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REM Est |  CDPQ Infra dévoile son projet « grandement amélioré »

Après 15 mois de travaux, une vague de protestations et plusieurs modifications apportées au projet initial, CDPQ Infra a présenté mardi les premières images de son REM Est « grandement amélioré ». Le groupe estime avoir « poussé » ses efforts architecturaux au maximum, mais prévient que « toutes les parties prenantes » devront donner leur accord pour que le réseau de 10 milliards voie le jour.

Posté à 5h00

REM Est |  CDPQ Infra dévoile son projet « grandement amélioré »

Maxime Bergeron
La presse

REM Est |  CDPQ Infra dévoile son projet « grandement amélioré »

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« On ne pousse pas des projets, on est là pour proposer des projets », résume Jean-Marc Arbaud, président-directeur général de CDPQ Infra. « Pour qu’ils se produisent, les partenaires doivent être alignés. »

REM Est |  CDPQ Infra dévoile son projet « grandement amélioré »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES DE PRESSE

Jean-Marc Arbaud, président et chef de la direction de CDPQ Infra

De nombreux Montréalais ont exprimé leur profonde inquiétude après l’annonce de la deuxième phase du Réseau express métropolitain (REM) en décembre 2020. Ils craignent que ce système de métro automatisé de 32 kilomètres, prévu en grande partie sur des structures élevées, défigure plusieurs quartiers.

M. Arbaud estime que les travaux réalisés par ses équipes et la firme d’architectes Lemay devraient répondre aux principales attentes. Il se dit « fier » du projet présenté mardi et admet du bout des lèvres que les nombreuses critiques ont contribué à « l’optimiser ».

Béton et caténaires

CDPQ Infra affirme que de nombreux efforts ont été déployés pour peaufiner la structure du REM de l’Est, notamment le fait que le tablier aura une largeur de 9 mètres, comparativement à 11 mètres dans la première phase.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    CDPQ Infra confirme que de nombreux efforts ont été déployés pour peaufiner la structure du REM de l’Est. Ci-dessus, la structure vue du boulevard René-Lévesque, centre-ville.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    CDPQ Infra estime qu’au moins 70 000 logements pourraient être construits autour des futures gares, incluant autour de la station de métro Coutre.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    Les caténaires seront intégrées dans des arcs en plein cintre formant un prolongement de la « coque » du tablier. Ci-dessus, une vue du parcours le long de Notre-Dame.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    Le tablier mesurera 9 mètres de large, contre 11 mètres lors de la première phase. Les pylônes de soutien seront en « V » et espacés de 40 à 50 mètres. Ci-dessus, la future gare Saint-Jean-Baptiste.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    La CDPQ croit que l’intégrité du Parc Morgan, ci-dessus, sera préservée malgré le passage du REM de l’Est.

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    ILLUSTRATION DE JULIEN LAUZON, FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    La firme d’architectes Lemay propose un belvédère au-dessus de la trémie, où le REM passera du mode souterrain au mode aérien, dans le Quartier des spectacles.

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    ILLUSTRATION FOURNIE PAR CDPQ INFRA

    La gare St-Urbain, aux portes du quartier chinois, est prévue à l’emplacement d’un stationnement abandonné.

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Le béton occupera toujours une place centrale, mais Christian Ducharme, vice-président ingénierie, chez CDPQ Infra, défend pleinement ce choix. « Les gens pensent généralement que l’acier est plus léger et donc plus attrayant pour une structure comme celle-ci. La réalité est totalement différente. En réalité, le volume d’une structure en béton est plus petit que ce que nous aurions en acier. »

L’utilisation du béton permettra également de mieux absorber le son, selon l’ingénieur, qui affirme qu’une structure en acier aurait plutôt « tendance à faire office de caisse de résonance ».

Des murs « anti-bruit » semi-opaques, de quatre mètres de haut, devront être intégrés à la structure du centre-ville pour respecter la réglementation provinciale.

Aussi, les pylônes de soutien seront en « V » et espacés de 40 à 50 mètres. Le béton sera de couleur blanche et recouvert d’un enduit qui facilitera l’enlèvement des graffitis. La plupart des éléments structuraux peuvent être préfabriqués, ce qui réduira la durée des chantiers et les nuisances pour le voisinage, précise M. Ducharme. Il croit aussi apporter une solution acceptable au problème des caténaires.

Plus discrètes, les caténaires du REM de l’Est seront intégrées dans des arcs en plein cintre formant un prolongement de la « coquille » du tablier. Le sommet de ces arches sera situé à une hauteur de 19 à 23 mètres du niveau de la rue, soit l’équivalent d’un immeuble de 6 ou 7 étages.

René-Lévesque «converti», mais la Ville paiera

Au centre-ville, CDPQ Infra prévoit construire une large promenade piétonne qui s’étendrait sur huit kilomètres entre Bleury et Notre-Dame, puis sur huit autres kilomètres vers l’est, entre Pointe-aux-Trembles et Montréal-Est. Une passerelle d’observation est également prévue où le train électrique sortira d’un court tunnel pour migrer en mode aérien, dans le Quartier des spectacles.

