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L’Ukraine soupçonne la Russie d’avoir empoisonné l’épouse du chef des renseignements

Kiev soupçonne Moscou d’avoir empoisonné l’épouse du chef des renseignements ukrainiens Kyrylo Budanov avec du mercure et de l’arsenic. Marianna Boudanova a été hospitalisée et suit des soins depuis plus d’une semaine. Kyrylo Boudanov a lui-même échappé à plus d’une douzaine de tentatives d’assassinat, avaient alerté ses services en septembre.

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L’Ukraine y voit la signature de la Russie. Kiev soupçonne Moscou de l’empoisonnement de l’épouse du chef des renseignements militaires ukrainiens (GUR), Kyrylo Budanov, a déclaré à l’AFP le porte-parole de cette structure, Andriï Yussov.

« C’est l’hypothèse principale », a-t-il dit, assurant qu’il ne s’agissait pas d’un accident mais d’un empoisonnement délibéré aux métaux lourds, « notamment le mercure et l’arsenic ».

Selon Andriï Yussov, c’est Marianna Boudanova et non son mari qui « était la cible ». « Il est tout simplement impossible de joindre directement le commandant (Boudanov) de cette manière », a déclaré le porte-parole.

Des traces de métaux lourds ont également été découvertes chez « plusieurs » collaborateurs du renseignement militaire, a confirmé Andriï Yussov, sans donner plus de détails.

La Russie n’a jusqu’à présent pas réagi à ces accusations.

Poison caché dans la nourriture

Marianna Boudanova, qui conseille le maire de Kiev Vitali Klitschko, a été hospitalisée « il y a plus d’une semaine », a indiqué Andriï Youssov. Il est toutefois impossible pour l’instant d’établir la date exacte de l’empoisonnement car « l’attaque a pu se prolonger dans le temps », a fait valoir le porte-parole.

Plus tôt dans la journée, une source des renseignements avait confirmé à l’AFP que Marianna Boudanova souffrait d’une intoxication aux métaux lourds et suivait un traitement. « Leur présence pourrait indiquer une tentative délibérée d’empoisonnement », selon une source du renseignement citée par le site d’information Babel.

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« Selon toute vraisemblance », le poison a été livré « avec la nourriture », a ajouté une source au sein de la police citée par le site Ukraïnska Pravda.

« Elle se sentait mal, donc des analyses (médicales) ont été faites et celles-ci ont montré un empoisonnement », a-t-elle assuré, affirmant que Marianna Boudanova se sentait mieux et avait terminé « la première étape du traitement ».

Ensemble 24h/24

Kyrylo Boudanov, 37 ans, a acquis une aura quasi légendaire depuis le début de l’invasion en occupant ce poste clé. Il dirige depuis 2020 le département du renseignement militaire au sein du ministère de la Défense. Cette structure est considérée comme responsable de plusieurs attaques contre la Russie depuis le début de l’invasion russe en février 2022.

Les autorités russes lui reprochent notamment d’avoir organisé l’attentat d’octobre 2022 qui a partiellement détruit le pont reliant la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou, à la Russie.

Kyrylo Boudanov a déclaré en août que sa femme vivait avec lui « dans son bureau de travail » et ne l’avait jamais quitté pour des raisons de sécurité depuis le début de l’invasion.

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« Nous sommes toujours ensemble, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept », a expliqué Marianna Boudanova dans une interview à l’édition ukrainienne du magazine Elle, publiée en octobre 2022.

Elle dit avoir appris à « contrôler ses émotions » bien avant l’invasion, lorsque son mari partit pour de longues missions dans l’est de l’Ukraine, région où des séparatistes prorusses soutenus par Moscou ont pris les armes contre Kiev en 2014.

Plus de dix tentatives d’attentats

Deux mois plus tôt, le porte-parole des services de renseignement, Andriï Youssov, affirmait que Kyrylo Boudanov avait été visé par « plus de dix » tentatives d’attentat.

Des bombes ont notamment été placées dans sa voiture en 2019, une opération qui aurait été orchestrée par les services de sécurité russes (FSB), selon le procureur général ukrainien.

La Russie a été accusée à plusieurs reprises d’avoir empoisonné des opposants ou des transfuges du Kremlin, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières, même si elle a toujours nié ces faits.

Avec l’AFP

France 24 Europe

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