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Samuel Piette, de Repentigny à la Coupe du monde


Le milieu de terrain devait avoir 4 ans la première fois qu’il a chaussé les crampons. Enfant unique, c’est avec ses deux cousins, Gabriel et Mathieu, qu’il se passionne pour le sport. Le Québécois assure qu’il n’a jamais été le meilleur de son équipe. Il n’était pas le plus fort techniquement, mais il s’est toujours distingué par sa discipline au travail.

C’est très cliché de dire ça. Je ne me suis pas rendu compte que j’avais du potentiel, que j’étais bon ou que je pouvais faire ça de ma vie avant d’arriver sur les équipes du Québec ou même sur l’équipe nationale des moins de 17 ans. C’est là que vous commencez à réaliser que vous n’êtes pas si mal. Mais je n’ai vraiment pas pensé à aller à une Coupe du mondeavoue-t-il en entrevue à Radio-Canada Sports, quelques semaines avant son départ pour le Qatar.

Samuel Piette, lors d’un match entre le Canada et Cuba en 2012.

Photo : Getty Images/Frederick Breedon

Son parcours est particulièrement atypique. À une époque où l’Académie de l’Impact, ou CF Montréal, n’existait pas, Piette a pris le pari de partir pour l’Europe à seulement 14 ans.

Il s’est d’abord retrouvé en France, où il a poursuivi son développement avec le FC Metz. Il fait ensuite escale en Allemagne, puis en Espagne, avant de finalement revenir au Québec, sept ans après l’avoir quitté. C’est à domicile, avec l’Impact, que sa carrière a pris son envol, ce qui lui a éventuellement permis de se tailler une place au sein de l’équipe canadienne pour la Coupe du monde. Un rêve qui lui avait longtemps semblé inaccessible.

Pour moi, le Canada, à la Coupe du monde, c’était impossible, dit-il en parlant de son enfance. Je ne pensais même pas que c’était possible au niveau des règles ou des lois administratives. Dans ma tête, c’était juste les pays d’Afrique, d’Europe… En vieillissant, j’ai compris le Jeu, mais le Canada était à des années-lumière de la qualification. Donc je n’y croyais pas vraiment. Plus tard, il y a eu un changement avec John Herdman et son Personnel. Et oui, j’ai commencé à y croire.

Le capitaine du Bleu-blanc-noir est devenu, en quelque sorte, le visage du soccer québécois. Il est bien conscient du rôle et de la responsabilité que cela implique. Au Qatar, il représente évidemment le Canada, mais il espère servir d’inspiration aux jeunes joueurs québécois.

 » Nous n’avons pas beaucoup de représentants du Québec. Alors c’est certain qu’être cette personne, du Québec, qui représente le pays à une Coupe du monde, qui est le plus gros événement sportif, c’est complètement fou ! »

Samuel Piette, de Repentigny à la Coupe du monde

Samuel Piette, capitaine du CF Montréal

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Son épouse et son fils ne sont pas du voyage, mais il peut néanmoins compter sur la présence de ses parents. Vivre ce moment historique avec ceux qui ont toujours été derrière lui dans la réalisation de ce rêve est particulièrement symbolique.

Malheureusement, ma compagne et mon fils ne viennent pas car un vol de 12 ou 13 heures pour mon fils qui a du mal à rester immobile plus de cinq secondes… C’est au Qatar, c’est un autre monde, il y a beaucoup de points d’interrogation. Nous ne prendrons aucun risque. C’est dommage, mais c’est la chose à faireexplique celui qui a fêté ses 28 ans une semaine avant le début de la Coupe du monde.

Ça va être spécial, ça va être spécial. Mes parents ne sont pas de grands voyageurs, mais ils ont beaucoup voyagé à cause de moi. Je suis super contente et surtout fière de les avoir à mes côtés pour un moment comme celui-ci.il ajoute.

Le Canada, pas seulement un extra

Ce sera la première Coupe du monde en 36 ans pour le Canada. Aux yeux de beaucoup, le simple fait d’avoir réussi à se qualifier est un exploit en soi. Samuel Piette assure que les joueurs sont bien conscients de leur rôle d’outsiders, mais le Québécois est persuadé que le pays a tous les atouts pour créer la surprise.

 » Je pense qu’on va être l’équipe du groupe et même de la planète, en voyant travailler John Herdman et son staff, qui sera la mieux préparée pour les matchs. »

Et aussi, nous avons la qualité. Sur le terrain, nous avons une qualité individuelle. Nous avons des gars comme Alphonso Davies et Jonathan David, qui est actuellement l’un des meilleurs attaquants au monde. Nous avons des gars qui jouent en Ligue des champions. Cette qualité individuelle pourra faire la différence à certains moments.fait-il remarquer.

Samuel Piette, de Repentigny à la Coupe du monde

Samuel Piette, dans l’uniforme de la sélection canadienne, en 2017

Photo : La Presse Canadienne / Paul Chiasson

Samuel Piette a eu la surprise ces dernières semaines de s’imaginer au Qatar, vêtu du maillot à la feuille d’érable, lors de l’hymne national canadien avant le duel face à la Belgique. Une image qui lui donnait déjà des frissons.

Samuel Piette, de Repentigny à la Coupe du monde

Samuel Piette avant un match amical contre le Qatar en 2022.

Photo: dpa via getty images / JOE KLAMAR

Quand j’imagine ce moment, je pense à tout le parcours, à tous les matches, à tous les camps que j’ai eu en équipe nationale depuis 2012, confie-t-il. Je repense à ces moments moins roses, ces moments un peu plus difficiles qu’a connus la sélection canadienne.

Et je pense à ma famille, mes amis… Tous ces gens qui, je le sais, seront fiers.

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