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Obstacles autour de la COP15 |  Entreprises enclavées pour le meilleur ou pour le pire

Barrières de sécurité, forte présence policière, entraves, manifestations : l’arrivée de la COP15, qui se tiendra du 7 au 19 décembre à Montréal, oblige de nombreux commerçants à se préparer au pire. Au coeur du périmètre, un centre de la petite enfance (CPE) ne cache pas ses soucis pour la sécurité des enfants, dont l’aire de jeux pourrait bien se retrouver au coeur de l’action.


« Nous sommes tous inquiets. C’est quand même majeur, ce qui s’en vient », indique Sylvie Chabot, directrice générale du CPE Le Petit Palais. Elle passe des appels ces jours-ci pour la sécurité autour de ses locaux. « Mon mandat est d’assurer la santé et la sécurité des enfants », glisse-t-elle.

Voisin du Palais des Congrès, rue Viger, l’établissement accueille chaque jour des dizaines d’enfants. Avec l’arrivée de la COP15, des milliers de délégués, mais surtout des manifestations possibles, Mmoi Chabot dit avoir été contactée au cours des derniers jours par plusieurs parents inquiets.

Obstacles autour de la COP15 |  Entreprises enclavées pour le meilleur ou pour le pire

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

La cour de récréation du CPE Le Petit Palais, à côté du Palais des Congrès qui accueillera la COP15

Rencontrée lundi dans ses locaux, la gérante attendait juste une rencontre avec la police à ce sujet. Son groupe a notamment sollicité l’aide du ministère de la Famille dans ses démarches. « Ma principale demande est d’avoir un plan d’évacuation, qui est actuellement au Palais des Congrès. Sauf que là, on n’y aura pas accès. C’est un défi pour nous », dit-elle.

On apprend tout petit à petit, on ne sait pas encore quelle sera l’ampleur. […] Si on avait eu un plan deux mois avant, le temps que les gens s’organisent, on aurait peut-être eu le temps de trouver des locaux provisoires.

Sylvie Chabot, directrice du CPE Le Petit Palais

Plusieurs obstacles sont prévus dans les prochaines semaines. De grandes clôtures couperont une voie de circulation dans chacune des rues entourant le lieu de rencontre, dont les axes Viger, Saint-Urbain, Saint-Antoine, ainsi que la place Jean-Paul-Riopelle. La station de métro Place-d’Armes sera également fermée du 1euh au 20 décembre « pour des raisons de sécurité ». Des manifestations anticapitalistes et écologistes sont prévues entre le 7 et le 10 décembre. Des milliers d’étudiants se sont donné un mandat de grève, jugeant que les COP « visent à nous faire croire que nos élus ont la main sur le volant, alors qu’ils ne font rien ». effort ».

Un congrès, deux réalités

Au coin des rues Saint-Antoine et Saint-Urbain, le propriétaire du restaurant La Popessa, Michel Bourdages, craint d’avoir « beaucoup moins de clients » pendant la COP15. « C’est un mois sans clients pour nous. Les membres du Congrès, je ne pense pas qu’ils vont venir ici. Nous faisons partie du Palais des Congrès, mais nous ne sommes même pas annoncés à l’intérieur. Les gens ne nous voient pas, ne savent pas que nous existons », poursuit l’homme d’affaires, alors même qu’un gendarme de la Gendarmerie royale du Canada se gare devant son commerce.

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PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Michel Bourdages, propriétaire du restaurant La Popessa au coin des rues Saint-Antoine et Saint-Urbain, craint de perdre beaucoup de clients.

Je ne sais pas si nous pourrons nous en sortir.

Michel Bourdages, propriétaire du restaurant La Popessa

Depuis lundi, la police lui demande de fermer l’accès à son commerce de la rue Saint-Antoine, par mesure de sécurité. « On aurait aimé avoir un peu plus d’accès, que la rue Saint-Antoine soit ouverte au moins pour les délégués, mais pas pour les automobilistes », soupire M. Bourdages, qui se dit le grand perdant du congrès.

