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Québécois tués au Mexique |  Un vol ou un règlement de comptes comme principales hypothèses

Les deux Québécois assassinés lundi à Playa del Carmen pourraient avoir été victimes de vol ou d’un règlement de compte lié à de présumées fraudes.

Publié à 17h20

Québécois tués au Mexique |  Un vol ou un règlement de comptes comme principales hypothèses

Daniel Renaud
La presse

Québécois tués au Mexique |  Un vol ou un règlement de comptes comme principales hypothèses

Hugo Jonca
La presse

Cela est rapporté par les médias mexicains, citant des sources policières locales.

Raphaël Huppé, 44 ans, et Fannie Lorrain, 38 ans, ont été retrouvés assassinés lundi dans un condo le 12e Rue du centre-ville de la populaire station balnéaire mexicaine. Les deux victimes auraient été poignardées au cou, ont indiqué les autorités.

Dans la résidence, la police aurait découvert des dispositifs technologiques sophistiqués permettant de réaliser des opérations financières avec de la crypto-monnaie, ont rapporté des médias du Mexique.

Des preuves ont également été trouvées que Huppé utilisait au moins trois identités différentes, dont l’une était Erick McCarthy.

Les enquêteurs mexicains veulent vérifier si Huppé a pu commettre une fraude au Mexique.

« De fausses identifications avec la même identité que lui ont été trouvées. [L’homme et la femme] avait un équipement assez sophistiqué et les experts l’examineront pour déterminer s’il s’agissait d’une vengeance ou simplement d’un vol », a déclaré le procureur général de la région de Quintana Roo, Óscar Montes de Oca, cité par les médias locaux.

En fuite au Mexique

Raphaël Huppé était au Mexique depuis janvier 2016, ont indiqué les autorités. Pendant six ans, il avait fait l’objet d’un mandat de perquisition d’Interpol, et il s’était probablement installé au Mexique pour fuir la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

La police fédérale l’avait arrêté en 2014 pour une affaire d’escroquerie, mais l’affaire était pendante, selon les archives judiciaires.

En effet, Raphaël Huppé a multiplié les délits financiers dans le pays. Même en son absence, les jugements contre lui se sont accumulés ces dernières années, après des poursuites de l’Autorité des marchés financiers et de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail.

La dernière en date, en 2019, a condamné ses anciennes compagnies à verser 628 237 $ à une quarantaine d’ex-employés à la suite d’un congédiement collectif chez InterCore Research Canada Inc., dirigé par Raphaël Huppé.

L’entreprise, qui a fini par licencier tous ses employés et déclarer faillite, a affirmé avoir conçu un appareil pour détecter la fatigue du conducteur, comme indiqué La presse à l’époque.

Des figures de proue en difficulté

InterCore a utilisé trois autres sociétés pour payer ses employés. Deux d’entre eux portaient le nom de Raphaël Huppé : Huppé Etco et Huppé Studio. La Cour supérieure a considéré qu’il était l’âme dirigeante, mais sur le papier, c’est un couple de Laval qui en était actionnaire : Danielle Beauchamp et Claude Brun.

Rencontré par La presse Mercredi, ces deux anciens partenaires assurent que Raphaël Huppé leur a causé des ennuis avant de prendre la fuite au Mexique.

N’ont-ils pas accepté de jouer les figures de proue pour lui à l’époque ? « Aujourd’hui, on le comprend, concède Danielle Beauchamp. Nous l’avons aidé à démarrer son entreprise. Maintenant, les autorités sont après nous. »

Elle assure qu’ils n’avaient rien à dire en direction des entreprises qu’ils ont lancées pour Raphaël Huppé, mais qu’ils ont dû débourser des milliers de dollars pour honorer les jugements prononcés contre eux.

Claude Brun dit même que la GRC est venue l’interroger. « Ils pensaient que nous l’avions aidé à s’échapper », a-t-il dit. La police aurait abandonné cette piste, mais le couple s’attend à recevoir d’autres plaintes.

La même année, InterCore a fait faillite, Huppé a publié un livre décrivant ce qu’il croyait être les meilleurs moyens d’atteindre le sommet : Comment je fais avancer les choses ! : Peu importe ce que.

Le 3 septembre 2020, Raphaël Huppé a commenté sur les réseaux sociaux un message de François Legault aux antimasques et complotistes. « Il va finir par se faire tirer dessus ce cliss-là », a-t-il écrit.

amis en deuil

Quant à Fannie Lorrain, selon sa page Facebook, elle travaillait pour la Société Mer et Monde, de Montréal, qui se décrit comme une organisation qui initie la coopération internationale. La Société n’a pas répondu au message de La presse.

La police mexicaine affirme que les victimes étaient un couple, mais les amis de la jeune femme sur les réseaux sociaux, où beaucoup ont déploré sa mort, le rejettent.

« Aujourd’hui, je pleure mon amie, je pleure mon ancienne collègue, je pleure ma confidente de fin de soirée, je pleure la personne merveilleuse qui a fait briller les étoiles autour d’elle. Je pleure pour ne pas hurler ma rage », écrit l’un d’eux.

« Votre mort est irréelle, affreuse, tragique et injuste. Hier encore nous jouions avec les fourmis, les enfants. Une partie de moi a grandi avec toi. Partout où tu allais, tu laissais tes rayons. Je ne peux pas croire cette horreur. Mais tu as touché tant de gens. Chacun d’eux, j’en suis sûr, se souvient d’une personne merveilleuse. Avec la vie devant vous. Je vous souhaite la paix. Je t’embrasse », a ajouté un autre.

Avec la collaboration de Maxime Bergeron, La presse

Pour rejoindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, ext. 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La presse.


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