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mauvais élève, la France va se rattraper

Emmanuel Macron a inauguré jeudi le premier parc éolien en mer de France, au large de Saint-Nazaire, avant la présentation, prévue lundi en Conseil des ministres, d’un projet de loi pour accélérer les énergies renouvelables. Un « bon signal » pour les ONG, mais qui reste à confirmer.

On a eu l’impression d’assister à l’habile remédiation d’un mauvais élève, jeudi 22 septembre, à Saint-Nazaire. Inaugurant le premier parc éolien en mer de France, au large du Pouliguen et du Croizic, Emmanuel Macron a décrit sa stratégie de transition énergétique, assurant que la France était sur la bonne voie, malgré un retard important dans les énergies renouvelables.

« C’est un projet pionnier car il porte en lui les réponses aux enjeux du moment », a-t-il déclaré à propos du parc éolien offshore. Mais le président de la République a prévenu : « Il faut aller au moins deux fois plus vite sur les projets d’énergies renouvelables ». « Nous avons besoin d’une accélération massive », a-t-il ajouté.

La stratégie décrite par Emmanuel Macron, dans la lignée de son discours de Belfort en février dernier, poursuit trois objectifs : assurer la souveraineté énergétique de la France, décarboner l’énergie française et fournir une énergie à des coûts abordables. Pour y parvenir, le chef de l’État mise sur la sobriété, avec une baisse de 40 % de la consommation d’énergie d’ici 2050, et une augmentation, dans le même temps, de 40 % de la production électrique grâce à davantage de production issue du nucléaire, mais aussi du nucléaire. énergies renouvelables.

D’où la volonté, encore exprimée jeudi, de mettre le turbo sur les énergies renouvelables (EnR) avec la présentation en Conseil des ministres, lundi 26 septembre, d’un projet de loi pour accélérer les énergies renouvelables.

Car dans ce domaine, Paris est clairement un cancre de classe. La France est le seul pays de l’Union européenne à ne pas avoir atteint ses objectifs concernant la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique finale. Celle-ci n’était que de 19,1% en 2020 alors que l’objectif était fixé à 23%, selon les chiffres publiés en janvier dernier par Eurostat, l’office statistique européen.

Un retard français lié à « un manque de volonté politique très clair »

Pour Emmanuel Macron et le gouvernement, ces retards sont principalement dus à la bureaucratie française. Le projet de loi qui arrivera au Parlement à l’automne entend donc lever ces blocages.

Ainsi, entre le respect du droit public en matière de permis de construire, le respect du droit de l’environnement, les consultations publiques et le droit de l’énergie, il faut désormais en moyenne dix ans pour qu’un site offshore entre en service en France, contre cinq en Allemagne, six au Royaume-Uni. . Pour l’éolien terrestre, c’est sept ans, deux fois plus qu’en Espagne ou en Allemagne, et le photovoltaïque n’est guère mieux loti avec cinq ans de procédure.

>> À lire : Énergies renouvelables : la France veut rattraper son retard sur l’éolien offshore

Le projet de loi vise à raccourcir les délais de mise en œuvre des projets grâce à des mesures transitoires, pendant 48 mois, pour simplifier les procédures (extension du vote public par voie électronique), augmenter les possibilités d’installation de panneaux solaires (sur les friches le long des autoroutes, les terrains dégradés, les parkings existants sous forme d’ombrières… ou encore de mutualisation des débats par front de mer pour l’éolien offshore.

Mais si ces blocages sont bien réels, ils n’expliquent pas tous les retards pris par la France concernant les énergies renouvelables. « Il y a d’abord eu un manque de volonté politique très clair ces dernières années avec un gouvernement qui a longtemps tenu un discours en demi-teinte sur les énergies renouvelables », affirme Zélie Victor, responsable de la transition énergétique au sein de l’ONG Climate Action Network. « Car les blocages viennent aussi du manque de moyens humains et financiers pour traiter les dossiers au niveau des collectivités ou des services de l’Etat, précise-t-elle. Cependant, le fait de ne pas avoir de cadre clair a créé des difficultés. l’indécision de certains acteurs. »

>> A lire : Gaz, électricité : quels scénarios en France en cas de pénurie d’énergie ?

Les préfectures, notamment, ont considérablement réduit le nombre d’autorisations délivrées ces trois dernières années, selon France Énergie Éolienne. Une circulaire récente demande désormais aux préfets de « faciliter le traitement » des dossiers.

Le Conseil national de la transition écologique (CNTE), saisi par Matignon début août pour rendre un avis sur le projet de loi, partage cette analyse. Dans son avis publié le 8 septembre, il attribue le retard de la France dans les énergies renouvelables à plusieurs facteurs : « le manque de planification préalable, y compris en termes d’emplois et de compétences ; la complexité de certaines démarches administratives la lenteur et le manque d’anticipation des évaluations ; les modifications successives de la réglementation ; l’insuffisance des moyens humains et financiers de l’Etat et des collectivités pour instruire et suivre les projets et accompagner la structuration de certaines filières énergétiques renouvelables ».

Par ailleurs, la CNTE « regrette la mise en œuvre tardive des mesures législatives pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables, compte tenu du temps nécessaire pour bénéficier de leurs bienfaits ».

« Un très bon signal » pour les énergies renouvelables

Cependant, et même si « c’est la crise énergétique qui vient de faire prendre conscience au gouvernement », selon Zélie Victor du Réseau Action Climat, le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables est « un très bon signal » pour les énergies renouvelables et « leur rôle dans la réponse à la crise climatique et énergétique ».

Contactée par l’AFP, France Énergie Éolienne considère que ce texte peut à terme contribuer à installer des énergies renouvelables dans le paysage, notamment en réduisant la facture d’électricité des riverains des parcs, ou en planifiant l’éolien en mer. par front de mer – et pas seulement localement – ​​pour une vision à plus long terme.

Reste à savoir ce que contiendra la future loi lors de son vote, en principe à la fin de l’année. Réseau Action Climat le juge car il est « encore flou » et estime qu’il a plusieurs trous dans la raquette.

>> À voir : Une transition énergétique lente : la France a-t-elle tenu ses engagements COP21 ?

« Le texte actuel ne traite pas de toutes les énergies renouvelables, mais essentiellement de l’éolien offshore et du photovoltaïque, analyse Zélie Victor. Il y a des lacunes dans l’éolien terrestre. être encore développé sur les toitures. On attend donc de voir comment ce projet de loi sera consolidé car en l’état, il n’est pas à la hauteur des ambitions sur tous les sujets.

Pour montrer sa bonne volonté et rassembler le plus possible, la Première ministre, Elisabeth Borne, a fait un pas vers les associations écologistes mercredi, en retirant un article controversé du texte de loi. L’article en question – l’article 3 – voulait relever les seuils au-delà desquels les projets devaient être soumis à une étude d’impact environnemental, dans le but d’accélérer les installations éoliennes ou solaires. Les ONG ont estimé qu’elle était juridiquement contestable car elle aurait représenté une dérogation au principe de non régression du droit de l’environnement, entériné par une loi de 2016.

Par ailleurs, les « critères déterminant les futurs seuils de déclenchement d’une évaluation environnementale (rapportés dans les décrets d’application) ne permettent pas d’estimer l’ampleur des conséquences du projet sur la biodiversité », avait alerté le Conseil national de la protection de la nature. (CNPN).

France 24

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