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Plus de temps d’écran pour les adolescents, dont beaucoup en ont marre

Une étude suggère que la majorité des adolescents montréalais ont beaucoup augmenté leur temps d’écran au printemps 2021, en plein confinement. Pourtant, ils sont nombreux à se dire « ennuyés » des écrans, alors que leur utilisation intensive est associée à moins de bien-être et moins de motivation.

Posté à 12h00

Plus de temps d’écran pour les adolescents, dont beaucoup en ont marre

Frédérik-Xavier Duhamel
La presse

L’étude de la Direction régionale de santé publique (DRSP) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal porte sur 725 adolescents de 13 à 17 ans interrogés entre les mois d’avril et de mai 2021, « un période de confinement de la pandémie de COVID-19″ marquée notamment par le premier couvre-feu et la troisième vague d’infections.

Elle révèle que 7 jeunes répondants montréalais sur 10 disent avoir fortement augmenté au moins un type d’utilisation d’écran, comme regarder des vidéos, utiliser les médias sociaux ou jouer à des jeux vidéo.

« Nous ne sommes pas surpris de l’augmentation, car tout était fermé pour les jeunes », a déclaré Jean-François Biron, chercheur à la DRSP et auteur principal de l’étude. « Leurs espaces de socialisation, leurs espaces de loisirs ont été inaccessibles pendant une période assez prolongée. »

Et ils sont nombreux à être mal à l’aise face à cette situation, alors que 39% d’entre eux disent s’ennuyer parfois ou souvent des écrans. Près de la moitié (45 %) des répondants affirment que leur utilisation de l’écran a « parfois ou souvent perturbé leur sommeil » et 37 % pensent que cela a perturbé leur travail ou leurs performances scolaires.

Pas moins de 27% des répondants passent néanmoins cinq heures ou plus de temps libre devant un écran en semaine, ce qui exclut le temps passé à étudier.

Cette « utilisation intensive » est associée à « une moindre motivation pour les études, des résultats scolaires plus faibles et un moral en baisse », souligne-t-on. Les gros utilisateurs montrent également un taux plus élevé d’insatisfaction vis-à-vis de leur vie et de leurs relations, et ils sont plus susceptibles d’avoir réduit leur activité physique.

« C’est un peu inquiétant, cela dit, il faut relativiser avec la période précise de la pandémie », relativise M. Biron. Pour lui, l’exercice montre aussi la pertinence d’initiatives telles que la campagne Break Your Screen ou le Center for Emotional Intelligence Online, qui offrent des ressources aux jeunes aux prises avec des problèmes liés à l’utilisation des écrans.

Et tout n’est pas sombre dans le portrait dressé par la DRSP. Ainsi, la majorité des participants ont utilisé leurs écrans pour « entretenir et développer des relations » (76 %) et pour « apprendre de nouvelles choses » (70 %).

La méthodologie utilisée ne permet pas de parler d’un échantillon probabiliste, qui est rigoureusement représentatif de la population étudiée, mais l’enquête offre néanmoins de « bons repères » selon M. Biron, compte tenu des caractéristiques des participants.

Cependant, il n’y a pas de données permettant une comparaison avec ce qui prévalait avant la pandémie. « Les études sur les écrans se mettent en place », explique le chercheur. « Les usages évoluent assez rapidement, donc les questions qui se posaient il y a 10 ans ne sont plus vraiment comparables. »


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