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Minsk élargit le recours possible à la peine de mort, l’opposition se dit « directement » visée

La Biélorussie a introduit la peine de mort pour avoir préparé un attentat ou « tenté d’acte de terrorisme », selon un décret publié mercredi, cité par les agences russes. Des accusations qui visent de nombreux militants de l’opposition, dont son chef en exil. Les États-Unis ont fermement condamné cette décision, affirmant qu’elle risquait de frapper « les militants pro-démocratie et ceux qui s’opposent à la guerre de la Russie en Ukraine ».

La Biélorussie a introduit la peine de mort pour préparation d’attentat ou « tentative d’acte de terrorisme », selon un décret publié mercredi 18 mai, un durcissement qui vise « directement » l’opposition selon son chef en exil et qui a été fermement condamné par Washington .

« Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a signé la loi prévoyant la possibilité de la peine de mort pour une tentative d’acte de terrorisme », selon l’agence russe Ria Novosti, alors que jusqu’à présent seuls ceux qui ont commis un tel acte étaient passibles d’exécution.

Selon l’agence russe Interfax, le texte, publié mercredi en Biélorussie, stipule qu’aucune « préparation ou tentative » de crime n’est passible de la peine de mort sauf pour les personnes qualifiées de « terroristes ».

« Ces mesures sont celles d’un dirigeant autoritaire »

Le portail publiant les textes de loi biélorusses n’était pas accessible mercredi depuis l’étranger, mais selon les agences russes ces nouvelles normes entreront en vigueur dans une dizaine de jours.

« Ces mesures sont celles d’un dirigeant autoritaire qui s’accroche au pouvoir par la peur et l’intimidation », a réagi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué, accusant le président biélorusse Alexandre Loukachenko de « poursuivre sa répression ».

Il a estimé que cela risquait de blesser « les militants pro-démocratie et ceux qui s’opposent à la guerre de la Russie en Ukraine » et a de nouveau appelé à « la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques ».

« C’est une menace directe contre les militants qui s’opposent au dictateur »

Depuis le vaste mouvement de protestation de 2020 contre la réélection de l’autoritaire Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, de nombreux opposants ont été inculpés et arrêtés pour avoir tenté ou préparé un acte de terrorisme.

En mars 2021, le parquet biélorusse avait annoncé que la cheffe de file de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l’exil en 2020 par la répression de la contestation, faisait elle-même l’objet d’une enquête pour « préparation d’acte de terrorisme en bande organisée » , selon l’agence d’État biélorusse Belta.

Elle a réagi sur Twitter à l’expansion des crimes passibles de la peine de mort comme une « menace directe » visant les opposants au régime d’Alexandre Loukachenko et ceux qui s’opposent à l’offensive de la Russie en Ukraine, qui a utilisé le territoire de la Biélorussie pour une partie de ses assauts.

« Le régime illégal a introduit la peine capitale pour les cas de tentative de terrorisme. C’est une menace directe contre les militants qui s’opposent au dictateur et à la guerre », a tweeté Svetlana Tikhanovskaya. « J’appelle la communauté internationale à réagir : sanctionner les parlementaires et utiliser tous les outils pour prévenir les assassinats politiques », a-t-elle ajouté.


La Biélorussie et ses dirigeants font déjà l’objet de nombreuses sanctions occidentales, d’une part à cause de la répression qui y a décimé l’opposition et la société civile, et d’autre part à cause du soutien à l’offensive russe contre l’Ukraine.

Le dernier pays d’Europe

La Biélorussie, ancienne république soviétique alliée à la Russie, est le dernier pays d’Europe qui applique encore la peine de mort. Le pays procède chaque année à plusieurs exécutions, avec une balle tirée dans la nuque du condamné, et qui sont toujours tenues secrètes, les familles n’en étant informées que quelques mois plus tard.

Depuis l’élection présidentielle de 2020, au cours de laquelle Svetlana Tikhanovskaïa a amassé un soutien populaire surprise et mobilisé des foules immenses pour dénoncer un vote truqué par Alexandre Loukachenko, les autorités ont donné un tour de vis considérable, arrêtant des centaines de personnes et forçant la foule à l’exil des leaders de l’opposition. ou de simples démonstrateurs.

De nombreuses figures du mouvement ont été condamnées à de lourdes peines de prison, des ONG et des médias indépendants ont été interdits et accusés d’extrémisme. Un nouveau procès de 12 militants de l’opposition s’est également ouvert mercredi dans la ville de Grodno et leur chef présumé, Nikolai Avtukhovitch, est notamment accusé d’acte de « terrorisme » et de préparation d’un acte de « terrorisme » en bande organisée, selon l’ONG de défense des droits humains Viasna, dont plusieurs membres et son dirigeant sont également en prison.

Selon cette source, les enquêteurs accusent le groupe d’avoir incendié une voiture et la maison d’un policier, puis d’avoir fait exploser la voiture d’un autre.

Avec l’AFP



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