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Parti Québécois |  Une nouvelle génération aux manettes

Malgré une défaite historique le 3 octobre dernier, le Parti québécois (PQ) aborde la prochaine session parlementaire avec une confiance renouvelée. Le plus récent sondage Léger place le parti au deuxième rang en termes d’intentions de vote. Alors que le PQ, souvent associé aux baby-boomers, est aux commandes en permanence, le leadership est désormais assumé par les générations X et Y. Cette équipe renouvelée est plus que jamais convaincue qu’en embrassant sa cause – l’indépendance – elle poursuivra cette croissance. . Comment vont-ils le faire?


La fierté retrouvée

Parti Québécois |  Une nouvelle génération aux manettes

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Jocelyn Caron, président du Conseil exécutif national, avec, en arrière-plan, Nando Pastorino, responsable des comités

La presse rencontré des membres du conseil exécutif national du Parti québécois au siège du parti à Montréal. Ils ont radiographié la dernière chute politique, puis ont mis cartes sur table leurs espoirs et leurs projets pour les mois à venir.

Votre parti n’a réussi à faire élire que trois députés au Parlement. Malgré ce revers, le PQ semble avoir pour la première fois depuis longtemps un vent soufflant du côté droit. Comment expliquez-vous celà ?

Jocelyne Caron : Ce que nous avons fait depuis la refondation du parti, en 2019, c’est que nous avons pris acte des améliorations que nous devions apporter. Nous avons refondé le parti, nous avons rendu nos façons de faire campagne plus agréables et nous avons adopté un énoncé de principe simple et clair qui assume qui nous sommes sans tourner autour du pot. Nous sommes des souverainistes. C’est notre idée fondamentale. C’est ce qui nous unit.

Catherine Gentilcore : Moi, je viens d’une famille qui n’est pas du tout militante. Je n’avais jamais fait campagne pour le PQ. Mais quand j’ai vu ce nouveau gang apparaître dans le parti, puis l’élection de Paul St-Pierre Plamondon comme chef, je me suis dit si je ne m’implique pas maintenant, quand vais-je le faire ? Tous les préjugés qu’on peut avoir par rapport au PQ, que c’est un parti vieillissant, je les ai eus. Mais c’est tout le contraire. C’est une fête [intergénérationnel]dynamiques, des gens qui ont des convictions.

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Jerry Beaudoin, agent d’organisation du Conseil exécutif national

Jerry Beaudoin : Nous plaçons nos militants au centre de l’action. Je pense que ceux qui nous rejoignent sentent une main tendue. Que nous ne sommes pas ici pour avoir le pouvoir [à tout prix] ni pour jouer à de petits jeux politiques.

Nous sommes vraiment ici pour travailler sur le projet d’indépendance du Québec. Paul St-Pierre Plamondon le met en lumière.

Nando Pastorino : Au début de la campagne électorale, Paul a dit que nous serions l’équipe de Cendrillon. Nous en avons la preuve. Nous sommes deuxièmes. Nous sommes partis derniers et nous sommes deuxièmes ! C’est pourtant une consécration.

Jocelyne Caron : Pour comprendre pourquoi nous pensons que les choses vont bien, nous devons voir d’où nous sommes partis. Cependant, il y a eu des moments ces dernières années où ce n’était pas facile. Mais nous avons toujours eu confiance dans le parti que les gens prêteraient attention à nos idées après COVID.

Catherine Gentilcore : C’est ce que nous espérions du fond du cœur et cela se produit. Pour nous, il y a là une victoire.

Jocelyne Caron : Je donne un exemple : l’abolition du serment au roi. Un des arguments qu’on nous a dit était que René Lévesque l’avait fait. Jacques Parizeau l’avait fait. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait ? Notre réponse était simple : parce que c’est ce que nous pensons. Au final, toute l’architecture du mensonge qui était autour de ce serment s’est effondrée lorsque nous avons refusé de jouer à ce jeu.

Après des années noires, où le parti a dû revoir toutes ses façons de faire, comment définissez-vous, en 2023, ce qu’est un PQ ?

Jean-Sébastien Marchand : Un militant du Parti Québécois, c’est quelqu’un de résolument indépendantiste et qui gravite autour de quelque chose comme la social-démocratie. Peu importe votre origine, votre région, votre façon de penser, si vous y croyez, vous avez votre place.

Nando Pastorino : Je pense qu’il y a beaucoup de députés péquistes qui s’ignorent.

