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Une autre épée de Damoclès au-dessus de l’usine de La Pocatière

Il y a quelques jours, le logo de Bombardier a été retiré de l’usine de La Pocatière et remplacé par celui d’Alstom, marquant le début d’une nouvelle ère. Mais à l’intérieur des installations, les contrats se font rares et le nombre d’employés est au plus bas.

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Loin sont les grandes années où les 600 employés travaillaient sur les voitures du métro de Montréal, les wagons Azur, lorsque l’usine appartenait encore à Bombardier.

De 300 employés en 2020, ce sont maintenant 150 qui travaillent en permanence aux installations du Bas-Saint-Laurent après les nombreuses mises à pied de l’an dernier.

« Le niveau d’emploi est au plus bas et, chaque fois qu’il y a des mises à pied, il y a aussi des travailleurs qui partent et trouvent un emploi ailleurs », déplore Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN, en entrevue avec Le journal.

Au cours des dernières années, l’usine de La Pocatière a vu filer plusieurs contrats dont le REM de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), un autre de Via Rail et exo trains (voir autre texte ci-dessous).

« Tout a fait mal. Nous avons également dû changer le MR-73 dans le métro de Montréal et cela ne s’est pas fait. Ce sont des contrats qui auraient aidé l’usine », analyse M. Bégin.

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Quelques signes positifs

Malgré l’incertitude, il y a des signes positifs. Le mois dernier, le grand patron du groupe, Henri Poupart-Lafarge, est venu à La Pocatière et a souligné son intention d’en faire son usine phare en Amérique du Nord.

« Ce sont des mots, on a hâte de voir la concrétisation, mais c’est positif. Il faut dire qu’il y a des contrats ici au Québec, on peut aussi les chercher ailleurs », assure M. Bégin.

Alstom explique les « changements de niveau d’emploi » par la fin de la livraison des trains Azur et par la préparation pour accueillir les prochains projets confirmés comme celui de la TTC, le tram de surface de Toronto et le Sky Train de Vancouver.

« Ces activités débuteront au troisième trimestre de 2022 et permettront de réduire le nombre d’employés à La Pocatière à environ 400 d’ici la fin de l’année », a déclaré la porte-parole Marilena Varano.

Lors de la vente de Bombardier à Alstom, Québec a obtenu la garantie d’une expansion des activités à La Pocatière et à Sorel. Malgré tout, Alstom a fermé cette dernière usine en 2021.

Modernisation prévue

Québec mise toutefois sur La Pocatière et annonce un prêt de 56 millions pour moderniser l’usine. L’an dernier, le premier ministre Legault et son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avaient également applaudi le transfert du siège social des Amériques à Saint-Bruno.

« Alstom sera bien positionné pour tirer parti des projets à venir et décrocher des contrats. Le gouvernement veut que ces contrats offrent un maximum de retombées au Québec », a déclaré Jean-Pierre d’Auteuil, porte-parole du ministère de l’Économie et de l’Innovation.

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Rendez-vous manqués et promesses non tenues

Ottawa vient de lancer un appel de propositions pour son projet de train à haute fréquence (TGF) opéré par VIA Rail entre Québec et Toronto. Mais à l’usine Alstom, on a encore en tête le dernier contrat perdu malgré les promesses fédérales.

« Il y a eu plusieurs rendez-vous manqués, comme le contrat de VIA Rail. Le ministre Garneau a tout envoyé à Sacramento avec Siemens lorsqu’il est venu à l’usine pour nous dire qu’il y aurait de gros contrats », déplore Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière de la CSN.

Quelques mois plus tard, l’ancien patron de VIA Rail, Yves Desjardins-Siciliano, avait été recruté par Siemens, rapportait Le journal en 2020.

Une terrible décision

« La décision d’Ottawa était pathétique, épouvantable. D’autant plus qu’il n’y avait aucune obligation de faire le contrat aux États-Unis, en Californie », précise M. Bégin.

Les trains Western REM fabriqués en Inde et Exo assemblés en Chine sont également des opportunités manquées pour les travailleurs d’Alstom.

« Nous devons revoir toute la façon dont nous donnons nos contrats. Cela n’a aucun sens. Il suffit de regarder l’empreinte carbone du REM, il faudra 10 ans pour être neutre en carbone », estime-t-il.

Cette fois-ci, Alstom a bien l’intention d’obtenir sa part du gâteau dans le nouveau contrat d’Ottawa. Contacté par Le journall’entreprise est susceptible de faire partie du processus.

«Nous allons lire la documentation, mais dès le départ, nous avons l’intention de participer. Alstom mettra notamment en avant son expérience avec des projets similaires aux Etats-Unis et en Europe », a déclaré une porte-parole.


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