lisbonne, à l’appel de l’ONU, pour œuvrer à préserver la santé fragile des océans et éviter les « effets en cascade » qui menacent l’environnement et l’humanité.

« Malheureusement, nous avons pris l’océan pour acquis. Nous sommes actuellement confrontés à ce que j’appellerais un état d’urgence océanique », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, du Portugal.

« Notre échec à préserver l’océan aura des effets en cascade », a-t-il souligné dans son discours d’ouverture de cette conférence de cinq jours, plusieurs fois reportée pour cause de pandémie alors qu’elle devait avoir lieu pour la première fois. lieu en avril 2020.

>> A lire : Protéger les vagues, une première en France dans un village breton

Les mers, qui couvrent plus des deux tiers de la surface de la planète, génèrent la moitié de l’oxygène que nous respirons et représentent une source vitale de protéines pour la vie quotidienne de milliards de personnes.

L’océan joue également un rôle clé pour la vie sur Terre en atténuant les impacts du changement climatique. Mais le coût est considérable.

La pollution plastique devrait tripler d’ici 2060

En absorbant environ un quart de la pollution au CO2alors même que les émissions ont augmenté de 50 % au cours des 60 dernières années, la mer est devenue plus acide, déstabilisant les chaînes alimentaires aquatiques et réduisant sa capacité à capter toujours plus de dioxyde de carbone.

Et, absorbant plus de 90% de l’excès de chaleur causé par le réchauffement climatique, l’océan subit de puissantes vagues de chaleur marine qui détruisent de précieux récifs coralliens et propagent des zones mortes privées d’oxygène.

« Nous n’avons encore qu’une petite idée de l’ampleur des ravages causés par le changement climatique sur la santé des océans », a déclaré à l’AFP Charlotte de Fontaubert, la principale experte en économie bleue de la Banque. monde.

>> À voir : Journée mondiale des océans : « Nous sommes dans une course contre la montre »

Au rythme actuel, la pollution plastique va tripler d’ici 2060, pour atteindre un milliard de tonnes par an, selon un récent rapport de l’OCDE. Déjà, les microplastiques causent la mort d’un million d’oiseaux et de plus de 100 000 mammifères marins chaque année.

Les participants à la réunion de Lisbonne discuteront de propositions pour résoudre ce problème, qui vont du recyclage à une interdiction totale des sacs en plastique.

« Au moins un tiers des stocks de poissons sauvages sont surexploités »

Le problème de la surpêche est également à l’ordre du jour de la conférence de cinq jours, organisée conjointement par le Portugal et le Kenya. « Au moins un tiers des stocks de poissons sauvages sont surexploités et moins de 10% de l’océan est protégé », a déclaré à l’AFP Kathryn Mathews, directrice scientifique de l’ONG américaine Oceana. « Les navires de pêche illégaux font des ravages en toute impunité, dans les eaux côtières et en haute mer », a-t-elle déclaré.

Les débats porteront également sur un éventuel moratoire visant à protéger les fonds marins de l’exploitation minière à la recherche de métaux rares nécessaires à la fabrication de batteries pour le secteur florissant des véhicules électriques.

Une coalition rassemblant près d’une centaine de pays prône également une mesure phare visant à déclarer des zones de protection couvrant 30 % des océans et des terres de la planète.

>> À lire : Les algues, une piste prometteuse pour la préservation de la planète

Autre sujet central, la « blue food » censée faire des océans un moyen de subsistance à la fois durable et socialement responsable.

De nombreux ministres et quelques chefs d’Etat, dont le président français Emmanuel Macron, attendu jeudi, participeront à cette rencontre qui n’a pourtant pas vocation à devenir une séance formelle de négociation.

Certains participants en profiteront néanmoins pour défendre une politique ambitieuse pour les océans en vue des deux sommets cruciaux qui se tiendront à la fin de l’année : la conférence de l’ONU sur le climat COP27 aura lieu en novembre en Égypte, suivie en décembre de la très attendue conférence des Nations unies sur la biodiversité COP15, qui aura lieu au Canada sous la présidence chinoise.

Avec l’AFP

France 24 Europe

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.