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Catherine Gentilcore, vice-présidente nationale

Catherine Gentilcore : Une des raisons pour lesquelles j’ai voulu m’impliquer, c’est que j’ai rencontré des gens de divers horizons dans le secteur privé et j’ai réalisé qu’il y avait des membres du PQ partout. On finit par se reconnaître et parler, mais on a tous dit ça du coin de la bouche.

Je suis souverainiste, mais ne le dites pas trop fort. À un moment donné, je faisais ça aussi et j’en ai eu marre. J’ai décidé de donner l’exemple en me disant que ce n’est pas vrai que je vais me cacher. J’espère influencer et encourager les gens de mon âge à le reprendre.

Jocelyne Caron : Il y a un an ou deux, avec tout ce qui se disait dans la société sur notre parti, il m’arrivait déjà de me moquer de moi. Là, il n’y a plus personne qui se moque de moi. Paul St-Pierre Plamondon a redonné la fierté au PQ. Nous pouvons construire. Nous aurons des surplus. Ça veut dire qu’on va développer des choses. Nous ne sommes plus en mode défensif, nous sommes en mode offensif.

Jean-Sébastien Marchand : On partait de très loin. De 9 à 10% d’intentions de vote l’été dernier, nous avons terminé la campagne avec 15%. En ce moment, on est mesuré à 18 % dans le dernier sondage Léger. [publié en décembre].

Comment comptez-vous soutenir les trois députés péquistes au Parlement depuis le quartier général du parti à Montréal? Quel est votre rôle pour les prochains mois ?

Jocelyne Caron : Il est certain que nous allons créer une cellule ici pour faire de la recherche, puisque l’équipe [parlementaire à Québec] dispose de moins de ressources. Nous allons mettre beaucoup l’accent sur les communications.

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Véronique Lecours, conseillère au Conseil exécutif national

Véronique Lecours : Plusieurs anciens candidats, comme moi, qui n’ont pas gagné leur élection, continuent d’alimenter leur page politique. Les gens réagissent. Nous poursuivrons le travail de circulation des positions du parti.

Jocelyne Caron : Pendant les vacances, j’ai acheté les archives d’une personne qui vendait sur Internet plein de documents historiques du Parti Québécois. Il y en avait plus de 200. Ce que j’ai remarqué, c’est que nous étions autrefois une usine à contenu. Le PQ avait sa propre maison d’édition ! J’ai pris le programme de 1994 et il fait 300 pages. Jacques Parizeau était une machine. Donc je ne dis pas que nous allons [lancer une maison d’édition], mais nous allons le faire, content. Et la contribution des membres est fondamentale. Nous sous-estimons à quel point ils ont une expertise super intéressante. Quand on leur dit qu’on a besoin de leurs compétences, ils lèvent la main.

Avez-vous l’impression que l’ardoise est maintenant payée par le Parti québécois avec la population?

Jocelyne Caron : C’est une excellente question. Les gens sont moins attachés aujourd’hui aux préférences partisanes qui les définissent au-delà de tout. Il y a une offre politique devant eux et ils choisissent en fonction de ce qui est là, maintenant. Dans ce contexte, je pense qu’une grande partie de l’ardoise a été effacée. Mais vous n’êtes pas non plus obligé de tout effacer.

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PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Véronique Lecours, conseillère à l’exécutif national, Catherine Gentilcore, vice-présidente nationale, Jerry Beaudoin, chef de l’organisation au conseil exécutif national, Jean-Sébastien Marchand, directeur général du parti, Jocelyn Caron, président du conseil exécutif national, et Nando Pastorino, chef des comités d’affinité au Conseil exécutif national

Catherine Gentilcore : Les gens pardonnent, mais n’oublient pas. C’est tout à fait correct comme ça. Par contre, on sent qu’il y a une nouvelle oreille tendue. Avant, les gens ne voyaient plus l’avenir avec notre parti. Là, ils le voient.

Jocelyne Caron : Avant l’arrivée du nouveau chef, c’est vrai qu’on s’est posé la question si on mettait le nom du parti sur la table. Mais la réponse était non. Nous n’avons pas le droit de rompre complètement les liens avec le passé et les générations qui nous ont légué une institution qui a changé le Québec.

Jean-Sébastien Marchand : Les êtres humains comparent. Ils compareront horizontalement entre les différents partis, verticalement entre le parti d’aujourd’hui et celui d’une autre époque. Je dis : regardez-nous partir. Choisissez au mérite. Comparez-vous et nous n’avons pas peur de cela.

