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Tétreaultville |  La fermeture d’un jardin communautaire suscite l’ire des citoyens

Des citoyens élèvent la voix après la fermeture du jardin communautaire de Souligny, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, en raison de la construction d’un projet immobilier. Soutenus par un conseiller de l’opposition, ils affirment pouvoir continuer à avoir accès à une partie du jardin malgré le chantier.

Publié à 15h42

Tétreaultville |  La fermeture d’un jardin communautaire suscite l’ire des citoyens

Henri Ouellette-Vézina
La presse

« Si le maire avait organisé une consultation publique avant de fermer le jardin, il aurait vu qu’il est difficile pour beaucoup d’entre nous de se déplacer », explique Franz Charneux, un habitant du quartier.

Ancien président du jardin communautaire de Souligny, ce citoyen regrette que la Ville ait agi sans tenir compte de la volonté de la population, en fermant complètement l’accès au site dès le 13 juin. « La réalité, c’est que ça semble avoir marché pour eux, parce que quand j’ai essayé de leur soumettre ce problème, on m’a dit qu’il y avait déjà une liste d’attente pour [le jardin communautaire] Clément-Jetté », fustige-t-il.

Situé à proximité, cet autre jardin est cependant difficile d’accès pour plusieurs citoyens qui souffrent de handicaps ou d’autres problèmes de santé, selon le citoyen. Il s’agit d’un vaste projet immobilier, situé dans l’ancienne cour de la route Honoré-Beaugrand, qui a forcé la fermeture du jardin de Souligny. Le promoteur prévoit d’y construire près de 300 logements. La Ville affirme avoir informé les résidents de la situation il y a près de deux ans, à l’automne 2020, qu’ils devront trouver un nouvel espace.

Besoins « en pleurs »

Les citoyens et le conseiller de Tétreaultville, Julien Hénault-Ratelle, dénoncent cependant qu’une trentaine de jardins – situés « sous l’abri du chantier – soient fermés alors qu’ils pourraient être ouverts au public en toute sécurité. De plus, « ce jardin est situé dans l’un des quartiers de l’arrondissement où les besoins en termes d’accès alimentaire sont les plus criants », critique l’élu.

« Avec l’inflation et le temps d’attente qui s’élève à plusieurs années pour obtenir un espace dans un jardin communautaire à Montréal, cela n’a aucun sens de fermer mur à mur cet espace qui fait une vraie différence pour plusieurs familles qui vivent dans des HLM. logement », ajoute-t-il, appelant à une « vraie concertation ».

Tétreaultville |  La fermeture d’un jardin communautaire suscite l’ire des citoyens

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Vue aérienne du chantier et de ce qui reste du jardin communautaire de Souligny.

M. Hénault-Ratelle se plaint également qu’aucun projet post-construction n’ait encore été présenté aux citoyens, alors que les travaux devraient durer au moins trois ans. Une pétition signée par 160 personnes devrait être déposée par M. Charneux lors du prochain conseil d’arrondissement, qui est prévu le 4 juillet.

Au bureau du maire de l’arrondissement, on réitère que le projet est déjà passé devant l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). « Tous les éligibles au jardin de Souligny ont été relogés au jardin Clément-Jetté avec un nouvel espace », affirme l’attachée de presse, Laury Chayer, précisant que le jardin de Souligny « a toujours été destiné à une activité temporaire ».

Vingt jardins sur les 125 étaient déjà « contaminés », rappelle l’arrondissement, et aucun d’entre eux ne disposait d’un accès universel, contrairement au jardin Clément-Jetté, qui compte 147 jardins sains. « La construction de logements se fait en plusieurs phases, donc au lieu d’évacuer les gens dans des conditions précipitées et désorganisées, l’arrondissement a trouvé plus responsable de fermer et de s’assurer qu’il y avait un autre espace, sans rupture de service », insiste M.moi Chayer.

L’engouement pour le jardinage urbain est actuellement très fort, surtout depuis la pandémie de COVID-19. En avril dernier, la firme Angus Reid montrait dans un sondage que plus d’un million de ménages canadiens veulent apprendre à jardiner en 2022, un nombre qui s’ajoute à celui des jardiniers convertis pendant la pandémie et avant.

Mais il y a le revers de la médaille. En mai, Radio-Canada révélait que l’attente pour une place dans un jardin communautaire est en hausse à Montréal. Dans certains secteurs très denses comme Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, il faut attendre entre six et dix ans avant d’obtenir une place. Idem sur le Plateau-Mont-Royal (7-10 ans) ou Verdun (3-4 ans). Plus au nord, la situation est plus supportable ; il faut attendre un à trois ans dans Ahuntsic-Cartierville.

« Alors qu’en 2020, l’insécurité alimentaire était un argument de poids pour inciter les gens à cultiver chez eux, cette considération est en partie redirigée vers des préoccupations d’accessibilité et de fraîcheur des aliments », expliquait en avril le directeur du Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire, Sylvain Charlebois.


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