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Salaire, avantages sociaux et horaires : des employés nous racontent ce que c’est de travailler à la SAQ


Avec un salaire de départ de 21,50 $ l’heure dans le secteur, il n’est pas surprenant que la Société des alcools du Québec (SAQ) ait la réputation d’être un employeur bien rémunéré. Mais quelles sont les conditions de travail dans l’entreprise publique ? Pour le savoir, nous avons discuté avec quatre employés actuels de la SAQ, qui travaillent dans les succursales et les entrepôts.

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En succursale – à la SAQ et à la SAQ Sélection

Le salaire est-il vraiment si bon ?

Le salaire horaire d’entrée dans les succursales SAQ et SAQ Sélection est de 6,25 $ de plus que le salaire minimum au Québec, qui est de 15,25 $ l’heure. En incluant les avantages marginaux, le salaire horaire s’élève à 23,10 $, précise la SAQ dans la section Carrière de son site.

Après un peu plus de six ans comme caissière-vendeuse dans un magasin de Lanaudière, Julie* gagne 24,40 $ de l’heure. Pour elle, la réputation de la SAQ comme employeur bien rémunéré est surfaite, en raison de la précarité de l’emploi dans les premières années. Et même si elle est supérieure au salaire minimum, la rémunération des employés de la SAQ ne suit pas l’augmentation du coût de la vie, estime-t-elle.

« Ce n’est plus ce que c’était. Maintenant, c’est un métier qui convient mieux aux étudiants », explique Julie.

Nadine* travaille depuis 16 ans comme caissière-vendeuse dans une succursale SAQ de la Montérégie. Elle gagne environ 30 dollars de l’heure. Elle a pu atteindre ce niveau en occupant des « postes plus petits » qui lui ont fait gravir les échelons salariaux avant d’avoir un emploi à temps plein.

Cependant, elle ne pouvait pas répéter ce voyage, a-t-elle déclaré. La plus récente convention collective, qui a expiré le 31 mars, prévoit plutôt des augmentations salariales variant entre 1,75 % et 2 %, selon les années.

Les membres du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ font effectivement pression lors des négociations de leur nouvelle convention collective. Les employés du magasin n’excluent pas la possibilité d’une grève, révèle Julie.

Les avantages sociaux offerts par l’entreprise publique sont importants, juge néanmoins Nadine. «Vous pouvez cotiser au fonds de pension même si vous travaillez à temps partiel et êtes de garde», précise-t-elle.

Julie déplore le fait que les employés à temps partiel ayant moins de 7 ans d’ancienneté ne soient pas couverts par une assurance collective.

Le planning à oublier

Pour les deux employés rencontrés, l’horaire est l’aspect le moins apprécié du travail en succursale à la SAQ. D’une part parce que les horaires ne sont pas garantis, mais aussi parce que l’obtention d’un poste permanent prend beaucoup de temps.

Pour les employés à temps partiel qui n’ont pas d’horaire fixe, cette précarité d’emploi peut être particulièrement éprouvante. Julie a également dû se tourner vers l’assurance-emploi l’hiver dernier, car elle ne travaillait que 12 heures par semaine.

« Cela faisait deux ans que je travaillais 37 heures par semaine, et maintenant je suis descendu à 12 heures. L’hiver a été difficile. Il faut être têtu pour rester», souligne-t-elle.

« C’est bien beau d’avoir un bon salaire horaire, mais quand on n’a pas d’heures, ça ne paie pas très bien. « Tu ferais mieux d’aller travailler chez Walmart avec dix heures garanties », ajoute Nadine.

Les salariés à temps partiel qui n’ont pas beaucoup d’ancienneté sont de garde et bénéficient d’horaires qui varient de semaine en semaine, selon les besoins de la branche.

« Le vendredi après-midi, quand il fait beau, les managers doivent passer beaucoup d’appels, car les salariés préfèrent profiter de leur soirée. On finit souvent par manquer de salariés et cela devient plus fatiguant et plus exigeant. Nous n’avons pas le temps de faire la préparation des comprimés et nous devons beaucoup courir pour servir les clients, donc nous risquons de nous blesser », explique Julie.

Selon elle, le fonctionnement sur appel est plus difficile tant pour les ouvriers que pour les directeurs d’agence, qui doivent parfois abandonner leurs tâches pendant un certain temps afin de trouver un employé qui accepte de travailler le jour même.


Joël Lemay / Agence QMI

Elle a du mal à comprendre pourquoi la société d’État fait cela.

Nadine espère toutefois que la pénurie de main-d’œuvre changera la donne et que la SAQ commencera à offrir des heures garanties aux employés qui ne détiennent pas de poste permanent.

La travailleuse de 62 ans n’a obtenu sa titularisation qu’après 12 ans de service. « C’est fou, ça m’a pris 12 ans et (le planning de) mon travail est moche. On parle d’un poste qui fonctionne le samedi et le dimanche», déplore-t-elle.

« Pour avoir un horaire du lundi au vendredi, il faut 20 ans de service minimum », précise-t-elle.

En raison de toute cette incertitude liée à son emploi, Julie n’envisage pas rester à long terme à la SAQ, même si y travailler était un rêve d’enfant.

« Je me remets en question, comme beaucoup de mes collègues, avoue-t-elle.

Un métier exigeant

Hormis les postes de directeur et d’adjoint au directeur, le poste de caissier-vendeur est le seul qui existe en magasin. Cela signifie que ceux qui l’occupent doivent réaliser une grande partie des tâches liées au bon fonctionnement d’une succursale.

