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REM Est |  Sans connexion avec le centre-ville, la ligne verte est sur le point d’être surchargée

La ligne verte du métro de Montréal devrait accueillir au moins 10 % d’achalandage en plus et voir ses stations de transfert exploser en nombre d’usagers si le REM de l’Est n’obtient pas un raccordement avec le centre-ville, a appris un savant La presse. La situation amène les experts à dire qu’il faut rapidement « repenser » ce lien avec le cœur de la métropole, pour l’instant délaissé par Québec et Montréal.


La situation fait craindre le pire aux experts, qui préviennent que l’Est ne bénéficiera pas d’un véritable dispositif structurant. « Si vous arrivez avec un métro léger de type REM, il faut qu’il soit connecté au reste du réseau. Sinon, nous manquons une occasion. L’Est se retrouvera avec un gros investissement qui ne fera que la moitié du boulot », déplore le directeur général de Vivre en ville, Christian Savard.

Dans son rapport préliminaire attendu cette semaine, La presse obtenue, le comité mené par Québec et Montréal télégraphie clairement ses intentions : le REM de l’Est « verra à prioriser la ligne verte pour assurer les déplacements vers le centre-ville ». Les stations Assomption et Honoré-Beaugrand ont été désignées comme principales « stations de transfert ».

REM Est |  Sans connexion avec le centre-ville, la ligne verte est sur le point d’être surchargée

IMAGE FOURNIE PAR LA RÉGIONAL METROPOLITAN TRANSPORT AUTHORITY

Une carte de la version « de référence » de la nouvelle mouture du REM de l’Est, publiée à l’automne 2022 par l’ARTM. Les différents scénarios envisagés, dont les prolongements vers Rivière-des-Prairies, Laval et Lanaudière, n’y figurent pas.

Tout cela contribuerait à une surcharge quotidienne d’au moins 4 000 passagers aux heures de pointe, soit 10 % de plus que l’achalandage normal sur la ligne verte, dont l’achalandage a déjà augmenté depuis les travaux dans le Louis-Hippolyte-La Fontaine. A la gare de l’Assomption, la hausse serait beaucoup plus marquée : le nombre de passages lors de la pointe du matin passerait de 2 500 à 18 000, soit une augmentation absolue de 620 %. Dans la branche Est, dans l’axe de la rue Sherbrooke Est, 60 % des usagers emprunteraient la ligne verte à un moment ou à un autre.

Le rapport mentionne également clairement la nécessité d’apporter des «améliorations» à ces deux gares pour contenir les augmentations prévues du volume de trafic. D’autres études de circulation devraient être rendues publiques en juin, lors de la présentation du rapport final de la commission.

REM Est |  Sans connexion avec le centre-ville, la ligne verte est sur le point d’être surchargée

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Christian Savard, directeur général de Vivre en ville

L’importance du service rendu

Ancien membre du comité d’experts du REM de l’Est – à l’époque où il était encore piloté par CDPQ Infra –, M. Savard avait proposé l’été dernier aux autorités un tracé « revu et amélioré » qui ramenait le raccordement avec le centre-ville, en faisant converger les branches nord et est à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, pour ensuite continuer vers l’ouest dans Rosemont et le Plateau en se raccordant à la ligne orange à la station Sherbrooke et à la ligne verte à la station Saint-Laurent. Tout allait enfin s’arranger à la Gare Centrale. Cependant, ce scénario n’a jamais vraiment été étudié.

« Je ne comprends pas pourquoi nous n’explorons pas davantage l’option du centre-ville. L’Est ne disposera que d’un tiers du réseau, tandis que l’Ouest disposera d’un réseau à trois branches connecté au cœur de la métropole. Il n’y aura pas d’équité territoriale ni les impacts sur les transports que nous souhaitons », dit-il.

Jusqu’à présent, le lien avec le centre-ville reste exclu notamment parce que ce segment avait fait l’objet de débats houleux avant que CDPQ Infra ne se retire, des citoyens s’opposant à une structure aérienne qui, selon eux, créerait une « fracture urbaine ».

Mais pour l’expert en planification des transports à l’Université de Montréal Pierre Barrieau, « il y a encore d’autres options ».

« Au contraire, le gouvernement doit commencer dès maintenant à planifier le centre-ville. On sait que l’air ne passe pas, mais on a encore d’autres solutions », dit-il, évoquant par exemple une liaison souterraine ou terrestre.

Le spécialiste rappelle que « la ligne verte reviendra déjà très bientôt à pleine capacité ». « Sans raccordement REM au centre-ville, cette ligne verte deviendra complètement surchargée, et à Berri-UQAM, elle deviendra très complexe. Et on sait que quand on dépasse la capacité maximale d’une ligne de métro, le service ralentit », analyse-t-il.

Explorer « toutes les options »

La directrice générale de Trajectoire Québec, Sarah V. Doyon, demande aussi à Québec d’étudier « toutes les options ». « CDPQ Infra offrait une option de frais généraux, mais il y a moyen de faire autrement. On trouve dommage que dans le mandat du comité, il n’y ait pas de possibilité d’étudier davantage le centre-ville. Plus nous étudions toutes les options, plus nous sommes susceptibles de proposer le meilleur projet », dit-elle.

Si, en effet, la ligne verte est capable de l’absorber, cela pourrait être une solution. En revanche, la preuve reste encore clairement à faire.

Sarah V. Doyon, directrice générale de Trajectoire Québec

Dans l’entourage de la mairesse Valérie Plante, il est rappelé que « dès le départ », la Ville « réitère l’importance d’un lien avec le centre-ville, élément prioritaire du désenclavement vers l’Est ». Après une « première » liaison, il faudra « achever l’ensemble des travaux et finir la réflexion » vers le centre-ville, affirme l’attachée de presse Catherine Cadotte.

Au cabinet de la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, on réitère toutefois que la priorité actuelle est d’abord «d’assurer une bonne desserte de l’est de Montréal». « Cela fait trop longtemps que les citoyens du secteur sont délaissés par les anciens gouvernements », affirme l’attaché de presse Louis-Julien Dufresne, sans aller plus loin. Lundi, Mmoi Guilbault avait confirmé que le REM de l’Est ne serait pas aérien à Mercier-Est, mais qu’il serait dans l’axe de la rue Sherbrooke Est.


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