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renaissance miraculeuse du retable d’Issenheim

Au risque de choquer, la Joconde d’à côté est un jeu d’enfant. Le retable d’Issenheim, peint entre 1512 et 1516 par Mathis Nithart – dit Grünewald – et sculpté par Nicolas de Haguenau a fait l’objet d’une campagne de restauration sans précédent, sauf peut-être celle menée récemment sur le retable de l’Agneau Mystique peint par le Van Eyck frères, à Gand. Le résultat est dévoilé au Musée Unterlinden de Colmar et mérite à la fois la visite et de nombreux applaudissements.

Celles-ci s’adressent à la directrice des lieux, Pantxika de Paepe, mais aussi aux restaurateurs, les dix-huit personnes de l’équipe d’Anthony Pontabry pour les peintures et les huit qui ont assisté Juliette Lévy pour restaurer la polychromie d’origine des sculptures. Sans oublier un comité international, réunissant conservateurs, scientifiques, restaurateurs et historiens de l’art, qui a supervisé chaque phase du projet. Avec une mention spéciale pour Vincent Husser, le responsable du musée, qui a eu la délicate mission de déposer les statues de deux porteurs d’offrandes (une douzaine de kilos chacun) au pied de la sculpture représentant Saint-Antoine. Ces deux éléments, volés au 19e siècle par la faute d’un conseiller municipal peu scrupuleux, sont aujourd’hui conservés au Badisches Landesmuseum de Karlsruhe, qui les dépose confraternellement à Colmar. Ceux-ci ont été restaurés par Andrea Wahning. Bref, une approche collégiale exemplaire.

Le coût total de ce projet s’élève à 1,3 million d’euros, dont 720 000 euros pour la restauration elle-même.

Le travail qui y a été fait est exceptionnel. Tout a commencé en 2003 suite à un constat : des siècles de crasse accumulées sur de vieux vernis oxydés rendaient ce chef-d’œuvre difficile à lire. En 2011, il a été décidé de l’assainir en commençant par un panneau. Le vernis s’est vite éclairci, si vite que beaucoup ont été émus par un travail exécuté dans les règles de l’art, mais qu’ils croyaient avoir été fait à la hussarde.

La polémique conduit alors la directrice des musées de France, Marie-Christine Labourdette, à demander à Pantxika de Paepe d’agir avec plus de prudence, ce qu’elle fait et même mieux : en 2013, il est décidé d’aller au-delà du simple nettoyage et de procéder à la restauration complète de l’ensemble.

Le coût total de ce projet s’élève à 1,3 million d’euros : 720 000 euros pour la restauration proprement dite, le reste pour les études préliminaires et la construction d’ouvrages permettant une évacuation d’urgence en cas d’incendie. . Nous en profiterons pour applaudir les mécènes qui ont été nombreux à contribuer à cette résurrection.

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Lemonde Arts

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