Meurtres à Montréal en 2022 | Le bilan le plus lourd depuis 15 ans

Trente-neuf homicides avaient été commis cette année à Montréal, au 26 décembre. Il faut remonter 15 ans en arrière pour retrouver un bilan encore plus lourd, soit 42 meurtres survenus en 2007.


La moitié des homicides de cette année, 19 sur 39, ont été commis à l’aide d’une arme à feu; c’est la même proportion que l’année dernière.

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Par contre, le commandant des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Jean-Sébastien Caron, souligne qu’il y a eu 14 meurtres par arme à feu avant le 23 août et que ce chiffre est tombé à cinq au cours des quatre derniers mois de l’année.

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PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Jean-Sébastien Caron, commandant des crimes majeurs du SPVM

« Clairement, c’est lié à plusieurs arrestations qui ont eu lieu et à la présence policière qui a beaucoup augmenté. Il n’y a rien de scientifique dans la police, mais quand il y a présence et arrestations, cela envoie quand même le message aux criminels qu’ils sont surveillés », dit M. Caron.

Plus de crime organisé

Au 26 décembre, il y avait 14 motifs de règlement de compte sur 39 homicides, soit plus du tiers.

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Dix de ces règlements de compte sont liés au crime organisé, dont trois aux gangs de rue.

Parmi ces meurtres, soulignons notamment ceux de Stéphane Dupuis, tué en avril alors qu’il attendait devant un lave-auto ; d’un de ses proches, Manuel Légaré, retrouvé mort le 10 octobre dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce et dont l’assassinat était passé inaperçu ; et Sébastien Giroux, un proche du tueur à gages Frédérick Silva abattu en mai.

Les règlements de compte et les dossiers de criminalité organisée, c’est normal que ça prenne du temps. On les regarde et on les analyse, et avec tous les ordres de communication, les téléphones, les ordinateurs, les GPS, c’est long. Vous devez obtenir une autorisation sur autorisation. Ce ne sont pas des cas qui se résolvent rapidement, mais nous savons que nous finirons par le faire.

Jean-Sébastien Caron, commandant des crimes majeurs du SPVM

Selon le commandant Caron, les règlements de compte et les meurtres liés au crime organisé expliquent pourquoi le taux de résolution des meurtres est, pour le moment du moins, de 56 % en 2022.

Une exception à la règle

Le 23 août, en plein jour, un importateur de cocaïne, Maxime Lenoir, est tué dans le stationnement du Centre Rockland. Le trentenaire est visiblement tombé dans un piège, ayant été tué par le passager d’un véhicule à proximité duquel il se trouvait.

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Même s’il s’agit d’un meurtre lié au crime organisé, il n’a fallu qu’un mois aux enquêteurs pour arrêter les suspects, en partie grâce aux nombreuses caméras de surveillance qui leur ont permis de retracer la planification du meurtre et même d’aider à l’organisation de l’évasion. .

« Les caméras sont devenues super utiles pour nous, mais c’est extrêmement exigeant. À Montréal, il y a des caméras. Et pas seulement ceux de la Ville, surtout ceux des citoyens. Il faut prendre rendez-vous avec chaque citoyen, les convaincre de nous remettre les vidéos. Les différents formats et l’analyse de tout ça, c’est des centaines et des centaines d’heures. Cela semble simple, mais c’est assez complexe, toute la logistique du visionnage. Mais cela nous donne de bonnes pistes d’investigation. Les citoyens sont réceptifs la plupart du temps et la résolution des cas d’homicide nécessite une collaboration avec eux. Les citoyens doivent nous donner ce coup de main. Oui, nous savons des choses et nous avons des pouvoirs, mais il n’en demeure pas moins qu’il n’y a jamais rien de mieux que des citoyens qui vont collaborer, qui vont nous parler et donner juste la petite info pour nous mettre au pas », explique le Commandant Charon.

Une grande fierté

De l’année 2022, Jean-Sébastien Caron se souvient notamment des arrestations des suspects du meurtre de Meriem Boundaoui, cette adolescente de 15 ans tuée par une balle perdue alors qu’elle était passagère dans une voiture, dans l’arrondissement de Saint- Léonard, en février 2021.

Major Crimes n’a épargné aucune dépense pour appréhender les suspects; ils ont notamment utilisé des écoutes téléphoniques et un agent infiltré au cours de cette enquête qui a duré 17 mois.

Les victimes

Hommes : 32, dont deux mineurs

Femmes : 7

Les suspects interpellés

Hommes : 22, dont 6 mineurs

Femmes : 2

Source : SPVM

Je lève mon chapeau à nos enquêteurs. Ils sont extrêmement engagés, ils veulent et mettent beaucoup d’heures. Et ce qu’on oublie souvent, c’est la pression qu’ils exercent aussi sur les familles. Les enquêteurs passent beaucoup de temps avec les membres de la famille des victimes, qu’ils accompagnent au tribunal.

Jean-Sébastien Caron, commandant des crimes majeurs du SPVM

Les enquêteurs des crimes majeurs du SPVM ont également le mandat de négocier la reddition des individus désespérés qui se barricadent et constituent un danger pour eux-mêmes ou pour autrui (opérations du Réseau) et d’enquêter sur les vols qualifiés dans les établissements bancaires.

En 2021, ils avaient participé à 23 opérations Filet, contre 11 le 26 décembre 2022, une baisse de 50 % attribuée au déconfinement par le commandant Jean-Sébastien Caron.

Ils ont enquêté sur 17 vols qualifiés dans des institutions financières cette année, contre 6 l’an dernier, soit trois fois plus.

Pour rejoindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, ext. 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La presse.


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