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Québec récompensera les hôpitaux efficaces |  La presse

Afin d’inciter les hôpitaux de la province à gérer plus efficacement les admissions et les congés de leurs patients, le Québec a établi une durée cible d’hospitalisation pour une liste de maladies. Les établissements qui atteindront ces objectifs et amélioreront la fluidité de leurs soins aigus recevront des incitatifs financiers pouvant atteindre plusieurs millions de dollars par année pendant trois ans.

Posté à 8h00

Québec récompensera les hôpitaux efficaces |  La presse

Ariane Lacoursière
La presse

L’objectif de cette démarche, qui a été annoncée en 2019, mais dont les investissements commenceront à être payés cette année, est de « réduire la durée de séjour à l’hôpital », explique-t-on au cabinet du ministre de la Santé. et services sociaux, Christian Dubé. Au total, 92,5 millions de dollars par année seront ainsi distribués jusqu’en 2023-2024.

Chaque établissement devra « optimiser les processus de gestion des séjours dans chacune de ses installations hospitalières » et rendre compte à cet effet, peut-on lire dans une lettre transmise vendredi par le sous-ministre adjoint, le D Lucie Opatrny, et obtenu par La presse.

Une liste de sept diagnostics est établie et des cibles de durée de séjour sont fixées pour chacun d’eux et légèrement adaptées selon la réalité de chaque hôpital de la province. On parle, par exemple, de patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), d’insuffisance cardiaque, d’infarctus du myocarde, de schizophrénie ou d’accident vasculaire cérébral. Les personnes subissant une arthroplastie du genou ou de la hanche sont également ciblées. En intervenant sur la durée d’hospitalisation de ces patients, « on incite ainsi le patient à être au bon moment, au bon endroit », explique l’attachée de presse du ministre Dubé, Marjaurie Côté-Boileau.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on ajoute que l’objectif est que ces patients n’occupent pas un lit d’hôpital « lorsque leur état de santé ne le nécessite plus ».

Les sommes versées par Québec « seront réparties selon le niveau d’atteinte des objectifs cliniques » et ne deviendront récurrentes que lorsque « 90 % et plus de toutes les cibles » seront atteintes.

Québec récompensera les hôpitaux efficaces |  La presse

Les sommes versées à chaque établissement peuvent servir à améliorer les équipes soignantes. Les établissements de santé sont également invités à mettre en place des « équipes transversales de gestion et de coordination des séjours hospitaliers » composées, entre autres, d’un coordinateur des urgences médicales et d’un chef de lit. Cette équipe devra pouvoir utiliser un « tableau de bord interactif de gestion hospitalière » afin d' »assurer un processus décisionnel fluide, efficace et en temps réel lié à la gestion des lits ».

Au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), une telle équipe a déjà été créée. Il s’agit en fait d’une direction complète portant le nom de « Direction de la coordination transversale et de l’alignement des structures ». « Il y a un médecin responsable et un cogestionnaire clinico-administratif dont le rôle est d’ajuster les ressources professionnelles en fonction des besoins, explique le directeur général du CHUM, le Dr.r Fabrice Brunet. « L’objectif est d’assurer une gestion fluide des lits, ajoute Danielle Fleury, directrice générale adjointe du CHUM.

Une mesure « bienvenue »

L’initiative du MSSS est bien accueillie dans le réseau hospitalier, qui se remet tout juste de la dernière vague de la pandémie. Car si de moins en moins de patients atteints de la COVID-19 sont actuellement hospitalisés, les chirurgies reprennent, « les hôpitaux sont toujours pleins et les urgences débordent toujours », note le président de l’Association des médecins d’urgence du Québec, le DJudy Morris.

Elle note qu’il y a « beaucoup d’inefficacité au sein des hôpitaux » et que cette incitation pour les hôpitaux à augmenter leur performance est « la bienvenue ».

C’est une bonne nouvelle qu’il y ait une volonté ministérielle d’améliorer la fluidité hospitalière.

Le DJudy Morris, présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec

Cet avis est partagé par le président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ), Dr.r Gilbert Boucher, qui croit que les incitatifs financiers pourraient bien porter leurs fruits.

Pour le DMorris, on sait que le Québec « manque de lits d’hôpitaux ». « Mais si nous en ajoutons simplement sans revoir nos façons de faire, nous continuerons à être inefficaces », dit-elle.

Le Dr Brunet salue également l’approche du gouvernement. Il assure qu’il existe un moyen d’atteindre ces objectifs sans compromettre la qualité. « L’approche doit être axée sur la qualité, pas seulement sur la vitesse », dit-il. […] Nous ne voulons pas qu’une incitation conduise à une détérioration des soins. C’est pourquoi la direction responsable de la fluidité du CHUM veillera également à la qualité des soins.

Le Dr Boucher dit pour sa part qu’il a bon espoir que la sécurité des soins ne souffrira pas de cette nouvelle approche. « Pour toute nouvelle approche dans le secteur de la santé, l’accent est toujours mis sur la sécurité des patients. Les chiffres sont importants, mais la sécurité des patients passe toujours en premier », dit-il.

Apprendre encore plus

  • 92,5 millions
    Montant total des investissements prévus chaque année pendant trois ans par Québec pour améliorer la « fluidité des patients » dans l’ensemble du réseau de la santé

    SOURCE : MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX


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