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Riad Sattouf, auteur de « L’Arabe du futur », remporte le Grand Prix du Festival d’Angoulême

L’auteur et réalisateur de BD Riad Sattouf a remporté mercredi le Grand Prix du Festival d’Angoulême, l’une des plus grandes distinctions mondiales dans le domaine.

Le franco-syrien Riad Sattouf, auteur de « L’Arabe du futur », a remporté le Grand Prix du Festival d’Angoulême, la plus haute distinction du monde de la bande dessinée, mercredi 25 janvier.

Le dessinateur de 44 ans, élu par ses confrères auteurs de BD à l’occasion du 50e édition du célèbre festival, a reçu la distinction lors de la cérémonie d’ouverture au Théâtre d’Angoulême. « C’est très impressionnant », a-t-il déclaré après une standing ovation.


Il a rendu hommage à sa grand-mère maternelle, celle qui la première a cru en son talent. « J’ai voulu faire une bande dessinée en imaginant qu’elle aimerait la lire, elle qui n’aimait pas ça », a expliqué le dessinateur à propos de « L’Arabe du futur ». « Je suis profondément honoré et ému (…) C’est la pièce maîtresse qui manquait au sommet de la pyramide de mon ego », a-t-il lancé. « Faire des livres, et encore des livres. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire aussi. »

Riad Sattouf a battu deux femmes. Pour la Française Catherine Meurisse, c’est la quatrième fois consécutive qu’elle est battue en finale. Elle peut se consoler avec son entrée à l’Académie des beaux-arts en novembre. L’Américaine Alison Bechdel avait quant à elle reçu une forme de reconnaissance, moins visible mais plus rare, lorsque « Les Secrets d’une force surhumaine » avait été sélectionné par le Prix Médicis dans sa première sélection en littérature étrangère en septembre.

Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême est décerné depuis 1974, avec tous les grands noms de la bande dessinée, notamment franco-belge, à son palmarès. Celui-ci ne s’est que peu ouvert aux autres continents, privilégiant quelques auteurs américains et japonais, malgré la forte tradition de la bande dessinée dans ces pays.

Le succès mondial de « L’Arabe du Futur »

Il a fallu beaucoup d’exigences au dessinateur d’une jeunesse modeste en Syrie pour sa consécration avec ce Grand Prix à Angoulême, mais à 44 ans, il a retrouvé une popularité qui dépasse le monde de la bande dessinée.

Il est le fils d’un Syrien, docteur en histoire qui a souffert de ne jamais trouver la même reconnaissance, et d’une Française qui a été un soutien précieux dans sa vocation. Cette histoire de la naissance d’un artiste est racontée en détail dans « L’Arabe du futur », une autobiographie dessinée en six volumes (2014 à 2022), qui avait dépassé les trois millions d’exemplaires vendus, avant l’arrivée en librairie. de la dernière partie.

« Quand je vivais dans mon petit village de Syrie, il n’y avait pas de librairie, pas de bibliothèque. J’avais une vie confinée », expliquait-il à l’AFP à l’occasion de la parution du tome 5. « Cet intérêt pour les livres et la BD, je le dois à ma grand-mère bretonne, qui m’envoyait des livres par la poste », a-t-il ajouté.

Cette série, traduite dans plus de 20 langues, connaît un succès international. Et ce tome 6, avec seulement un peu plus d’un mois en rayon après sa sortie le 22 novembre, était le 12e livre le plus vendu en France en 2022.

adolescence dessinée

Mais Riad Sattouf dessine aussi la vie d’une jeune parisienne d’aujourd’hui, depuis qu’elle a 10 ans, dans « Les Cahiers d’Esther » (7 tomes depuis 2016), et s’est lancé dans celle de l’acteur Vincent Lacoste (« Le Jeune Acteur », 1 tome pour l’instant).

Pourquoi lui ? Car Riad Sattouf, cinéaste, a lancé sa carrière. Il a réalisé deux longs métrages, « Les Beaux Gosses » (2009) et « Jacky au royaume des filles » (2014). Et il en prépare un troisième, aux côtés des idoles de la jeunesse : le trio comique des Inconnus.

Ce travailleur acharné et méticuleux jongle avec les projets avec une aisance qui n’est qu’une façade. En vérité, il se remet en question tout le temps. Il dit avoir été marqué, au lycée, par un professeur qui lui disait : « Sattouf, tu as des facilités, mais tu sais ce qui arrive à ceux qui ont des facilités et qui ne travaillent pas ?

Avec l’AFP



France 24

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