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Quitterie de Villepin, une candidature pour redonner goût à la politique


Candidat sans étiquette aux législatives dans le très chic deuxième arrondissement de Paris, Quitterie de Villepin propose à ses électeurs d’être élue pour un mandat qui s’appuiera sur l’intelligence collective des citoyens en instaurant un « mandat délibératif ».

Législatives 2022 © Studio graphique FMM

« Nous avons mené la plus longue et la plus belle campagne législative de France. » L’autosatisfaction de Quitterie de Villepin, candidat sans étiquette aux législatives (12 et 19 juin) à Paris pourrait faire sourire au premier regard. Mais force est de constater qu’il est rare de voir une campagne indépendante de tout parti politique susciter autant d’enthousiasme.

Parti en campagne à partir du 10 octobre, Quitterie de Villepin laboure depuis huit mois les terres du deuxième arrondissement de Paris, qui comprend le 5e quartier, partie du 6e et la plupart des 7eavec une idée en tête : donner aux citoyens le goût de la politique avec la promesse d’instaurer le premier « mandat délibératif » à l’Assemblée nationale.

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Le principe repose sur une nouvelle méthode : associer les citoyens au travail législatif en créant une assemblée délibérante locale réunissant 100 personnes tirées au sort parmi les 100 000 habitants de sa circonscription. Celles-ci se réuniraient chaque mois pour élaborer, avec leur suppléant, des propositions législatives et des amendements aux textes étudiés à l’Assemblée nationale. Le tout avec une « boussole » pour guider l’action politique de Quitterie de Villepin : faire en sorte que la France respecte l’accord de Paris sur le climat et les 17 objectifs de développement durable signés avec l’ONU.


« Je suis partie du constat que les Français affirment n’avoir aucun lien avec leur député, qu’aujourd’hui il y a une perte de repères et que le rôle joué par l’Assemblée nationale est inquiétant », explique la candidate de 44 ans, mère de quatre enfants et nièce de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, engagé depuis 20 ans à faire entendre la voix des citoyens.

« Autant il y avait une forte aspiration à faire entrer la société civile en politique en 2017, autant la pratique qui a été celle du pouvoir ces cinq dernières années a accentué une forme de crise du Ve République et représentation nationale, poursuit-elle. Aujourd’hui, les gens perdent leurs repères alors qu’il est possible d’avoir une démocratie plus performante.

Ancien proche de François Bayrou

Impliquée au début des années 2000 dans des associations comme Max Havelaar, Greenpeace ou Les Amis de la Terre, Quitterie de Villepin a rejoint l’UDF en 2003. Elle s’est fait connaître lors de la campagne présidentielle de 2007 en étant la porte-parole de la jeune UDF et la responsable de la communication numérique. de François Bayrou. Connue alors sous le patronyme Quitterie Delmas, la jeune femme prend de plus en plus de place au sein du parti centriste, devenu après l’élection présidentielle le Mouvement démocrate (MoDem), jusqu’à se voir offrir une tête de liste aux élections européennes de 2009. Mais plutôt que d’accepter un mandat européen qui lui tend les bras, elle claque la porte du MoDem.

« J’ai adoré les six années que j’ai passées à l’UDF et au MoDem, mais d’une part je n’étais pas d’accord avec François Bayrou sur la structuration du parti, et surtout, j’ai vécu comme une fracture profonde la ratification du traité de Lisbonne. Même si j’avais voté « oui » au référendum constitutionnel de 2005, que les gouvernements ignorent la volonté des citoyens m’ont choqué. A cette époque, j’ai remis en question pour la première fois le mot démocratie », se souvient Quitterie de Villepin, qui a depuis repris son nom de naissance suite à son divorce.

Après avoir tenté de faire vivre la démocratie participative au sein du MoDem, elle a ensuite choisi de renouveler les pratiques démocratiques en dehors des partis politiques. Il contribue à la création d’initiatives citoyennes et de nouvelles approches au sein des associations de parents d’élèves notamment. Elle est impliquée dans le mouvement #MaVoix, qui tente de faire élire des citoyens lors des élections législatives de 2017. Puis, en 2020, elle lance le collectif Les Investies, qui vise à favoriser l’émergence de nouveaux candidats citoyens.

« La démocratie pour moi n’est pas une question de confiance, mais d’effort. Il faut y consacrer du temps. Et mon combat est de rétablir les liens entre les peuples et la politique en misant sur l’intelligence collective. 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat. C’est chaud ce qu’ils ont fait ! », lance-t-elle, convaincue que la gauche et la droite peuvent travailler ensemble pour faire émerger des propositions.

« Est-ce que le travail sur le terrain compte toujours ? »

Ses huit mois de campagne semblent lui donner raison. Après des dizaines de réunions publiques, des opérations de remorquage sur les marchés et des rencontres avec les habitants, la Quitterie de Villepin a suscité suffisamment d’engouement pour récolter 35 000 euros de dons auprès de 165 donateurs – soit un don moyen de 212 euros. par personne. De quoi faire pâlir tout candidat étiqueté par un grand parti.

« On a pu avoir les mêmes moyens que les gros candidats pour faire campagne. Cet argent nous a permis d’avoir une permanence, d’envoyer trois tracts dans des boîtes aux lettres, d’être présent sur les réseaux sociaux et de créer une dynamique autour de mon projet que les autres font pas », assure le candidat.

Atteindre le second tour serait pourtant un exploit, d’autant que le patron du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, mais aussi le maire Les Républicains du 6e du district, Jean-Pierre Lecoq, sans oublier Marine Rosset, candidate socialiste de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (Nupes).

« Sur la base des résultats de 2017, nous avons estimé qu’il fallait 8 500 voix pour atteindre le second tour, explique Quitterie de Villepin. C’est l’objectif et c’est possible. Il y a quelque chose qui s’est créé sur le terrain avec les gens. Et de plus, ce que nous faisons plaît bien au-delà de notre circonscription. Nous avons déjà montré que nous pouvions mener une campagne hyper professionnelle et extrêmement bien financée, centrée sur les rencontres avec les citoyens et leur implication. C’est pourquoi j’aime beaucoup cette campagne. Il apportera une réponse à une question essentielle : le travail de terrain compte-t-il encore ? »

Le contexte actuel, avec un président de la République qui ne bénéficiera pas lors des législatives de la même vague électorale qu’en 2017 et une gauche unie autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon, pourrait lui être favorable, veut croire Quitterie de Villepin. Réponse dimanche 12 juin.



France 24

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