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“¡Viva Villa! », une immersion à Avignon dans le processus de création de la Villa Médicis, la Villa Kujoyama et la Casa de Velazquez

Des projets développés dans des lieux chargés d’histoire, des communautés éphémères, des ateliers où, à chaque rentrée, des promotions successives de pensionnaires sélectionnés sur le volet : ce qui se passe au sein de la Villa Médicis (Académie de France à Rome), la Casa de Velazquez (Académie française de Madrid) et la Villa Kujoyama à Kyoto au Japon, contribue à distance à la vitalité de la scène française. Pourtant, depuis 2016, le prestigieux trio d’institutions de résidences d’artistes a choisi de donner un écho commun, et en France, à ces activités en organisant « ¡Viva Villa ! », un événement désormais accueilli par la Collection Lambert, à Avignon.

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Après une pause d’un an, le festival revient cette année avec un nouveau format et un rythme biennal. Il réunit ainsi les résidents 2021 et 2022 des trois lieux, soit, côté exposition, plus de soixante-dix artistes de disciplines diverses : arts visuels, écriture, métiers d’art, cinéma, photographie ou encore architecture. La jeune commissaire Victorine Grataloup, nouvelle directrice du Triangle – Astérides, centre d’art contemporain de Marseille, s’est chargée de donner forme à l’ensemble des projets, avec Stéphane Ibars, directeur artistique de la Collection Lambert.

Ayant constaté des préoccupations communes en matière d’éthique et de responsabilité écologique, elle a choisi d’articuler les travaux selon un « traversée libre » extrait du livre de la philosophe écoféministe Emilie Hache ce qui nous importe (La Découverte/Les Épecheurs de repenser en rond, 2011), qui donne son nom à l’édition, sa méthodologie (« partir des pratiques existantes, et prendre les affects au sérieux »), et les quatre axes principaux du processus d’exposition.

Portraits et trajectoires

Il s’ouvre sur un ensemble d’œuvres rassemblées autour de l’intention de « Prendre en compte les voix qui manquent ». Ces voix s’organisent autour d’une série de portraits. Apolonia Sokol peint ceux qui n’ont pas été ou peu représentés dans l’histoire de la peinture occidentale. Souvent queer people, ici de jeunes manifestants Black Lives Matter portant un signe décolonial comme une croix. Il est aussi question de portraits de communautés plus rurales : Alberto Martin Menacho observe la relation entre les hommes et les animaux en filmant la chasse pratiquée avec les lévriers en Espagne, Callisto McNulty filme la vie dans la dernière léproserie d’Europe.

“¡Viva Villa! », une immersion à Avignon dans le processus de création de la Villa Médicis, la Villa Kujoyama et la Casa de Velazquez

« Une histoire commune » poursuit le fil de l’exposition en nous invitant à réfléchir sur les trajectoires des hommes, des techniques et des formes qui ont traversé les frontières. Le duo d’architectes Clément Périssé et Alice Grégoire a travaillé à la fabrication de cônes en terre cuite émaillée, inspirés de l’architecture algérienne et destinés à créer des ombres portées, afin de mettre les bâtiments dans l’ombre de leurs propres formes.

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