Sa réalité contraste avec celle du Kyo, un bar japonais moderne qui, au contraire, prévoit d’être « plus fréquenté pendant la COP15 », confie son gérant, Édouard Guilmette. « Le Palais des congrès sera assez rempli, et cela se déroulera en journée, donc on s’attend à plus d’achalandage, notamment de la part des congressistes », dit-il.

« Nous sommes le seul restaurant japonais du Vieux-Montréal. C’est haut de gamme, mais ce n’est pas trop cher, donc ça aide bien sûr. Pour le reste, on a beaucoup plus de touristes, mais toujours aussi beaucoup d’habitués qui viennent en voiture », poursuit-il.

L’hôtel « prêt à toute éventualité »

Non loin de là, le directeur général de l’hôtel InterContinental, Martin Leclerc, affirme avoir participé « activement » aux discussions concernant la sécurité lors de la COP15. « Ça va être très chargé ici, la grande majorité étant liée à la COP15. Cela dit, nous restons également ouverts pour nos clients et les personnes qui souhaitent continuer à voyager », précise le responsable.

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PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Martin Leclerc, directeur général de l’hôtel InterContinental

« Nous avons des plans d’urgence en place, mais ce n’est pas nouveau pour nous. Ces plans existent pour nous 365 jours par an, 24 heures sur 24. Ce n’est pas la première fois que nous aurions potentiellement des contingences à activer. Nous sommes prêts à toute éventualité », ajoute-t-il, évoquant les débordements qui pourraient survenir lors des manifestations.

Aux autorités, M. Leclerc assure également offrir son entière collaboration lors du congrès. « Nous sommes ravis d’avoir cette conférence en novembre et décembre alors qu’en général, c’est une période qui est plus lente », conclut-il à ce sujet.

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PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

La COP15 se tiendra du 7 au 19 décembre, mais la transformation temporaire des abords du Palais des Congrès a déjà commencé.

Une idée des dépenses pour le SPVM

Il n’y a pas que les délégués qui séjourneront en masse dans les hôtels de Montréal pendant la COP15. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dépense en effet des sommes considérables ces temps-ci pour loger ses patrouilleurs, mais aussi pour louer des espaces et des véhicules.

Pendant toute la durée du congrès, la police de Montréal prévoit louer une vingtaine de chambres dans un hôtel du centre-ville, afin d’y loger ses troupes et de tenir des « activités policières ». Le SPVM déboursera près de 84 000 $ pour cette seule première dépense.

Une somme de 100 000 dollars ira également à la location pendant deux semaines d’une grande salle commune pour y tenir « des repas de groupe, des rassemblements », mais aussi pour offrir du repos aux policiers et pour entreposer du matériel.

Ces contrats publics, consultables en ligne, montrent également que la police de Montréal prévoit dépenser environ 80 000 $ en « locations de casiers temporaires », en plus d’environ 68 000 $ pour obtenir des véhicules supplémentaires entre le 25 novembre et le 21 décembre prochain. Quatre minibus, pouvant accueillir plus de vingt passagers chacun, seront également loués par la police.

Environ 50 000 $ serviront également à « l’installation et le retrait » d’un poste temporaire du SPVM au centre-ville, qui sera situé à proximité du Palais des Congrès, lieu des nombreuses rencontres qui se tiendront lors de la COP15. Note : des frais de 25 000 $ seront également encourus en raison de l’acquisition d’un drone spécialisé pour effectuer une surveillance aérienne constante.

Toutes ces dépenses excluent évidemment les autres coûts substantiels déjà générés par la COP15 pour le SPVM, notamment en termes de formation de ses employés, de personnel supplémentaire et de sécurité accrue au centre-ville.

Avec la collaboration de William Leclerc, La presse


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