Skip to content
Nucléaire : la saga sans fin de l’EPR finlandais Olkiluoto 3


Les bonnes choses arrivent à ceux qui attendent. Et, dans le cas de l’EPR finlandais, il a fallu attendre longtemps. Très long. A tel point qu’elle est devenue un sujet de plaisanterie dans les ministères à Helsinki, où l’on se demandait, sur le ton de la plaisanterie, si le réacteur, construit par le consortium Areva-Siemens, finirait un jour par produire de l’électricité. « J’ai été nommé responsable de l’énergie nucléaire au ministère de l’Industrie en 2005. Le chantier venait de commencer et on m’a annoncé que OL3 serait inauguré quatre ans plus tard »déclare Riku Huttunen, aujourd’hui directeur général du département de l’énergie au ministère de l’Économie.

On imagine donc le soulagement qui accueillit ce moment, le 30 septembre, lorsque, pour la première fois, ses immenses turbines se mirent à tourner à plein régime. En quelques jours, OL3 est devenu le réacteur le plus puissant d’Europe et le troisième du monde, derrière ses homologues chinois de Taishan, avec une capacité de production de 1 650 mégawatts (MW), soit 14 % de la consommation finlandaise.

Mais ça y est : depuis la mi-octobre, il est de nouveau à l’arrêt et sa mise en service commerciale, annoncée pour début décembre, a été repoussée. Selon l’opérateur Teollisuuden Voima Oyj (TVO), « des dommages ont été détectés dans les composants internes des pompes d’eau alimentaire, situées sur l’îlot de turbine, lors de travaux de maintenance et d’inspection ». Il est « fissures de plusieurs centimètres de long »dont l’origine est pour l’instant inconnue, précise TVO, dans un communiqué publié le 27 octobre.

Nucléaire : la saga sans fin de l’EPR finlandais Olkiluoto 3

Sur la péninsule d’Olkiluoto, à 270 kilomètres au nord-ouest d’Helsinki, pas question pourtant de se décourager. A l’entrée du site, une phrase en anglais accueille le visiteur : « Nous l’avons fait! » ( » nous l’avons fait ! « ). La banderole a été déroulée sur le portail de sécurité le 12 mars, lorsque le réacteur a enfin pu être raccordé au réseau électrique finlandais. Trois mots qui expriment la satisfaction de voir cet immense chantier aux allures de gouffre financier s’achever enfin avec treize ans de retard.

Représailles

D’autant plus que le timing ne pouvait guère mieux tomber. Dans la nuit du 13 au 14 mai, la Russie a coupé ses exportations d’électricité vers la Finlande, privant ses 5,5 millions d’habitants d’environ 1 000 MW, soit 10 % de leur consommation. Une mesure de rétorsion contre le pays nordique, qui partage 1 340 kilomètres de frontières avec son immense voisin russe, et qui a décidé au printemps de rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), après que la Russie a envahi l’Ukraine.

Il vous reste 74,66% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.


zimonews Fr2En2Fr

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.