Skip to content
Peines minimales et infractions relatives aux armes à feu |  Trudeau accuse les conservateurs de sombrer dans la « désinformation »

(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau accuse les députés conservateurs de tomber dans la « désinformation » lorsqu’ils affirment que la suppression des peines minimales obligatoires dans le projet de loi C-5 allégerait les peines pour les personnes qui commettent des crimes avec une arme à feu.

Publié à 16h28

Peines minimales et infractions relatives aux armes à feu |  Trudeau accuse les conservateurs de sombrer dans la « désinformation »

Joël-Denis Bellavance
La presse

Dans une série d’échanges houleux à la Chambre des communes mercredi, jour où le premier ministre répond à toutes les questions posées par les partis d’opposition, M. Trudeau a affirmé que cette réforme « n’empêche pas les policiers de porter des accusations ou les procureurs de chercher condamnations ».

«Ce qu’elle fait, c’est s’assurer que les criminels sont punis sévèrement tout en réduisant la surreprésentation des Canadiens noirs et autochtones dans le système de justice pénale. C’est l’approche responsable pour assurer la sécurité des communautés, contrairement à l’approche ratée des conservateurs au cours des années passées », a-t-il ajouté.

Auparavant, Justin Trudeau avait affirmé : « Les conservateurs doivent mettre fin à la désinformation. »

Le premier ministre a utilisé cette ligne à quelques reprises mercredi, tant en français qu’en anglais.

« Un criminel est un criminel, quelle que soit sa race », a rétorqué le député conservateur Pierre Paul-Hus. « Le Premier ministre sait-il que 90 % des victimes en 2021 sont issues des communautés des criminels qui ont fait rage ? Que vous soyez blanc, noir ou autochtone, peu importe. L’utilisation illégale d’une arme à feu mérite d’être punie », a-t-il déclaré.

Il a de nouveau demandé au gouvernement Trudeau de supprimer les clauses du projet de loi C-5 traitant des crimes commis avec une arme.

L’abolition des peines minimales pour certains crimes fait partie du projet de loi C-5 dirigé par le ministre de la Justice David Lametti qui vise à modifier le Code criminel et la Loi réglementant certaines drogues et autres substances

Entre autres choses, le projet de loi abolirait les peines minimales et permettrait ainsi à un juge d’exercer son pouvoir discrétionnaire d’imposer des peines liées à la nature d’une affaire, en tenant compte notamment de l’expérience de la personne en matière de racisme systémique et du risque qu’elle pose pour la sécurité publique.

Le projet de loi ouvrirait la porte à un plus grand recours aux peines avec sursis, y compris la détention à domicile, la thérapie ou le traitement, pour les personnes qui ne constituent pas une menace pour la sécurité publique.

Mais selon le Parti conservateur, cette réforme ratisse trop large. Surtout, il envoie un très mauvais message aux membres des gangs de rue qui sévissent dans les rues de Montréal et de sa banlieue depuis plusieurs mois.

De nombreux témoins qui ont comparu devant le Comité de la justice de la Chambre des communes au cours des dernières semaines ont souligné certaines des lacunes de ce projet de loi.

Le directeur du Service de police de Laval, Pierre Brochet, qui est également président de l’Association des directeurs de police du Québec, fait partie de ceux qui ont émis des réserves.

« Nous envoyons un très mauvais message en réduisant les peines pour ces crimes. La suppression des peines minimales obligatoires fera en sorte que les criminels très violents s’en tireront avec des peines moins sévères. Ces gens qui sont prêts à le faire sont fortement criminalisés. Nous sommes peut-être idéalistes, mais ils ne s’arrêteront pas à leur sortie de prison », a-t-il soutenu la semaine dernière.

Des organisations citoyennes ont aussi récemment monté les barricades. « Le projet de loi C-5 est en parfaite dichotomie avec le contexte social de la violence armée », a déclaré Stéphane Wall, policier à la retraite de Montréal et l’un des porte-parole de la Communauté des citoyens en action. Contre les criminels violents (CCACV).

Depuis le début de l’année, le Service de police de Montréal rapporte qu’un événement impliquant une arme à feu a lieu tous les deux jours.


canada-lapresse

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.