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un rapport formule des pistes pour sécuriser les acquisitions des musées nationaux

Comment éviter l’acquisition d’œuvres issues d’un trafic illicite ? La question préoccupe actuellement les musées, secoués par l’onde de choc d’une enquête internationale sur le pillage des antiquités. En France, l’achat de sept objets égyptiens de provenance douteuse par le Louvre Abu Dhabi, qui a conduit à l’inculpation des conservateurs, est devenu une affaire d’État et un accroc dans le Le soft power culturel français au Moyen-Orient. Parallèlement à l’enquête judiciaire en cours, la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, a donc jugé urgent de commander un rapport en juin pour améliorer les procédures d’acquisition des musées nationaux. Ce document de 73 pages rédigé par Christian Giacomotto, Marie-Christine Labourdette et Arnaud Oseredczuk, auquel le Monde a eu accès, formule quarante-deux propositions pour promouvoir les bonnes pratiques.

Les éditeurs s’accordent en préambule : « Aucun risque n’existe. » Nul n’est à l’abri d’une mésaventure, d’autant plus que la menace prend aujourd’hui des formes très sophistiquées. A défaut d’éradiquer le danger, il est néanmoins possible de l’endiguer en traitant le problème à la racine. La première recommandation du rapport est de renforcer la formation initiale et continue des conservateurs. Plusieurs pistes sont proposées, notamment la création par l’Ecole du Louvre d’un master sur les questions liées aux origines.

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La mission admet que les dispositifs d’acquisition dans les musées se sont nettement améliorés depuis 2017, et plus encore après la diffusion en novembre 2020 d’un vade-mecum réalisé par le service des musées de France. Ils sont néanmoins hautement perfectibles. « Dans certains établissements, qui ne sont pas ceux où les risques sont les moins élevés, les dossiers d’acquisition sont systématiquement très mal documentés, et se contentent parfois de faire référence à la présentation de la pièce fournie par la maison de vente lors d’une récente vente aux enchères antérieure, ce qui était lui-même incomplet sur les questions de provenance », notent les rapporteurs. Les procédures, différentes d’un musée à l’autre, gagneraient également à être harmonisées. Le rapport recommande ainsi un examen collégial systématique des œuvres par les conservateurs internes ainsi que le recours au scrutin secret.

Une collégialité sans précédent des ministères

Chaque ministère doit également faire sa part pour briser la chaîne de la traite. Cette collégialité inédite devrait se matérialiser dans une commission interministérielle ad hoc, réunissant les ministères de la Culture, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Economie, consacrée au traitement des acquisitions dites « sensibles » d’objets archéologiques et extra-européens. Une « cellule de provenance », destinée à vérifier le bon examen des dossiers, est également à l’ordre du jour. Hébergé par le service des Musées de France, il serait composé d’agents des services de répression et de contrôle, comme l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), ainsi que des Affaires étrangères.

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