« Ma vie sans sport aurait été triste »

Mélina Robert-Michon fêtera ses 45 anse Elle fêtera son anniversaire le 18 juillet, une semaine avant l’ouverture des Jeux olympiques (JO), compétition à laquelle elle participera pour la septième fois. Proclamée candidate au rôle de porte-drapeau de la délégation française, la médaillée d’argent des JO de Rio en 2016 revient sur sa carrière au long cours, qu’elle a su concilier avec la maternité.

Je ne serais pas arrivé ici si…

… Si je n’avais pas fait de l’athlétisme à l’école, dans la petite ville iséroise où j’habitais, Le Grand-Lemps. Un professeur d’éducation physique m’a dit que ce serait intéressant de rejoindre un club. Il m’a présenté à l’entraîneur du club le plus proche, à La Côte-Saint-André, qui a insisté pour que je vienne. Il m’a ensuite mis en contact avec un entraîneur de disque. Sans cette série de rencontres heureuses, je n’aurais pas consacré ma vie à l’athlétisme. J’avais déjà essayé le judo, le volley-ball et le handball. Mes parents, agriculteurs, souhaitaient que leurs enfants fassent du sport.

Pourquoi avez-vous choisi le lancer de disque ?

Parce que j’étais grand, avec de larges épaules. Il y avait, au club, un groupe de lanceurs de disque expérimentés qui participaient régulièrement au championnat de France. Je les regardais avec admiration en me disant que ce serait peut-être mon tour aussi, un jour. Je me sentais heureux d’être avec eux. Et j’ai trouvé ce qu’ils faisaient beau.

Beau ?

Oui, gracieusement. La façon dont ils exécutaient leurs mouvements au bon moment m’a fasciné. L’atmosphère était très accueillante. J’ai commencé à participer à des compétitions, à voyager. Je venais de ma campagne, cela m’a fait sortir de chez moi. C’était aussi une façon de me réconcilier avec mon corps.

Que veux-tu dire ?

J’étais grand très jeune : je mesurais 1,77 mètre à 14 ans. Cette hauteur m’a rendu gêné. À cet âge-là, on rêve que personne ne nous verra, ce qui n’est pas évident quand on a la tête qui dépasse les bornes. Grâce à l’athlétisme, ce corps et ces gros bras dont je ne savais plus quoi faire allaient me être utiles. Je me sentais valorisé. Depuis, je milite dur pour la pratique du sport, car cela aide à s’élever, à sortir de son environnement, à rencontrer des gens différents.

Qu’aurait été votre vie sans le sport ?

Elle aurait été triste. Au collège et au lycée, ça se passait bien, mais je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Mes parents m’ont toujours laissé choisir, sans rien imposer. Je n’étais pas prête à reprendre l’exploitation familiale, consciente des contraintes que cela impliquait. L’agriculture, c’est comme le sport de haut niveau : un métier passion. Voir mon père se lever tous les matins à 6 heures, et être heureux de le faire, était une bénédiction.

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