Les déclarations ont été abrégées et condensées par souci de brièveté.

Qui sont-ils ?

Jocelyn Caron, président du Conseil exécutif national

  • 40 ans
  • Gestionnaire dans le réseau du système professionnel québécois

Jean-Sébastien Marchand, directeur général du parti

  • 35 ans
  • A travaillé comme chercheur

Catherine Gentilcore, vice-présidente du conseil exécutif national

  • 37 ans
  • Directrice des communications chez C2 Montréal

Nando Pastorino, responsable des commissions du Conseil exécutif national

  • 27 ans
  • travailleur de l’assurance

Jerry Beaudoin, agent d’organisation du Conseil exécutif national

  • 40 ans
  • Conseiller pédagogique dans le secteur de l’éducation

Véronique Lecours, conseillère au Conseil exécutif national

  • 47 ans
  • Enseignant d’école primaire

Entrevue avec l’ancienne première ministre Pauline Marois : « Les militants peuvent faire des miracles »

Parti Québécois |  Une nouvelle génération aux manettes

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Pauline Marois, accompagnée lors de la dernière campagne du chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon

L’ancienne première ministre et ancienne chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, en est convaincue : « Les militants peuvent faire des miracles. Elle compte sur eux et sur la relève qui a pris la tête du parti pour occuper le terrain de façon « massive » dans les mois à venir, alors que Paul St-Pierre Plamondon et ses deux autres collègues députés siégeront à la Assemblée nationale.

En entretien avec La presseMmoi Marois a analysé l’évolution récente du parti qu’elle a dirigé de 2007 à 2014. Les années qui ont suivi sa défaite face aux libéraux de Philippe Couillard ont été difficiles pour le PQ.

En 2014, lorsqu’il a perdu le pouvoir, le PQ avait gagné l’appui de 25 % des électeurs et 30 sièges au Parlement. Il a ensuite perdu le titre d’opposition officielle en 2018, sous la houlette de Jean-François Lisée, recueillant 17 % de voix et seulement 10 sièges. Lors du dernier scrutin, le 3 octobre, Paul St-Pierre Plamondon n’a fait élire que trois députés, dont lui-même, et a obtenu 14,6 % d’appui populaire. Même si la dégringolade s’est poursuivie, ce score en 2022 est supérieur en termes de voix à celui des libéraux, qui forment l’opposition officielle avec 21 élus.

Le soir des élections, ma réaction a été de dire ouf, on s’est échappé de justesse. Nous n’avons que trois députés, mais nous avons quand même un pourcentage intéressant.

Pauline Marois, ancienne première ministre et ancienne chef du Parti québécois

« Assez bien réparti malgré tout. En ce sens, l’épreuve est un peu derrière nous. Cela ne veut pas dire qu’elle est complètement derrière nous, mais c’est de retour dans la bonne direction », a déclaré Mmoi Marois.

« Paul St-Pierre Plamondon est resté constant du début à la fin. Il a gardé le même message, qui concernait le pays. En gros, il est revenu à la base, sur ce qu’on avait construit comme parti au début des années 1970 », a-t-elle ajouté.

Un nouveau départ

L’ancien premier ministre, qui refuse de jouer au « beau-père » (clin d’œil à la vieille expression qui appelait « belles-mères » les ex-chefs péquistes qui parlaient des orientations de leur parti, même s’ils ne le dirigeaient plus) , affirme que le PQ a tourné la page en accueillant de nouveaux militants, dont la présence opère une transition générationnelle entre ceux qui ont créé le parti et ceux qui incarnent l’avenir.

C’est quand même fascinant qu’autant de jeunes veuillent prendre la relève. Quand on nous dit que c’est un parti moribond, ou que c’est le parti d’une génération, je trouve qu’on a la meilleure preuve du contraire en voyant tant de jeunes qui se joignent au parti.

Pauline Marois

Selon elle, la question de la souveraineté est toujours prometteuse, car les jeunes sont toujours en quête d’idéaux.

« Il n’y a pas de plus grand idéal pour un peuple que de choisir sa liberté. Je crois que les jeunes veulent croire en quelque chose de plus grand qu’eux. Cela leur a donné envie d’être actifs. Nous avons encore obtenu 15% des voix, quand nous sommes partis avec 5%. C’est fascinant », a conclu M.moi Marois.


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