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Violence domestique contre un nouvel arrivant |  Récidiviste condamné à 30 mois de prison

Brûlures de cigarettes, arme pointée sur la tempe, coups de ceinture. Un Montréalais qui espérait la clémence du juge pour éviter son expulsion a plutôt été condamné à 30 mois de prison pour des sévices « particulièrement cruels et humiliants » infligés à un nouvel arrivant vulnérable. Houssam Mirzak s’était aussi moqué de ses conditions de libération « très contraignantes » en s’en prenant violemment à la victime.

Posté à 6h00

Violence domestique contre un nouvel arrivant |  Récidiviste condamné à 30 mois de prison

Louis-Samuel Perron
La presse

 » [La victime] est pris au piège du cycle de la violence domestique. Les crimes commis par l’agresseur visent à le contrôler et à le dominer. Il cherche aussi par cette violence à obtenir la soumission de la victime. Non seulement il la bat avec ses mains et ses pieds, mais il la brûle avec une cigarette, la frappe avec sa ceinture pour finalement pointer une arme près de sa tête, la menaçant », explique le juge Alexandre Dalmau dans sa décision rendue le 8 septembre.

Houssam Mirzak a été reconnu coupable de 18 chefs d’accusation en mai dernier.

Entre août et novembre 2021, le jeune homme de 22 ans a sévèrement battu sa petite amie, une jeune femme « particulièrement vulnérable » en raison de son statut d’immigration précaire. Il a également frappé un ami de son épouse.

Lors d’un premier événement, fin août, Houssam Mirzak a tiré les cheveux de la victime et l’a frappé au visage près de l’oreille avec sa main fermée. Les épisodes de violence sont alors réguliers et continuent de s’intensifier. Une fois, Houssam Mirzak prend un couteau, le pose sur la table et dit à la victime : « Tu sais ce que je peux faire avec ça. »

Malgré tout, la jeune victime aimait l’accusé et croyait que les actes de violence cesseraient. Ce n’était pas le cas. Fin septembre, la jeune femme croit que sa dernière heure est venue. Houssam Mirzak l’attrape par les cheveux, la frappe avec ses mains, puis brandit une arme à feu : « Vous verrez ce qui se passera si quelqu’un franchit la porte. »

La victime a alors réussi à contacter la police en avertissant quelqu’un par SMS. Houssam Mirzak sort son arme à feu et la pointe en direction de la tête de la victime. La police intervient alors et constate que l’arme ne tire que du plomb, mais ressemble à une vraie arme de poing.

Sorti quand même

Malgré la gravité des accusations, Houssam Mirzak a été libéré sous des conditions très strictes. Néanmoins, il les viole « allègrement » en voyant la victime tous les jours, puis en commettant d’autres agressions. De retour en prison, il continue de lui téléphoner.

Arrivé à l’âge de 15 ans du Maroc, Houssam Mirzak risque désormais d’être expulsé du Canada. En mai dernier, le résident permanent a été condamné à 60 jours de prison pour voies de fait avec arme et harcèlement criminel. Il fera probablement l’objet d’une « interdiction de territoire ». Pour éviter de perdre leur droit de faire appel de cette mesure de renvoi, la défense réclamait une peine de six mois de prison moins un jour, tandis que la Couronne réclamait 36 ​​mois de prison.

Le juge Dalmau a considéré de nombreux facteurs aggravants pour justifier cette peine sévère : le contexte conjugal, la volonté de soumission et de domination de la victime, la répétition et la gravité des actes, la vulnérabilité de la victime. Une peine de moins de six mois ébranlerait davantage la confiance du public, analyse le juge.

 » Tribunaux […] rappeler à quel point la violence contre les partenaires intimes est un problème de société important. Dans la plupart des cas, les objectifs de dénonciation et de dissuasion doivent être prioritaires », plaide le juge.

Me Philippe Vallières-Roland représentait le ministère public, tandis que Me Alexandra Semillé a défendu l’accusé.


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