un projet de 1,4 milliard d’euros aux résultats incertains

Le comité d’organisation olympique est prêt à reporter de quelques jours les épreuves de natation prévues dans la Seine. Mais il n’a pas de plan B. Le triathlon pourrait se transformer en duathlon.
RD

NARRATIF – La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est engagée à ce que les épreuves de natation se déroulent dans la rivière. Malgré d’énormes investissements, il faudra attendre le dernier moment pour savoir si les sportifs pourront y plonger sans risque pour leur santé.

Paris commence à revêtir ses habits olympiques. Place de la Concorde, les tribunes sont érigées pour que le public puisse assister aux compétitions de basket 3X3 et de skateboard. Au Champ de Mars, qui accueillera le beach-volley, se dessine le stade éphémère de la Tour Eiffel. Rien en revanche au pont Alexandre III. C’est pourtant de là que les athlètes doivent plonger dans la Seine pour disputer l’épreuve de triathlon de natation, ainsi que le 10 km en eaux vives, rebaptisé « marathon de natation ».  » Est-on sûr que ces compétitions auront lieu dans la Seine ? », demande un passant, surpris.

Depuis que les Jeux Olympiques ont été attribués à la Ville Lumière en 2017, les Parisiens n’ont jamais cru à la promesse d’organiser des événements sur le fleuve. Pas plus que celui d’ouvrir la baignade à tous dès l’été 2025 sur trois plages de la capitale : près du port de Grenelle (XVe arrondissement), à Pont Marie (IVe ) et en contrebas du parc de Bercy (XIIe). L’enquête réalisée mi-2021 par l’Ifop résume l’opinion des Français : seuls 12 % souhaiteraient se baigner dans la Seine qu’ils trouvent polluée (58 %), sale (41 %) et dangereuse (14 %).

Le plongeon d’Hidalgo et Macron

Les pouvoirs publics ont déployé de gros moyens pour respecter leur promesse : près de 1,4 milliard d’euros auront été dépensés pour rendre la Seine baignable. Un projet XXL unique : si l’on peut faire des longueurs dans le Danube à Vienne, dans la Spree à Berlin ou dans le Rhin à Zurich, ce n’est pas au prix d’un tel projet. La culture de santé publique, plus forte dans ces pays, a permis de réhabiliter le fleuve local avec moins d’effort. Surtout à Paris, la décision en 2017 d’organiser des épreuves de natation dans la Seine pour les JO de 2024 a contraint tous les acteurs à se mettre en marche et à ne pas ménager les dépenses.

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous en reste 84% à découvrir.

Voulez-vous en savoir plus ?

Débloquez tous les objets immédiatement.

Déjà inscrit? Se connecter