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Paolo Gentiloni : « Je ne crains pas une dictature de droite en Italie, la démocratie est forte »

Pour cet entretien au Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles, Caroline de Camaret reçoit le commissaire en charge de l’Economie, ancien président du Conseil italien, sous l’étiquette du Parti démocrate, Paolo Gentiloni.

Au niveau européen, son pronostic économique est pessimiste. Selon lui, il y a une bonne croissance à la fin de l’été, mais « il est possible qu’une récession vienne en Europe en fin d’année, dès le dernier trimestre : cela dépend beaucoup de l’énergie ». Celui qui était ministre des Affaires étrangères de l’Italie en 2014, lorsque la Crimée a été envahie, estime que les 27 sont cette fois incroyablement unis sur les sanctions, et vite : « le 8e paquet de sanctions concerne plus de 100 personnes et entités russes, il restreint encore plus le commerce, notamment l’acier, et plafonne le prix du pétrole russe, en accord avec le G7.On arrivera à un plafonnement du prix du gaz, au moins pour les Russes.C’est plus compliqué pour le gaz naturel liquéfié, norvégien et algérien, pour lequel d’autres mécanismes sont nécessaires.

Au sujet du Royaume-Uni et de la chute de la livre, après la décision de la Première ministre, Liz Truss, d’exonérer les entrepreneurs de certaines taxes, le commissaire Gentiloni livre son analyse : « il faut comprendre la leçon des marchés, ils peuvent réagir rapidement à cause de choix faits dans la mauvaise direction. La situation a changé en quatre jours au Royaume-Uni. C’est une leçon pour tous les Européens. Il faut être prudent et sérieux. »

« Je vais essayer d’avoir une attitude européenne pour mon pays »

Sur l’élection du gouvernement d’après-guerre le plus à droite d’Italie, il veut penser qu’il s’inscrira dans une continuité européenne : « L’Italie est un système démocratique fort avec des freins et contrepoids du parlement, du président (… ) Je n’ai pas peur qu’une dictature de droite s’installe, mais on jugera sur les faits, pas sur les discours, sur l’attitude vis-à-vis de l’Europe et du plan de relance ». Une enveloppe qui contient encore 140 milliards d’euros pour l’Italie a été négociée, assortie d’objectifs. Le commissaire mentionne l’article 21 des Traités : « face à des circonstances modifiées objectives, les pays peuvent changer quelques points. Et effectivement, on peut argumenter de l’inflation de composants industriels introuvables, mais on ne changera pas les textes signé par le tout avec un nouveau gouvernement. »

Concernant la situation économique en Italie, alors que le gouvernement Draghi a réussi à réduire la dette et à limiter le déficit, avec une croissance économique qui n’est pas négative, il affirme que « cette ligne de responsabilité doit se poursuivre ». La coalition de droite qui a remporté les élections a déclaré qu’il voulait continuer sur cette voie. »

Enfin, sur son rôle de commissaire, face à un gouvernement italien qui pourrait porter atteinte aux libertés de son pays et donc aux valeurs européennes, Paolo Gentiloni confie : « Je sais que ce ne sera pas facile, mais je vais essayer d’avoir, pour mon pays, un Attitude européenne. En tant que commissaire, j’ai juré de défendre les intérêts de l’Union européenne, ses valeurs et l’État de droit. Bien sûr, j’aime mon pays, mais je suis commissaire européen. »

Programme préparé par Isabelle Romero, Sophie Samaille et Perrine Desplats

France 24 Europe

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