« Nous voulons en faire un belvédère sur la ville, avec des végétaux et des cheminements, du mobilier intégré, qui permettra l’accessibilité pour tous », indique Patricia Lussier, architecte paysagiste à la firme Lemay, principale « conductrice » du REM Est.

Ainsi, le boulevard René-Lévesque serait considérablement modifié par l’arrivée du REM.

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PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Christian Ducharme, vice-président, Ingénierie, chez CDPQ Infra

Nous allons transformer quatre voies réservées aux voitures en un espace public, qui sera exclusivement réservé aux piétons et aux cyclistes.

Christian Ducharme, vice-président, Ingénierie, chez CDPQ Infra

CDPQ Infra propose également d’implanter un réseau cyclable de 24 km sur « l’ensemble du réseau » du REM, soit 16 km qui seraient « neufs » et 8 autres du Réseau Vélo Express (REV) existant. N’en déplaise à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, CDPQ Infra ne paiera pas pour ces aménagements. « Ce qui est inclus dans le projet, c’est le système de transport. Ensuite, la promenade et l’aménagement urbain seront sous la responsabilité de la Ville de Montréal », a déclaré M. Ducharme.

Début février, le maire Plante avait vivement déploré que les «sommes nécessaires pour assurer une bonne intégration urbaine», soit environ 1 milliard, n’aient toujours pas été confirmées par Québec. Depuis, le gouvernement Legault s’est dit prêt à ajouter des « sommes importantes » au projet, mais CDPQ Infra ne sait toujours pas si la contribution de Québec sera augmentée.

Jean-Marc Arbaud, lui, s’est encore défendu mardi de ne pas avoir suffisamment impliqué la Ville de Montréal, martelant avoir « tenu plus de 140 rencontres » avec ses représentants dans la dernière année. L’architecte Patricia Lussier affirme que son groupe a réalisé un « travail de fond » pour « comprendre et analyser les environnements dans lesquels nous nous inscrivons ». Une douzaine de territoires distincts ont été passés au peigne fin ; leur environnement bâti, les bâtiments patrimoniaux qui s’y trouvent et les « lieux sensibles » ont été documentés.

REM Est |  CDPQ Infra dévoile son projet « grandement amélioré »

IMAGE FOURNIE PAR CDPQ INFRA

Le parcours du projet REM de l’Est

Une connexion ou pas à la ligne verte ?

Le comité d’experts mandaté par Québec et CDPQ Infra pour assurer l’intégration architecturale du REM Est a déposé la semaine dernière un rapport d’étape assez critique La presse rapporté mardi. Jean-Marc Arbaud estime que « 80 % des points » soulevés dans le rapport ont été « traités ».

Mais certains points restent « non couverts », reconnaît-il, notamment le manque de connexion avec la ligne verte du métro. Cette intersection a été abolie en raison du déplacement d’une portion aérienne de quatre kilomètres, de la rue Sherbrooke à Souligny, suite à des pressions citoyennes.

« Si on va à Souligny, on ne peut pas se connecter à la ligne verte. Et si on va vers le nord, on peut, mais avec des avantages et des inconvénients», a glissé M. Arbaud.

C’est toujours un choix. Mais la ligne verte, au fond, elle est saturée ou elle le sera.

Jean-Marc Arbaud, président et chef de la direction de CDPQ Infra

Officiellement, CDPQ Infra assure toutefois qu’aucune décision n’a été prise à ce sujet. Le groupe soutient qu’il répondra également à la demande du comité d’impliquer d’autres firmes d’architectes dans le projet, « mais sous l’égide » de son principal fournisseur, Lemay. « C’est important de garder un chef d’orchestre. On ne peut pas commencer à avoir un concours d’architecture à chaque station », a déclaré M. Ducharme.

D’ici à une éventuelle première pelletée de terre, le REM de l’Est devra encore franchir plusieurs étapes. CDPQ Infra devra s’entendre avec l’Autorité régionale de transport métropolitain et Québec pour fixer l’entente financière et soumettre son projet au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Une présentation virtuelle sera faite jeudi à 18h par le groupe de Jean-Marc Arbaud.

Ce dernier refuse pour l’instant de confirmer si une mise en service en 2029 est encore possible. A-t-il un espoir de rallier une majorité derrière le REM ? « Ça dépend des jours. Reposez-moi la question dans une semaine », conclut-il.

Apprendre encore plus

  • 70 000
    Nombre d’unités d’habitation qui pourraient être développées autour du projet CDPQ Infra. Une étude interne « conservatrice » qui vient d’être réalisée le confirme.

    infrastructures cdpq

    Chacune des 23 stations aura une architecture unique, contrairement à la première phase du REM, où une esthétique similaire a été réutilisée dans la plupart des stations.

    infrastructures cdpq


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