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Manifestation contre la loi 96 |  Le Bloc se « radicalise », selon Pablo Rodriguez

(Ottawa) Les libéraux fédéraux sont passés à l’offensive mercredi, accusant le Bloc québécois de s’être «radicalisé» alors qu’ils étaient encore appelés à justifier le message envoyé par la présence de certains des leurs à la manifestation de samedi à Montréal. , sur la loi 96.

Publié à 13h01
Mis à jour à 15h45

Michel Saba
La Presse canadienne

« On parle de députés québécois élus par d’autres Québécois qui vont défiler dans leur propre ville. Alors, je pense que le Bloc se radicalise un peu là-dessus », a lancé le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, à l’entrée du caucus de sa formation.

M. Rodriguez a ainsi réagi aux propos du chef parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, qui a déclaré lundi qu’il est « inadmissible » qu’un « contingent important » de députés du Parti libéral du Canada ait pris part à la manifestation.

Selon M. Therrien, les libéraux ont alors envoyé le message qu’« il n’y a pas de problème avec le français au Québec, (que) la protection du français est peut-être même exagérée ».

Manifestation contre la loi 96 |  Le Bloc se « radicalise », selon Pablo Rodriguez

PHOTO PATRICK DOYLE, LA PRESSE CANADIENNE

pablo rodríguez

M. Rodriguez a assuré mercredi qu’il était « à 100% » certain qu' »il n’y a pas un député » de son parti qui ne croit pas que le français est menacé et qu’il doit être davantage protégé.

En novembre 2020, la députée Emmanuella Lambropoulos a émis des doutes sur le déclin du français au Québec lors d’une réunion du comité des langues officielles. Après avoir provoqué un tollé, la jeune élue s’est excusée et a dit reconnaître qu’il y a une baisse du français dans la province.

Le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré mercredi que son gouvernement protégera les minorités francophones du pays et « la minorité linguistique anglophone au Québec ».

« Les députés sont là pour représenter leurs communautés », a-t-il déclaré. Ils font leur choix par rapport au pointage des préoccupations. C’est une liberté qu’ils ont et que nous respecterons toujours », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé si les députés qui manifestaient avaient son approbation.

Regardez dans le miroir, suggère le Bloc

Les députés libéraux qui ont participé à la manifestation n’ont pas simplement dit que le projet de loi 96 allait trop loin, a soutenu le chef du Bloc Yves-François Blanchet, « ils ont aussi dit que la langue d’enseignement devait être le libre choix de la population », ce qui « compromet le fondement même de la loi 101″.

« Parce que nous condamnons cela, nous sommes des radicaux. S’il y a un radical dans la place qui crie fort, ce n’est pas moi», a proposé M. Blanchet lors d’un point de presse avant la période des questions.

Selon lui, les libéraux sont en mode « réaction » puisqu’ils « n’osent pas affronter des députés qui vont faire des éclats virulents au profit des privilèges de la communauté anglophone, contre les francophones du Québec » .

Le Premier ministre devrait admettre que certains de ses députés ont « exprimé à haute voix ce que son caucus pense tranquillement », a-t-il déclaré.

Casser du sucre

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones et député de la région de Montréal, Marc Miller, s’est dit préoccupé par « l’impact que ce (projet de loi 96) pourrait avoir sur les minorités […] y compris la minorité anglophone qui a des droits au Québec ».

« Casser du sucre sur le dos des anglophones et des autochtones du Québec n’est pas la façon de le faire et ce n’est pas la façon de promouvoir le français au Québec », a-t-il ajouté.

Son collègue François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, de la Science et de l’Industrie, a noté que des éléments du projet de loi « ne correspondent pas aux souhaits de plusieurs Québécois », ajoutant du même souffle qu’« il appartiendra à l’Assemblée nationale de faire ce travail et avoir ce débat ».

Le gouvernement Trudeau contesterait-il un éventuel projet de loi 96 devant les tribunaux? «Nous traverserons le pont lorsque nous arriverons au fleuve», a déclaré M. Champagne en anglais.

Le projet de loi 96 devrait être adopté par l’Assemblée nationale d’ici la fin de la session parlementaire. Il vise à imposer des restrictions plus strictes pour les lieux de travail et les municipalités.

La future loi limitera l’usage de l’anglais dans les tribunaux et les services publics, renforcera les pouvoirs de saisie et de perquisition de l’Office de la langue française et plafonnera les inscriptions pour les cégeps anglophones. Les étudiants devront suivre un plus grand nombre de cours en français.

Le député de Mont-Royal Anthony Housefather, qui a pris part à la manifestation, a expliqué lundi que « la minorité anglophone n’est pas responsable des menaces contre le français » et qu’elle « a aussi le droit de faire respecter ses droits historiques ».

Les autres députés présents à la manifestation étaient Peter Schiefke, Patricia Lattanzio, Emmanuella Lambropoulos, Annie Koutrakis, Anju Dhillon, Francis Scarpaleggia et Sameer Zuberi.


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