Skip to content
Mont-Saint-Hilaire |  Les habitants craignent que le paysage ne soit gâché

La perspective de voir un nouveau lotissement de 380 logements se construire au pied du mont Saint-Hilaire fait polémique dans la municipalité du même nom.

Posté à 5h00

Mont-Saint-Hilaire |  Les habitants craignent que le paysage ne soit gâché

Isabelle Ducas
La presse

Le développement d’un nouveau quartier sur un terrain de 29 hectares, en zone A-16, à l’intersection des chemins Ozias-Leduc et de la Montagne, signifie la disparition d’un verger et la destruction d’un milieu humide, déplorent des citoyens, qui craignent aussi les problèmes de circulation à venir.

«Ça va gratter le paysage», proteste Pierre Nault, président de l’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire (ACMSH), qui a organisé des rassemblements, participé à des réunions publiques et fait circuler des pétitions pour implorer le conseil municipal de ne pas autoriser les lotissements résidentiels à ce lieu.

Mont-Saint-Hilaire |  Les habitants craignent que le paysage ne soit gâché

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le président de l’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire, Pierre Nault

Mais la municipalité n’a eu d’autre choix que d’autoriser le lotissement résidentiel sur le terrain en question, en raison de deux décisions de justice, explique le maire, Marc-André Guertin.

« Nous n’avons pas accepté cela à la légère, c’était un vote de raison », a déclaré M. Guertin. Nous croyons que nous avons fait le meilleur travail dans les conditions qui nous étaient offertes, et nous croyons que nous avons terminé un chapitre qui a commencé il y a 30 ans et qui se termine après un long travail.

« Nous n’habitons pas Mont-Saint-Hilaire pour favoriser le développement, mais parce que nous aimons les attraits de la région. »

Jugements en faveur des propriétaires

Les terrains de la zone A-16 appartiennent à plusieurs propriétaires, dont certains ont l’intention de les vendre à des promoteurs qui pourront y construire des résidences. Il comprend le verger Sullivan, le spa Strøm, un boisé, un entrepôt de pommes, une pépinière, quelques résidences et des terres en friche.

Pendant plusieurs années, la municipalité a interdit l’aménagement de ces terrains par divers moyens à sa disposition.

Mais en 2019, un groupe de propriétaires a assigné la municipalité en justice pour exiger l’autorisation d’y construire des maisons. Un jugement rendu en 2020, confirmé par la Cour d’appel en 2021, lui donne raison, soulignant que la municipalité avait fait preuve de mauvaise foi dans cette affaire.

Le nouveau maire, élu à l’automne 2021, a donc été pris avec cette « patate chaude ».

Comme le tribunal lui a donné jusqu’en août 2022 pour modifier ses statuts en conséquence, le conseil municipal devait agir rapidement. Lors de la réunion du 6 juin, les élus ont donc adopté un plan particulier d’urbanisme (PPU) du secteur, qui prévoit une densité moyenne de 15 logements à l’hectare.

Les bâtiments les plus hauts auront 3 étages, à certains endroits du développement, et une hauteur maximale de 12 mètres.

Deux boisés situés dans la zone A-16 seront protégés de tout développement. La municipalité souhaite les acquérir pour les rendre accessibles à la population, mais ne dispose pas des fonds nécessaires. Elle a donc lancé une campagne de crowdfunding pour amasser 500 000 $ à cet effet. Depuis le début du mois, un peu plus de 5 000 $ ont été amassés.

Zone de statut spécial

Mais cela ne suffit pas à l’ACMSH, qui aurait souhaité que la Ville demande que le secteur soit désigné zone à statut particulier, pour y limiter le développement.

« Nous avons soumis un document de 60 pages qui démontre la possibilité de faire une telle demande », a déclaré Pierre Nault. La mairie se dit verte, mais elle a peur des deux jugements, et elle a peur des procès. »

Du côté de la Ville, on rétorque qu’une telle démarche prendrait au moins un an, ce qui dépasserait le délai fixé par le tribunal, et que la zone A-16 ne serait de toute façon pas admissible, puisqu’elle ne présente aucune et des caractéristiques environnementales exceptionnelles justifiant un statut particulier.

L’humoriste Marcel Leboeuf est le seul conseiller municipal qui a voté contre le PPU et les autres règlements adoptés. Adepte de l’agriculture urbaine, il se dit très déçu de la tournure des événements.

Il précise que le verger Sullivan, qui est situé dans la zone A-16, est le dernier qui date de l’époque du peintre Ozias Leduc.

« C’est très triste de saboter ces terrains et de vouloir les transformer en condos », déplore-t-il. Un tel gaspillage de territoire, ça me vient profondément. Oui, il faut des maisons et des condos, mais il faut préserver les contreforts pour protéger la montagne. »


canada-lapresse

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.