On a écouté « The Tortured Poets Department » de Taylor Swift, un album intimiste aux influences pop et folk

« The Tortured Poets Department » combine le folk intime de « Folklore » et « Evermore » avec la synthpop pailletée de « Midnights » pour créer une musique à la fois ambitieuse et embrasse son côté chaotique.

France Télévisions – Culture Edito

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La couverture du double album

La reine de la pop Taylor Swift a sorti vendredi 19 avril un nouvel album, le onzième opus très attendu par ses fans. Ces derniers n’étaient pas au bout de leurs surprises puisque le chanteur a annoncé, vers 2 heures du matin (heure américaine), que ce onzième opus était un double album, il y aura donc 31 chansons au lieu des 16 initialement prévues.

Pour Taylor Swift, la meilleure arme est son stylo. Pour une artiste qui n’a jamais vraiment renoncé à sa réputation de compositrice, c’est à travers cette plume qu’elle plonge ses fans dans une intimité émotionnelle dans Le département des poètes torturés. Entre des paroles débordantes de détails et une histoire de rupture teintée de fiction, voici les quatre choses à retenir de cet album.

Son premier album de rupture depuis plus de 10 ans

Seriez-vous surpris d’apprendre (ou de vous rappeler) que Taylor Swift n’a pas sorti d’album de rupture depuis son Rouge en 2012 ? Tout comme son prédécesseur, Les départements des poètes torturés a pour thème central la fin d’une romance. L’album, dont le son s’inspire du côté électronique sombre de Minuits, l’album de la chanteuse sorti en 2022 pour lequel elle a remporté un Grammy, retrace le parcours d’une relation avec un amant qui a apporté « chaos » Et « réjouissances » dans la vie d’une femme qui cherche à préserver sa réputation. Au-delà de la rupture, l’album se révèle en réalité plus complexe et intime, comme le reflet des doutes de la chanteuse et compositrice et de sa vie médiatisée. Comme l’explique Taylor Swift dans une publication Instagram, l’album reflète «  les événements, opinions et sentiments d’un moment éphémère et fataliste, à la fois sensationnel et douloureux« . Elle précise que « cette période de la vie de l’auteur est désormais terminée, le chapitre est clos et clos » Et « Il n’y a rien à venger, aucun compte à régler une fois les blessures guéries« .

Des paroles concises et chargées

Conformément au titre de l’album (que l’on peut traduire par Le cercle des poètes torturés), Taylor Swift est ici dans sa forme polysyllabique la plus percutante. Dans une année où la musique pop a été critiquée pour son manque de sophistication lyrique, Taylor Swift se hissera au palmarès avec des mots comme « rivets » Et « litanie« (que l’on peut traduire par « petit cours d’eau » Et « litanie« ), pendant qu’elle se moque d’elle-même « pétulance adolescente« . Sa capacité à transmettre son texte est toujours aussi convaincante. La chanteuse propose une histoire concise et chargée. Les chansons s’inscrivent dans un style de narration. Folklore, son album sorti en 2020, mais au lieu de personnages fictifs comme dans ce dernier, elle se consacre à ses exorcismes profondément personnels.

Chansons autobiographiques

Dans Le Département des Poètes Torturés, la chanteuse s’appuie sur une caractéristique essentielle de son écriture : l’autobiographie. Les chansons de l’album pourraient très bien être interprétées comme des extraits autobiographiques de cette époque. La première chanson, Quinze jours (feat Post Malone), semble faire allusion à sa romance avec Matty Healy, chanteur du groupe américain 1975, tandis que Au revoir, Londres (sur lequel la chanteuse dit qu’elle est « en colère que tu m’aies laissé te donner toute cette jeunesse« ) semble rappeler la fin des choses avec Joe Alwyn. Beaucoup de ces chansons sont celles d’une Taylor adulte, à nouveau célibataire, qui revisite sa vie amoureuse, comme elle le faisait dans ses premiers albums, mais d’un point de vue nouveau. donc un dialogue entre son âme d’adolescente et son âme d’adulte. Mais papa, je l’aime est une mise à jour de son hit sorti en 2008 histoire d’amouravec un Roméo et Juliette légèrement plus âgés.

Des mélodies à la fois douces et fortes

La synthpop chaleureuse de Minuits est le point de référence le plus proche, mais cet album a été proprement orchestré, alors que Le département des poètes torturés veut s’enfoncer dans la boue avec des dissonances douces et fortes et une tracklist tentaculaire (31 chansons au total). En fait, l’album dialogue avec l’ensemble de son catalogue musical depuis le début de sa carrière – un refrain country-pop par-ci, un conte folk par-là – tout en prenant le temps d’explorer l’inconnu.

Polyvalent et porteur d’une nouvelle fraîcheur, le disque n’est pas ce que l’on pourrait attendre d’un artiste dans la position de Taylor Swift. L’album a été coproduit par Jack Antonoff, qui a notamment travaillé avec Taylor Swift sur 1989 Et Minuits et Aaron Dessner du groupe folk américain The National. Ce dernier ayant entamé une collaboration régulière avec le chanteur depuis 2020, a une présence bien plus marquée que sur Minuits, où il n’avait laissé son empreinte que sur quelques chansons. Il reste donc à ce onzième album un goût singulier : les productions scintillantes d’Antonoff sont teintées d’une certaine mélancolie propre à Dessner. Le choix d’en faire un double album prend tout son sens, au regard des deux identités qui le confrontent : une pop scintillante sublimée par des touches folk plus minimalistes, laissant résonner le plus clairement possible la voix de Swift.