« On fait tout, pas seulement la caisse, explique Nadine. Nous vendons, nous déballons les (commandes) palettes, nous soulevons et plaçons les caisses. C’est beaucoup de travail physique.

Vendredi, elle estime qu’elle devra déballer et placer une centaine de cartons, puisque la succursale pour laquelle elle travaille reçoit jeudi soir une commande de dix palettes. « En plus, il y a beaucoup de clients, car c’est la veille du week-end. Ce n’est pas toujours facile », dit-elle.


MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Elle apprécie néanmoins le travail d’équipe et considère que la SAQ est un employeur à l’écoute de ses employés.

« Vous n’avez pas besoin de connaissances de base en vin ou en spiritueux pour participer. La connaissance (la SAQ) vous l’apporte. Il y a toujours des cours ou des formations proposés. Vous n’avez besoin que d’un secondaire 5 et c’est il« , elle dit.

Les produits offerts à la SAQ sont la passion de Julie. « On met souvent des étoiles dans les yeux des clients et c’est ce que j’aime dans mon métier. Il y a plus de gens qui repartent satisfaits qu’insatisfaits », se vante-t-elle.

Dans Entrepôt

Un salaire « excellent »

Dans un entrepôt, le salaire d’entrée est plus élevé que dans une succursale : à son embauche, un préposé gagne 23,09 $ de l’heure, puis augmente à 24,65 $ de l’heure une fois la période de probation terminée.

Les postes sont aussi beaucoup plus variés, indique Carl*, employé à la SAQ depuis 21 ans et qui travaille comme cuisinier. La société d’État ne sous-traite pas le service alimentaire des cafétérias pour ses employés.

« Nous avons près de 800 employés d’entrepôt et 300 employés de bureau. Cela fait beaucoup de bouches à nourrir », explique-t-il.

Outre les cuisiniers, il existe toutes sortes de métiers qui visent à assurer « le bon déroulement des opérations » dans l’entrepôt, notamment celui de mécanicien, plombier, électricien, menuisier, peintre, préposé à l’entretien ménager et chauffeur de camion, en plus des postes de préposés qui sont occupé à préparer les commandes pour les succursales.

« C’est une grande famille de métiers, la SAQ ! résume celui qui gagne 33,51 $ de l’heure et qui a d’abord suivi une formation de commis à la réception, à l’expédition et à la livraison.


Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUÉBEC

La plus récente convention collective des employés d’entrepôt prévoit près de dix classes salariales selon le poste occupé et chacune comporte six échelons, qu’une personne gravit après un nombre d’heures de travail déterminé.

Pour le poste de préposé à l’entrepôt – pour lequel la SAQ est en campagne de recrutement – ​​l’échelle salariale la plus élevée est de 33,22 $ de l’heure, laquelle est généralement atteinte après cinq ans. Diverses primes, pour les quarts de soir (1,55 $ de l’heure) et de fin de semaine (4,12 $ de l’heure), peuvent également être ajoutées à la rémunération.

Pour Céline*, qui travaille dans un entrepôt de Montréal, le salaire est « excellent » par rapport au niveau de scolarité exigé par la SAQ. Elle gagne 39,40 $ de l’heure.

Elle estime également que les avantages sociaux, comme les assurances collectives et le régime de retraite, valent leur pesant d’or. Tous les employés de la société d’État ont accès au Régime de retraite du gouvernement et des organismes publics (RREGOP).

« Notre assurance collective coûte cher parce qu’il y a beaucoup d’accidents du travail, plusieurs personnes sont en arrêt de travail. Mais ils sont bons et il y a un projet familial », dit-elle.

Un planning plus satisfaisant

À l’entrepôt, la plupart des salariés travaillent à temps plein, soit 38,75 heures réparties sur quatre ou quatre jours et demi, précise la convention collective.

Les quarts de travail sont variés, avec des quarts de jour commençant tôt le matin – vers 6 h 30 pour la plupart des préposés – et des quarts de soir se terminant au milieu de la nuit – à 2 h 15 du matin.

Contrairement aux employés de la succursale, Carl et Céline se disent satisfaits de leur horaire.

Une ambiance de travail « pire que zéro »

Malgré de bons salaires et des avantages sociaux intéressants, l’ambiance de travail laisse à désirer dans les entrepôts, selon les deux employés qui 24 heures a parlé.

« En tant qu’employeur, la SAQ n’est pas vraiment à l’écoute de ses employés, affirme Carl.

Malgré l’ambiance de travail devenue « pire que zéro » ces dernières années, Céline, qui travaille dans l’entreprise publique depuis 1997, n’envisage pas de changer de métier. Il ne lui reste que 5 ans avant de pouvoir prendre sa retraite.

« Cela fait 25-26 ans que je cotise à ma caisse de retraite et si je pars, je perds mon RREGOP. J’aime toujours autant le travail que je fais grâce aux gens que je rencontre sur le terrain, donc je ne me vois pas partir. À moins que je ne gagne le jackpot, je pars demain matin », dit-elle.

« S’il me restait 15 ans, je ne resterais certainement pas », dit-elle.

Même son de cloche du côté de Carl, qui ne compte pas partir. Il lui reste 13 ans avant de prendre sa retraite.

*Prénoms fictifs pour éviter que les salariés ne subissent des représailles pour leur témoignage.


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