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Roman Abramovich, propriétaire de Chelsea et d’un empire désormais menacé


Devenu l’un des hommes les plus riches de Russie sur les ruines de l’URSS, le propriétaire du club de football de Chelsea, Roman Abramovich, a été dépassé jeudi par ses liens avec le Kremlin, ses avoirs étant désormais gelés par les autorités britanniques qui lui interdisent également de voyager.

Lui qui a annoncé la semaine dernière la vente du club de Premier League dont il a forgé le succès depuis son acquisition en 2003 pour 140 millions de livres (168 millions d’euros), voit cette possibilité désormais gelée.

Le milliardaire de 55 ans à la courte barbe blanche, jet-setteur qui possède une immense résidence de 15 chambres dans le quartier huppé de Kensington à Londres, fait partie de ces hommes d’affaires qui se sont enrichis de façon fulgurante dans les années 1990 après la création de l’économie de marché en Russie, gagnant une influence politique considérable.

Premier actionnaire du sidérurgiste Evraz, avec une fortune estimée par Forbes à plus de 13 milliards de dollars, ses opérations au Royaume-Uni ont été une source d’embarras pour les autorités britanniques dans un contexte de pression pour mettre fin au flux d’argent russe parfois discutable dans la City.

Ces dernières années, il a limité ses apparitions au Royaume-Uni, où il pouvait se rendre sans visa grâce à sa nationalité israélienne. Il a également reçu un passeport portugais, mais la justice de ce pays a ouvert une enquête sur les conditions de cette naturalisation.

– Études de mathématiques –

Né à Saratov dans le sud de la Russie le 24 octobre 1966, orphelin très jeune et élevé par son oncle, le jeune Romain grandit en partie dans l’Extrême-Nord russe et étudie les mathématiques à Moscou avant de se lancer dans les affaires, en fondant des PME.

La maison de Roman Abramovich à Londres, le 4 mars 2022
(AFP – Tolga Akmen)

Il se révèle rapidement être un redoutable homme d’affaires. En 1996, le gouvernement a vendu la majorité des actions du vaste groupe pétrolier Sibneft pour 100 millions de dollars – une fraction de leur valeur réelle. Les titres se retrouvent dans le portefeuille d’Abramovich et il les revendra au géant public Gazprom à prix d’or.

Du pétrole à l’aluminium en passant par l’automobile, sa fortune croît rapidement. Il finance, avec d’autres hommes d’affaires, la campagne de réélection du président Boris Eltsine en 1996 et a ses entrées au Kremlin, où les oligarques nouent des relations étroites avec l’entourage du président.

– Discret et prudent –

Lorsque Vladimir Poutine succède à Boris Eltsine en 2000, il opte pour la prudence et prend ses distances avec l’entourage de l’ancien chef de l’Etat.

Il échappe ainsi au sort de Mikhail Khodorkovsky, un opposant en exil après des années de prison, ou de son propre associé en affaires Boris Berezovski, un féroce critique du pouvoir retrouvé mort chez lui en 2013, en Angleterre.

Sa loyauté a été récompensée par un poste de gouverneur de la région de Tchoukotka dans l’Extrême-Orient russe. Un temps première fortune de la Russie, elle est parfois accusée d’agir dans ses opérations financières comme le « sous-marin » du Kremlin.

Roman Abramovich, propriétaire de Chelsea et d’un empire désormais menacé
Un yacht de 140 mètres appartenant à Roman Abramovich le 1er mars 2022 dans le port de Barcelone
(AFP – Josep LAGO)

Amateur de ballon rond, M. Abramovitch a racheté en 2003 le club phare de la capitale britannique, Chelsea. Depuis l’arrivée du Russe, le CFC a connu sa meilleure période, avec cinq titres de champion d’Angleterre, deux Ligues des champions et une FA Cup.

Il mène une vie luxueuse à l’abri des médias, possédant un yacht de 162 mètres, Eclipse, si longtemps qu’il ne peut pas s’amarrer au « quai des milliardaires » à Antibes sur la Côte d’Azur. Les sanctions de jeudi permettent sa saisie.

Il posséderait une demi-douzaine d’autres yachts.

Père de sept enfants, il se sépare en 2017 de sa compagne Daria Joukova, qui a fondé une galerie d’art contemporain à Moscou.

Soucieux de sa réputation, il a obtenu fin 2021 des excuses de l’éditeur d’un livre sur Vladimir Poutine de la journaliste britannique Catherine Belton, dans lequel il est affirmé que le président russe a supervisé un vaste exode d’argent sale pour étendre l’influence de son pays à l’étranger.


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