Skip to content
Que signifie le défaut de paiement pour la Russie ?

L’agence de notation financière Fitch a prévenu qu’un risque de défaut était « imminent » pour la Russie. Comment se matérialise un défaut de paiement ? Quels sont les risques et les conséquences d’un tel scénario ?

• Lisez aussi : Ukraine : les troupes russes approchent de Kiev, avant les pourparlers en Turquie

• Lisez aussi : [VIDÉO] L’hôpital pour enfants de Marioupol bombardé par l’armée russe

• Lisez aussi : La guerre en Ukraine, frein ou moteur de la transition énergétique ?

Que signifie l’état par défaut ?

Un pays est considéré en défaut de paiement lorsqu’il n’est pas en mesure d’honorer ses engagements financiers dans les délais avec ses créanciers, qui peuvent être des États, des institutions financières (Fonds monétaire international, Banque mondiale, etc.) ou des investisseurs sur les marchés financiers.

Le défaut est qualifié de partiel lorsque l’Etat ne rembourse pas une partie de ses obligations.

Le gouvernement lui-même peut déclarer un défaut en annonçant qu’il cesse de rembourser les échéances de sa dette, comme l’a fait la Russie en 1998, ou l’annonce peut également provenir d’une notation après un délai de grâce de 30 jours après la constatation du défaut.

Quelle marge de manœuvre pour obtenir un remboursement ?

Le défaut peut aussi être formalisé par un créancier privé, révélant publiquement qu’un pays a cessé de le rembourser, ou encore par l’agence américaine ISDA (International Swaps and Derivatives Association), qui régit les CDS, une sorte d’assurance contre le défaut de paiement.

Rien ne garantit que les emprunts souverains seront remboursés. Contrairement à un cas de défaut de paiement d’une entreprise, où il est possible de récupérer des biens par voie de remboursement, il n’est en revanche pas possible, en cas de défaut de paiement caractérisé d’un État, de saisir un bien public situé dans ce pays pour le vendre, selon les experts interrogés par l’AFP.

Restructurer une dette signifie rééchelonner les remboursements et, le plus souvent, réduire ou annuler des dettes. Cela implique que le pays est en « défaut », mais qu’il espère néanmoins parvenir à un accord avec ses créanciers.

De quel prêt s’agit-il dans le cas de la Russie ?

La Russie a un emprunt obligataire qui arrive à échéance le 4 avril et qui porte sur deux milliards de dollars. « Cet emprunt a été émis à la Bourse de Londres en dollars américains », explique Slim Souissi, directeur adjoint de l’IUP de Caen, spécialiste de la banque qui a travaillé pour Fitch et rédigé sa thèse sur la faillite de l’Etat.

Il s’agira de savoir le 4 avril si la Russie a pu ou non payer les échéances de sa dette, ses créanciers étant principalement des fonds d’investissement américains.

Quels sont les risques que le défaut se concrétise ?

Les agences de notation de crédit, dont Fitch, S&P Global Ratings et Moody’s, considèrent qu’il s’agit d’une question de volonté et que les prêts pourraient ne pas être remboursés intégralement face aux sanctions imposées par les pays occidentaux en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine.

« Le pays a les moyens de rembourser cette dette émise sur les marchés financiers, mais peut décider de ne pas le faire pour répondre, par exemple, aux sanctions financières occidentales », explique le professeur.

La Russie, qui a presque doublé son stock d’or et de devises étrangères depuis 2014-2015, dispose de réserves de change qui ont atteint plus de 640 milliards de dollars au 18 février.

Pour les préserver, Moscou a aussi récemment limité les sorties de devises à l’étranger.

Quelles sont les conséquences si l’hypothèse par défaut est confirmée ?

« Les créanciers vont perdre les sommes prêtées, mais cela ne devrait pas provoquer de crise systémique », a déclaré M. Souissi.

Un arrangement conflictuel de restructuration de la dette semble hors de propos pour les spécialistes de la dette.

Un défaut de paiement coupe automatiquement un relevé des marchés financiers et compromet son éventuel retour pendant quelques années.

Il a fallu douze ans à la Russie pour pouvoir à nouveau emprunter sur les marchés après avoir fait défaut sur sa dette intérieure en 1998, alors que son économie était déstabilisée par une lame de fond financière en provenance d’Asie.


journaldemontreal-boras

Toutes les actualités du site n'expriment pas le point de vue du site, mais nous transmettons cette actualité automatiquement et la traduisons grâce à une technologie programmatique sur le site et non à partir d'un éditeur humain.