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Rififi à Romainville entre les espaces d’art et le groupe immobilier Fiminco

Tout est bien qui finit bien ? En accord avec le groupe immobilier Fiminco, l’association Jeune Création quittera le 20 mai le site qu’elle occupait au sein du complexe culturel de Komunuma, à Romainville (Seine-Saint-Denis), juste après la tenue de son festival annuel d’art contemporain (30 avril au 15 mai). Selon nos informations, le groupe immobilier avait convoqué son locataire en mars, lui réclamant plus de 80.000 euros d’arriérés de loyers et charges impayées. De l’autre côté, le locataire démuni, défendu par l’avocat Emmanuel Pierrat, a assuré qu’une convention de mécénat l’exonérait de loyer. L’affaire avait tourné au vinaigre lorsque Jeune Création avait soupçonné son propriétaire d’avoir volé l’oeuvre en janvier Qui se tait consent, par l’artiste Corentin Leber. Fiminco a alors farouchement démenti par le biais d’un communiqué de presse et l’œuvre a depuis été retrouvée.

Le litige qui vient d’être clos montre cependant les limites du mariage de l’art et de l’immobilier dans la commune de Romainville. En octobre 2019, au tout début de l’histoire de cette enclave arty, la fable s’écrit d’une toute autre manière, comme la promesse de Brooklyn, de l’autre côté du périphérique. Quatre galeries pointues – Air de Paris, In Situ, Vincent Sator et Jocelyn Wolff – ont fait leur promotion et celle de leur bailleur atypique. Ensemble, ils visent à bousculer la cartographie de l’art, alors centrée sur trois quartiers parisiens, Saint-Germain-des-Prés, Belleville et le Marais. Dans ce qui est encore un chantier, en lieu et place des anciennes usines du laboratoire pharmaceutique Roussel-Uclaf, un écosystème se déploie avec le FRAC Ile-de-France, une librairie, une société de production, des résidences d’artistes. L’effet d’entraînement fait intervenir la danseuse Blanca Li et l’école de design Parsons Paris. « Avec tout le talent qu’il y a ici, ça devrait être le bonheur, confie pourtant l’un des occupants, qui, comme la plupart, exige l’anonymat. Tout devrait être facile. Et encore… »

Les griefs s’accumulent

Malfaçon, signalétique sommaire, communication tendue : les griefs s’accumulent contre le groupe Fiminco. Les galeries, les premières, déchantent. A partir de 2019, plusieurs dégâts des eaux ont inondé leurs sous-sols – les travaux d’étanchéité seront réalisés en juin 2020. Chauffage « A fait un bruit de jet lors du déclenchement » se souvient Jocelyn Wolff. Pire, ils n’ont pas de connexion Internet, promis dans le contrat. Fiminco leur fournit des barres 4G, mais celles-ci ne suffisent pas toujours. Les galeries réclament, sans succès, une franchise sur les loyers. Lassés du bras de fer, ils cèdent leur propriétaire au printemps 2020. Deux ans plus tard, les problèmes techniques ont été résolus, mais le litige perdure. Sollicité par Le monde, Gérald Azancot, président du groupe Fiminco, tente d’arranger les choses : « Pour être honnête, c’est un projet lancé par hasard, qui est sorti de terre en peu de temps, sans commune mesure avec mes moyens. Et il y a eu beaucoup de tensions liées au Covid. »

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Lemonde Arts

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