Saint-Gobain poursuit sa croissance dans la chimie du bâtiment

Saint-Gobain construit, étape par étape, un portefeuille leader dans la chimie de la construction. Le numéro un mondial des matériaux de construction a annoncé jeudi 27 juin avoir conclu un accord « accord final » pour l’acquisition (960 millions d’euros) de Fosroc, acteur majeur (non coté) de ce secteur qui permet notamment de réduire l’empreinte carbone du béton.

Basée à Dubaï et détenue par l’homme d’affaires écossais James Hay, qui l’a fondée en 1972, la société finalise l’acquisition de Chryso en 2021, pour le même montant, et celle de l’américain GCP, un an plus tard, pour 2 milliards d’euros, soit deux opérations également financées par le Trésor. Cela portera le chiffre d’affaires de cette activité à 6,2 milliards d’euros, réalisé dans 73 pays et employant 13 000 salariés. En ajoutant à cela les acquisitions de Bailey et CSR Limited, Saint-Gobain prévoit de maintenir un ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) au bas de la fourchette de 1,5 à 2 fois.

La chimie de la construction, qui concerne des activités de plus en plus techniques (additifs pour ciment, adjuvants pour béton, joints haute performance pour grandes infrastructures, etc.) était déjà une cible de Saint-Gobain en 2014. Son PDG, Pierre-André de Chalendar tentait alors de acquérir le suisse SIKA, numéro 1 du secteur. Face au refus de ses dirigeants, la tentative a échoué, le groupe français ressortant avec une confortable plus-value. Sans renoncer à entrer et à se développer dans le secteur.

Le « grand chelem »

Nommé directeur général en 2021, puis directeur général en juin 2024, Benoît Bazin a poursuivi l’effort. Il en a même fait un axe majeur de sa politique d’allocation de capital. Après Chryso et GCP, deux sociétés qui « se sont parfaitement intégrés à Saint-Gobain »aujourd’hui, il croit avoir atteint le « Grand Chelem » avec cette troisième acquisition, présentée comme une entreprise très performante et « iconique » dans son domaine.

A chaque étape, ces trois sociétés ont enrichi les solutions proposées par Saint-Gobain (innovations, solutions numériques pour le contrôle du béton, etc.) sur un marché mondial estimé à 100 milliards de dollars (93,5 milliards d’euros) par an, explique-t-il. « La consolidation n’est pas terminée », ajoute M. Bazin. Elle a identifié d’autres cibles de plus petites tailles dans les segments de la chimie du bâtiment qui viendront tôt ou tard enrichir son portefeuille.

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M. Bazin a une deuxième priorité pour ses investissements : l’expansion géographique sur les marchés à forte croissance. Alors que Saint-Gobain est déjà bien implanté en Europe, en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Afrique, l’acquisition de Fosroc (487 millions de dollars de chiffre d’affaires) va renforcer sa présence en Inde et au Moyen-Orient. -Est, régions où se multiplient ports, aéroports, gratte-ciel, autoroutes et barrages.

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